‹ Théâtre de CalderonChapitre 28 sur 96 · DON VÉLO · texte numérisé non relu

DON VÉLO

Vous allex voir. (A dofla Serafina et à Flora,) Veuillez vous retirer, mesdames ; je reste ici pour protéger votre fuite.

DONA SRRAFINA.

Je puis à peine me soutenir.

FLORA

Venez, madame, car pour fuir on a toujours assez de force.

TRISTAN

Si vous rencontrez deux chevaux de poste, dites-leur de ne pas l'en aller.

Dona SereGna et Floim sortent.

DON FÉLIX

Personne ne les suivra tant que je serai vivant*

UDORO.

Tuez-moi cet audacieux.

TOUS

Tuons-le! tuons-le 1

Ik se btttent.

donfAux.

Maintenant qu'elles ont gagné le large...

Comme nos chevaux...

DON FÉLIX

Défendons-nous, Tristan, en nous adossant au mur de ce palais.

JOOBIVEB 1, SCKHK IT. 08

IMNHUI PKINGB, toifi de ralets qai portent des Itmbetiii, et de l'antre

M LISARDO eo habiu de vUle.

Ll PRINOL

Abaisseï ces flambeaux. —Que se patie-4-ll done IdT Comment •le-fr-oD poanuiyre un homme jusque daua ma maiion, quel que

Mit son crime T

usARoo, à part.

On ne me reoonnattra pas, maintenant que je n'ai plus mon déguisement, et ma présence fera tomber tous les soupçons.

LK PRINCE

Eh bien?

UDORO.

Seigneur prince d'Drbin, personne n'a plus à cœur que moi de Toossenrir; mais souyent les é?énemens sont plus forts que nous. Cet homme a commis un délit des plus graves en manquant aux ^ardi que l'on doit aux masques ; et ce qui le rend plus coupable eneore, c'est qu'il s'agissait d'une dame qu'il aura sans doute rceonnue sous son déguisement. En le poursuivant jusque sur le seuil deTotre palais, jq n'ai pas songé aux immunités qui l'y protégeaient; pardonnez-le-moi, et que votre palais soit désormais pour Im on asile sacré.

DOIf F^LIX.

Un moment, monseigneur; puisque mon bonheur m'a valu votre protection si précieuse, je tiens a de point parattre coupable à vos yeox, et à vous convaincre de mon innocence. Je ne connais point cette dame, et j'ignore quels rapports l'unissent à un homme qui, à la fayeur de son déguisement, voulait l'enlever par force ; et si je rais intervenu, c'est que j'ai entendu ses plaintes, et qu'elle m'a dit ensuite, avec une vive douleur, qu'elle était perdue si on la reconnaissait. Vous me croirez sans peine lorsque je vous aurai dit que je rais étranger, et lorsque vous aurez lu cette lettre que je dois donnera votre altesse.

TRISTAN

Et si cette lettre ne suffit pas , vous n'avez qu'à le demander à nos deux chevaux de poste, qui viennent de décamper comme deux

masques.

LB PRINCB.

De qui est cette lettre? '

DON FEUX

Du duc de Parme.

LB PRINCB.

Je ne pouvais pas la recevoir dans un meilleur moment, et je tiens à la lire en public, aOn que la vérité en ressorte plus nette et plus viye pour tout le monde. {Atix valets.) Approchez les flambeaux. (Il lit.) «Mon cousin et seigneur, comme en apprenant votre » heureuse arrivée en Italie je ne me trouve pas dans un bon état

U BONHEUR ET KALâÈUft DU NOM.

» d« Muté, )• ne ptlii aUer en personne tiras prétoiitër émm

» pliment de bienvenue et mes féildutions Sur vos succès ; c^esl

» pourquoi don César Farnèse...»

usARDO y d part* Qtt'ai-je entendu!

UDORO, à part.

Quel bonheur!

« Mon parent et mon secrétaire... »

Liooao, à pari.

L'agréable nouvelle!

USÀRDO f à part.

Quel ennuis

. LB PRINCB, lisaM*

«Va en mcm nom tous rendre visite... »

USARDO» àpart.

Quelle rage est la mienne !

LK PRINCE, ligani « Et il me rapportera les nouvelles que je désire aipoir de fiof èl » de votre maison.»

LISARDO, à part.

Ce don César est le meurtrier^de mon frère.

Li PRiiiGB, lisant.

u Dieu TOUS garde. Votre cousin et ami, lb d«c db Parmi. »

UDORO, à part.

Que je stiis aise de le voir 1

USARDO, à part.

SA rue ma boulevene.

LE PRINCB.

Je suis on ne peut plus reconnaissant envers le due de son attention ; et j'en suis d'autant plus flatté, que e'est vous qui m'apportes sa lettre.

