SCÈNE I
Le hIob de don Juan.
Entrent DON GARLOSet DON JUAN.
Eh bien , a-t-elle repos ses sens ?
Oui, mais de telle façon qu il eut mieux valq^ MJ^i^ fjf^ ^' ne fût jamais revenue à elle.
DON CARLOS
Que voulez- vous dire?
DON JUAN
Au moment où elle a recouyr^ çoi^issance , sa douleur a et vive, qu'il semble qu'elle ^|t ^ Y (ôjU l'^}^^^ ^f^ ^ns e^ perdu la son... tant ses discours, sa conduite annoncent de troul)le et d'^g
DON CARLOS
Que ditHîlle? '' ^' '^
DON JUAN
fè^-MUfi Qfl i>)mWffm^;^!^r. »ftS^«? ^*»»c temps elle pi occupée d'antres pensées.
JOUKMËE m, SC£M£ 1. $1
DON OLRU>S.
JilJiUieiir! fauUheâr iur iboo fatal amour!
DON JUAN
Qu'aTez-TOOS décidé ?
DONCABLOS.
Mon Dieal <iae tous dirai-ja?..^ Je me rais arrêté à un projet je de (Mili eonâer c|ii'à Un homme qui sait comii)e tous ce que c'est que l'amour I... Youlei-vous» don Juan, que je vous avoue quelles sont de toutes les vaines pensées et de touie/i les folles imagiDStions qui assiègent mon esprit, celles qui me flattent plus, celles que j'aurais le j^us de pl/iijsir à voir se réaliser?
, , . , , DON JUAli.
Parlez, mon ami.
Ne riei point de moi, puisque j'avoue ma nÛDiesse... — Eh blénl maintenant si je pouvais obtenir de 4on Diègue qu'il voulût irépà^ rar l'honneur compromis deLéonor, et qu'eUe-DA^me Dût rentrer en grâce auprès de son père, ce serait pour nioi là piiis douce dés vengeances... f épcQuver^ v^ . singulier plaisir à cpn^bler Ijes .vœux de l'ingrate au moment où elle reditute mon indignation! Car, il n'en tant point douter, d'après ce qui s'esi passé, don I>iègue aime Léonor, etceU»-ci le paye de retour.,.,.* Pour moi, que péi'drals-je à Çda? tfiut pi iffii^f Axmif. 9Ji\ iniHèù de mes enni^is, voilà la seule diose qui m'ait apporté quelque consolation..^ Puisijue j'ai )>ëk'du Léonor, je serais heureux de la contraindre à ta fécônnaîssince.
DON^AN
Cette résolution est de riiômmé le plus génjéèùt... 'éi Je vods y neonnais. Elle montre aussi ct>hibîèil est noble et délicate la passion qui vous anime.
DON 0ARL06.
à eilte heure; doa Juan» il s'agit de la mettre à exécution. Comment laire ?
DON JUAN
le ne sais trop. Si l'un de nous deux en parle à dcmPiègue,.par cela seul que ce mariage lui sera proposé par nous, il s'y refusera... Après fout, quelque vive que soit la passiqiji jd-Un ,hqmmaN il ne ^t (^ère accepter une femme des mains de son rival... 11 raut donc faire intervenir une tierce personne.
D0i\ CARLOS.
Alors ne pourriez-vous pdtf déclarer au père de Léonor que vous ^' si Allé cheÉ Vods^ et pu son entremise tout s'arrangera?
t)0N iUAN.
Ce paHf i on litcdilf énient.
DÙti CARtÔS:
Lequel f
LE naK ITEST PAS TOUJOURS CERTAIN.
DON JOAIf.
Depuis TalEûre de Madrid, il est mal atec don Diégue... Et ] Toos, alors, toos d'j êtes plus pour rieo.
IMKf GAELOS.
YoQS ATes raison. Mais à qui donc alors nous adresser ?
^ DOlf JUAH.
Atteodei, j'y sois... et tontes les difficultés disparaissent.
DONCAELOS.
Qui donc?
DON JUAN
Ma scrar Béatrii. Elle est femme» et par. conséquent la prop tion Tenant de sa part, don Diégue n'a point à s'effaroudier. I trix, en outre, ne peut faire moins pour une personne qu'el cfaex elle , et dont maintenant elle connaît la £unille et la n sanee.
DON CAALOS.
Yoilà qui est bien pensé.
DON HUN
Cadiei-yotts donc pendant que je Tais en causer arec ma sceu
DON GAKLOS.
Moi, me cadier... pourquoi?
DON JOAN
Don Diégue et le père de Léonor ne doirent tous roir qu'a que tout sera conclu.
DON CAEL08.
C'est que, yraiment, je ne puis me cacher*..
DONJCAN.
n n'y a pas moyen sans cela.
DON CARLOS
Eh bien I soit I... Mais à condition que personne au mondo i saura que tous seuL
DON JOAN
C'est entendu.
