ACTE I, SCENE I. Î
BANVILLE
Je suis...
BOJVNA.RD.
Quoi ? ^
BANVILLE
Je suis marié.
BONNARD
Rien qu'à ton embarras je l'aurais parie. Pour la seconde fois !
BANVILLE
J'étais las du veuvage.
BONNARD
A soixante ans et plus !
BANVILLE
Ma foi , e'est un \)e\ agc.
BONNARB.
Sans ni avoir averti !
BANVILLE
Bon ! mon billet de part Aurait trop exercé ton esprit goguenard.
BONNARD
Ta femme a quarante ans ?
BANVILLE
Pas encore.
BOJVJVARD.
Au moins trente?
DANVILLE
Pas toLit-à-fait.
BOWNARD.
Combien ?
BANVILLE
Bonnarcl, elle est charmante !
C'est une grâce unique, un cœur, un enjoûment !... Je me sens rajeunir d'y penser seulement. Son père, resté veuf, chercha fortune aux îles. Hortense, loin de lui, coulait des jours tranquilles. Auprès de son aïeule, une dame Sinclair, Bonne femme, un peu vive, et femme du bel air, Qui sait rire, et qui garde, en sa verte vieillesse, Pour les plaisirs du monde un grand fonds de tendresse ; Des succès de sa fille amoureuse à l'excès , Si l'on peut trop chérir de si justes succès. Hortense est un modèle; oui, Bonnard, je Tadorc. Je la voyais souvent; je la vis plus encore ; Je la vis tous les jours : bref, je parlai d'hymen. Je craignais de subir un fâcheux examen. Malgré mes cheveux blancs, dans sa rcconnaissaiu i-, Dans son respect pour moi son amour prit naissance, Et je vis s'embellir mon arrière-saison