DOIf VÈLOL.

Je ne pouvais pas espérer une plus glorieuse faveur que d€i me mettre à vos pieds.

LE PRINCE

Vous devei être fatigué, et la querelle que vous avez eue en mettant pied à terre n'a pas dû vous refaire.

TRISTAN

Ni moi non plus.

LE PRINCE

Allez vous reposer. (A Lisardo.) Veillez, Celio, à ce que don César soit logé près de moi.

LISARDO, dparf.

Il ne me manquait plus que d'être obligé de le servir! (À don Cétau) Venez, je vous logerai dans ma maison.

llkDORO.

Non pasl don César n'ira pas avec vous.

LiSARDO, à part.

Est-ce qu'il soupçonnerait quelque chose? (Haut,) Pourquoi cela?

LIDORO.

Parce que, si je méite ce bonheur, je serais flatté que don César acceptât ma maison. Je tâcherais de le dédommager de Tennu} que je loi ai causé, et il aurait en moi un homme tout dévoué à seis ordres. Son père et moi, nous avons été intimement liés; dans une occasion, je lui ai di^^ U vie et l'honneur, et je voudrais, autant ([a'il est en mon pouTOir, en témoigner ma reconnaissance à son fils.

LB PRINCE

Je sais flatté, seigneur Ildoro, qu'un homme à qui je por^ tant d'amitié et d'estime ait le bonheur d'être votre hôte.

DON FÉLIX

le ne trouve point de paroles pour exprimer tous les sentimens quêtant d'honneur m'inspire.

LB PRINCB.

Adieu; à demain I

DON F^i.iy.

Je prierai votre aitesse de me dépêcher le plus tù^ possible, car je crains de faire faute au service du duc.

LB PRINCB.

Je Qe veox pas vous laisser repartir si promptement. Cest une ^MMpi^ où le s^oor de Milan est fort agréable aux étrangers ; et TOUS vous y amuserev, si toutefois le déplaisir que vous avei en ne TOUS a point dégoûté de nos fêtes. {Aux valets,) Éclairez à don Céur et I Lii4or9 jusqu'à ee qa'ik soient rendus cÂiei eux.

Il fort.

UDOBQ.

Teoillez me suivre, seigneur.

LiSARDO, à pari.

fiqel imifUieiir est le Jipk» \ Celui qui a tué mon frère est le même qui entrave mes amours et qui va devenir l'hôte de celle que j'aime. Mais ne déiespéroiia pas aa moment où je tiens ma vengeanee.

Il tort.

TRISTAN

fçKK fù 4tonl pnofiter de l'heureuse aventure, ne serait-il pas Irien, seigneur, de nous occuper, pour ôter ce soin aux autres, de ce W MPI 4fv«mH nos obevaux ?

DON FÉLIX

Que veux-to» imbécile, qu'ils soient devenus 7 Le garçon d'écurie

i^ S6Al (âUttjjfi.

TRISTAN

Poanru qu'il ne se soit pas aussi chargé de nos yalises! c'est ce qai m'inquiète.

UDORO.

On les retrouTera demain. — Voici ma maison,— qui, à compter d'aujourd'hui, est la vôtre. (Appelant,) Flora I de la lumière! {Âus^ v<U9i8 qui raeeompagnent.) Vous pouvez tous en retourner; voici qu'on descend m'éelairer.

Lm valets iTen vont.

) Entrent DOAA SBRAFIN A et FLORA.

DOJ^A SBRAFINA, à LidOTO.

Soyei le bienvenu, seigneur... On m'avait dit qu'on s'était battu près d'ici, et sachant que vous étiez par là , j'ai eu peur. Mais je ^croyais que vous étiez seul, et...

UDORO.

Le cavalier que vous voyez, ma fille, est le seigneur don César Famèse, qui veut bien nous faire ThoDoeur de devenir notre hôte, et à qui j*ai mille obligations dont je conserverai éternellement le souvenir. Mon bonheur a voulu que je l'aie rencontré dans la riie qui vient d'avoir lieu. Il avait pris la défense d'une dame qui avait imploré sa protection afin sans doute de n'être pas reconnue par son mari ou son père.

DOfÏA SBRAFINA.

Il y a des femmes qui sont nées pour tout brouiller, et cette aventure pourrait avoir de Acheux résultats. (A don Félix.) Soyez le bienvenu, seigneur cavalier, dans une maison où tout s'empressera à votre service. Je réclamerai seulement votre indulgence.

On dirait plutôt la fin d'une loa ^ que la fin d'une journée.

DOIf FÉLIX.

Mon malheur s'est changé en bonheur, et j'étais aussi loin de m'y attendre que de le mériter.

nOftA SBRAFINA.

Que te semble, Flora, que mon défenseur soit devenu mon hôte?