DON CARLOS
Adieu donc — Abt Léonor, mon amour , j'espère , aura fait a pour toi, ingrate I... Pour un premier outrage je t'ai donné la et pour un second outrage je te rends l'honneur I
U secache.
DON JUAN
Si je réussis, ce sera moi qui y gagnerai le plus : je me trc quitte de mes obligations envers Léonor, euTers son père, en don Diégue, et en même temps dégagé euTcrs don Carlos... Il donc m*emp\ojtt de mon mieux pour mener à bien une affaire ( dépendent mon honneur et mon repos.
JOUKNÊE III, SCÈNE I. 5S
Entre BÉATRIX.
B^ATRa.
Don Carlos est-il ici?
DON JUAN
Non, Béatrix.
B^TRn.
C'est cependant pour lui que je suis venue.
Lorsque Lëonor s*est évanouie, je l'ai laissé ici, et à mon retour je ne l'ai plus retrouvé... ( A part, ) Béatrix elle-même doit tout ignorer.
BÉATRIX
Sans doute son courage l'aura entraîné sur les pas de don Diègue.
DON JUAN
Ne sachant où le trouver, je ne suis pas sorti à sa recherche... Mais vous-même que lui voulez-vous ?
BÉATRIX
Je venais le prier, mon frère, d'avoir au moins quelque pitié de sa dame, sinon comme amant, du moins comme cavalier et galant homme. Elle est dans la plus profonde affliction.
DON JUAN
QueditreUe?
BÉATRIX
Qu'une seule chose peut la consoler ; de voir don Carlos.
DON JUAN
Il n'y est pas. Et puisque nous sommes seuls, Béatrix, connaissant toute votre prudence, je veux vous confier une idée qui m'est venue.
BÉATRIX
Voilà qui est très-flatteur pour moi... d'autant que cela- est tout nouveau. Car hier, vous aviez si bonne opinion de moi, que ce sont vos soupçons qui vous ont fait entrer ainsi dans mon appartement. N'est-il pas singulier de réunir à ce point la confiance et la méfiance?
Vains reproches I vous savez toute l'estime que j'ai pour vous. — Enfin , Béatrix , vous seule pouvez prévenir les périls qui nous menacent, don Diègue, don Carlos, et moi aussi... car il me faut absolument intervenir dans la querelle.
BÉATRIX
Que désirez-vous?
DON JUAN
Le voici : veuillez m'écouter. — Connaissant quelle est la fomille
de LëoDor, je dois maintenant, plus que \usa\&, ^t^Xi^x v^x^Vs:^-
nearet sa réputation. Mais si je tente de UwX.w xftaVisAsK^^ ^\>^
ilbire aTac doo Diègue, je ne sais quoi sera le résultat de cette âé* Marche; ei cependant je ne pais Tentreprcfadre que bien décidée lémsir. Cesi pourquoi, Réatrix, je vous pr\e de vous cljarger de ee •oin. Vous autres femmes, vous négociez ces hikoikHk Sy'ëc âià fornes plut aimables et plus dé'ucès. Puis, cette dame.étant dans VQtre maison « ei votre frère ainsi c|ue votre cousin se irSii4int èëforir ks mèmm chaoem» il me fênîblé que vous n'hésiterei pas à lui parier.
BlàTEIX.
DOIT JOA^r.
À don Diègue. Tous loi laisserez entendre que tous avez éêê Hk offensée qu'il ait manqué ainsi au respect dû à votre maison ; vous ftt ièEooitreréz tous lés périls auxquels ctttè éàtUt Téxpôëéi réni lui fouseillerei de les prévenir ; eii^ vdus lui ferez voir qu'un mariage «frlÉ'gé lou<. Du Mté, tout cela doié iffoCr Vàr àe ienîé dé vous souk, et il ne convieat pas que nous âMeê y êbfoàa iàMê fë îÊkM& du monde.
Téilà, èkm mtél ffèSL tii péûcMuiàèiiit inbâgliié. le toiAi Éeètittderai de mon mieàt.
6ofr joÂN.
Je vais voir si je rencontre don Carlos. — Pour voiiftV si ioiiS Centrez dans votre appartement; a^À soin de fermer celui-ci.
^ ie n*y û^iiifattiipii. -^ Quel ennuï ttéifè o^)i^' dé trâff ef une aCÛre qui' mHréite et eicite ma jalov/sid!' — Côiètûnént mé eùnthiîre dans une circonstance aussi difficile? Eh bienl profitons de f occasion pour tout savoir; et puiscpié mon frère le veut, puisque fui>mèine m*en otfre lès nio^éns , tâchôn^ enfin de sortir dé ces illusion^ et ^e ces' m'^fstèi^es qui nf obsédéàf'f -^ hxèà ?
Eolre LÉONOR.
LÉONOR
Que désirez-vous?
ÈÉATlOX.
Quoll é'edi vous; Léenor?
LÉONOR
Vous avez appelé une de vos femmes i il est tout simple que ce soit votre esclave la plus dévouée qui arrive.