FLORA

Je pourrais à ce propos vous raconter une histoire curieuse ;. mais ce serait trop long.

DON FÉLIX

As-tu jamais vu, Tristan, une beauté plus rare et plus accomplie?

TRISTAN

Très-souvent , mon seigneur , et je vous le prouverais par un conte, si c'était le moment.

* Une loa est le prologue qai prëoMe les outoi on pièces sacrées. ▲ la fin des loa«, •omme à It fin des comédies, le poète rëelame d*ordinaire l'indnlgenee des speclatenn,'

UDORO.

Bonne-moi la clef de cet appartemenl-d, Flora. {A don Félix,)

Venei le reconnattra. Ymu le trouyerex bien étroit et bien modeste;

■lis dam ma Tolonté il ett fpacieaz et magnifique... Oh! comme

MU iUooi canaer enaemble de TOtre père, <iae Dien ait!

flitfft.

mnriNr à dUm FiUm»

Eh Uen! qn'attendei-ToaaT

DOH véuz,

h ndf comme. eMhatnë id par une force aupérienre.

DoiAsmiiiii

Tim, Flora.

fumi.

Qi'iTei-foviT

nota. SBRAFIIf A.

le ne nds pat encore bien remise de mon trouble.

FLORA, à TrUtan.

Mns! comme lit ont peine à s'éloigner !

TRISTAN

Si DOS dieranx eiuMnt ftit de même, on les aurait aisément rattrapés.

DOJÏA SKRATOTA.

FMnqnei donc» aeigneor cavalier, ne soirez-Tons pas mon père?

non FEUX.

Tatteods qne tous tous en alliez la première, ne voulant pas voua inner le dos.

DOtA SIRAFlIf A.

h sab qne voua aimez mieux protéger la fuite des autres.

DON TÉUX,

Ainsi l'a voulu le bonheur de mon malheur.

DOftA SBRAFDfA.

Abien! croyez. •• mais non, je me taii. Allez avec Dieu.

DON wiLUL Le ciel voua garde!

DON viuzat doAa souhna.

La ibrtunée diagiAcel

JOURNÉE DEUXIEME

IhM ehambre dans la mÉinB db Udm

Entrent DON FÉLIX, qni sliahflle, et TRIST^

«IWTAlf.

Oui, mon seigneur, je soutiens qu'il n'est rien tel pii«r Ua hatM que de n'être pas lui-même et (l'êtn ^ui antre.

DON FEUX

Pourquoi cela?

TRISTAX.

Parce que tovgoon le bonheur d^autru^ est ou nous paraît p ou moins grand que le nôtre. VouiMnêipe ç^ f ^s U f^f ^i^tç s fi^ votre nom, qui est de si bon augure ^ , là seule fbis que tous é heureux, e'esl un jour q^e tous êtes d9f| C^^^<t. LiQ bof <9PIV^r ment! les belles galeries! les belles tentures ! les belles glace|( beaux secrétaires 1 les beaux buffets ! 1^ Reliés armoires ! le beau ] le beau lin^ ! les beaux 4res5oirs ! les be^e$ Uy^ l ^i ^QUBfi M(i les bons soupers! les bons ragoûts I et par-de^us tout, le bon yj

DON F^ux.

Ahl Tristan» dani eette hospitalité si charmante, tou| ce qv^ ; TU c'est une beauté Duonche dont la prince et l'absence me fi également mourir 1

TRISTAN

Cette beauté, pour moi, mon seigneur, e^est mpn cheyal» qui i faisait mourir quand je lé yoyaia de trop près, et qui me fait mo rir aussi maintenant que je ne le vois plus.

DONFiLiX.

Faut-il qu'on ne puisse jamais causer avec toi |(^eus.çmeiiU

Une duègne s'était mU en ïêie à'élevet itpe PQjll^ U^^% fK jour...

DON FlâLIX.

Tais-toi, de grftce, et ne t'avise plus de me conter tes histoires sans quoi, vive Dieu! je te casse la tête!

TRISTAN

Quoi ! TOUS ne youlei plus de eontes I

DON FÉUZ*

Non.

' Tristan dH mol à mot : c Car, bien qne yom nyei FéU» en bngne Tnlgafn, fi ne Tètes jamais en bon latin, si ee n'est aiyomdriui, etc., ete. » fl ne Ikat pas oaU qne le mot latin ftUm signifie '

TAISTAN.

Eh bien I donnez-moi le mien ^.

DON VÉLVL,

Tu es fou. {On entend frapper,) Mais écoute, on frappe.

Oui, l'on frappe à cette porte qui conduit de ce eâté de la mai- MO dans la rue.

DON FEUX

Qui Tiendrait par là me demander?

TRISTAN

11 est possible que ce ne soit pas pour yous.

DON vkLVL.