Entre DON CARLOS } il se montre derrière la tapisserie. BOK ciiRLOS, à part»
yiâ eVtitMhi la vels dé Léonor, et j'approche pour la voir rè(a«« Nh é&'€ié thf$e êceideu^
lOURNËE m, SCÈNE I. M
B^TRIX.
' fller« LfooQ^, j'igDortû'qoi tous éiiei. Mieux instruite «ujourAul, je TOUS mets à Totre place, et vous regarde comme mon amie. {A part.) Je devrais dire, ma plus cruelle ennemie.
LÉONOR
Non, medaofe, /da cessant de porter le titre de votre suivante,. |b oe serai point dédommagée du bien que je perds par l'honneur que je gagnerai. SouffrcîÊ que je reste à Jafmais dans la situation où j'ai été placée préi <ie vdas. Oui, si cell6 <(ùi, Jani M savoir, a causé tant de trouble dàiis votre maison , à'est paè ifirtflgiie de voa bontés, traitez- moi, je vous prie, comme vous m'avez traitée jusqu'à présent.
B^TRIX.
. Cela n'est plus possible. Songiet donc qu'en ce moment, pour m'aequitter de ce que je dois à votre naissance et à nldi ftubon» je m'occupe de vous marier.
Le ciel récompense tant dé bonté r;.... Mais, madame, vous ne réussirez pas dans vos desseins. Carlos ne voudra pas.' fl èli il jaloux!
BlUttïi.
11 ne s'agit point de don Giridt.
LBONOA.
De qui donc?
MtMÉL De don Diègne Cefttelks.
Beooncez à cette idée. Plutôt' mourir mille foif que d'être à don Dièguel
Moi,>aiiner donDîègue]».. Un aspic v^neoptré au milieu des fleurs, — un serpent qa» j'aurais vu dans la campagne», — un tigre qui me serait apparu dans les forêts, me sont moiiiii ddienx que kri.
vàirtdt; à pari:
Doucement» s'U roua platt. Je veux Àieii qu'elle le dédaigne , mais pas à ce point.
La perfide I elle m'aura sans doute apêiroB. Sans cela elle tiendrait un autre langage.'
uMW»^pf^Atf^,^^éMe,ie S5.ffl0J?\» i*» ^««jojis^puttjei 4éteefcer.imJMiiieiagui, aMadnd, auulumoumv^ux^«i»t^Xi^v fwts ê fuirie à Yêleace,
m LE PIRE N'EST PAS TOUJOURS CËRTAm.
Âkl fwis ne sa?ei pas à quel point m'offeoseDt Iw prétentiom de doo Diègue.
Je le saurai bientôt; car il faut enfin que nous sortions de ce labjriotlM conftis, lai, tous, moi , mon firére et don Carlos.
Elle sort.
DOIT CARLOS, à part,
Mainteaaat la voilà seule. — Grand Dieul elle pleurol Mais
qulmporiel je fois ses larmes, et ne vois pu pour qui elle les r^ pand.
lioNOR» de mêm$,
del! ayei pitié de moi!
DON CàELOS.
La cruelle!
lioffOR.
Vous seul éeovtei ma plainte.
noir cua^os.
La perfide!
ufONOR.
Je ne suis point coupable» yoos le saves!
DON CAELOS.
L'ingrate!
UtoNOR.
Pourquoi donc Carlos m*accuse-t^ii ?
Parce qu'il a tu ton inconstance et ta trahison ^1
léonor.
Hélas!
DON CARLOS
Tout aujourd'hui conspire contre moi ; je n*en puis douter, elle doit savoir que je Tentends. Mais qu'importe, après tout, puis-
Nous avons reproduit d'une manière générale, et en abrégeant, le sens de trois strophes composées d'à-partë, de Léoaor et de Carlos, qu'il nous a été impossible de traduire. Voici la première ée cet strophes :
— iior« tif piadotos ctéfos ,
— Ah seloi !
— Qm iohpodrén wUt labioê
— ëgrwrios! ^
— Qmnanêalvitntom^'or,
— O Àmor : '
— Quim UéUrddmi dohr la mson qu» hd de eulparmêT
— 7o to dftaptra, d dêxarmê Zêht, agravio y omor,
r«)dfron a reproduit asses souvent dans ses eomédies ces tours de forée de versificat/oo. Lope ê'y eut am»i exwoé qaelqvelois. Enfin on en Toit un exemple dans Don
44MM( jre puUe, CÈÊMp, 87*
JOURNÉE III, SCËN£ L 57
qao je ne la croii pas. Il n'en est pas de la toiz humaine eonune de l'or ou de l'argent : quelle qde soit la valeur réelle des paroles qu'elle exprime» eUe rend toujours le même son K Aussi j'éeoaterais yaîDemeni pendant des sièelet » je n'en saurais pas da- TiDtage.
lioNoa.
Ahl Gailoi» si tu m'entendais!