En ce cas, réponds que Ton vienne de l'autre c^té.

TRISTAN

lie Taot-il pas mieux que j*ouYre et que je sache qui c'est ?

DON F^LIX

Pùonas-tu ouTrir?

TRISTAN

Cela n'est pas difficile quand la clef est à la serrure.

DON FJÉLIX.

OitTre donc, et yois qui c'est. {Tristan sort,) Maltieureux ! je ne Toolais pas croire jusqu'à présent à Tirrésistible puissance de l'a- •oof. — Je n'en doute plus désormais... On a bien raison de dire fie l'Amour se «ervait de l'arc et des flèches avant l'invention des armes à feu, mais que depuis...

Enlre tftISTAN.

TRISTAN

Bonne nouvelle, mon seigneur 1

DON FliLIX.

Quelle est-elle f

TOBS voilà devenu uil héros de roman, un chevalier errant... Une '^e masquée, voilée, déguisée, qui a dû planter là la fête pour

▼coir, et qui porte je ne sais quoi dans un panier, detnande après

▼etis.

DON FÉLIX

Moi, dis-tu? Et qui donc à Milan peut savoir mon nom?

TRISTAN

^ n'a pas dit don Félix, mais don César,

DONFIÉUX.

Cela ne m'étonne pas moins; mais enfin, qui que ce soit, fais entrer.

'Noos avons reproduit de notre mieux la plaisaaierie de rori|^|j^,.(|ui consiste dans ^ npproehement du mot cuenfo, conte, avec le mot cuenio. No ha de aver mas euentos ?

— JVo — Pue», smoTf hagamos cutnta.

iOO 1I0MH£UR ET BIÀmËUR DU NOM.

TRlSTAlf.

La dame l'en est donné toute seule la permission. £Dtre FLORA , masquée, et an panier à la main. FLORA, à part.

Plaise à 0ieu qae ee stratagème de ma maltresse ne tourne pu contre nous, et que tout cela ne finisse pas mal!

DON FÉLIX

Qui ebercbei-YOus, madame? {Flora lui fait signe que c'est lui,) /Ist-cemoi?... {Elle lui fait signe que oui,) Vous ne sarei donc pas larler?

Elle têit signe qne non.

TRISTAN

Elle dit que non, mon seigneur. •• Cela n'est pas commun chez les masques.

* Flora doDoe nne lettre à don Faix.

DON FÉLIX

Vous voulez que je prenne cette lettre?... et que je la lise?... et que je garde le silence?.^. Écoutez... Atteudez. Ne devez-vous pas reporter la réponse?., non. Eh bien I quoique tout cela puisse n*étre qu'une mauvaise plaisanterie permise par l'usage en ce pays, à l'époque du carnaval, je veux vous récompenser de votre peine. Tenez, prenez.

U loi offre une bagne, qn'dle reTnsa.

TRISTAN, à part.

Quelle est donc, grand Dieu 1 cette femme qui se tait, donne el refuse de prendre? {Haut,) Seigneur, voici le seigneur Lidoro qui entre.

DON FÉLIX

Pour qu'il ne tous trouve pas ici , je vous laisse aller.

TRISTAN

Pardieu ! il faut que je la suive , car ce serait affreux de perdre sitôt une femme aussi rare l Vous ne voulez pas que je vous suive... vous dites qu'il y a en bas quelqu'un qui me maltraiterait? et vous me présentez , à moi aussi , un papier en me recommandant da lire et de me taire ?... (// prend une lettre que Flora lui présente.) Allons ! je ne savais pas que dans ce pays on pût faire pour moi tant de mystère! {Flora sort.) Eh bienl ne voilà-til pas qu'elle a décampé !

DON FÉLIX

Tais-toi, Tristan ; nous découvrirons plus tard ce que signifie cette

plaisanterie.

Entre LIDORO.

UDORO.

Comment avez-vous passé la nuit, don César?

DON FÉLIX

Ne devais-je pas, seigneur^la passer on ne peut mieux, étant dans votre maison?

JOUHNË£ 11^ SCÈNE 1. 101

UDORO.

Youf me flattei, don César; et à vous voir babillé ai matiB, je crains que yoos o'ayez pai été satisfait de l'hospitaiité.

DON FÉLIX

Au contraire, seigneur» cela prouve que cette hospitalité m'est si agréable que je ne veux rien en perdre. C'est insulter au bonheur que de dormir long-temps quand on est heureux.

LlUORO.

Vous êtes bien courtois ; mais cela ne m'étonne pas , étant le ûls d'an homme qui était la courtoisie même. Oh! comme il serait content de vous voir galant comme vous l'êtes I... Dieu le tienn# en sa gloire! j'ai perdu là un bon ami.

DON FEUX

De l'héritage de mon père, ce titre est ce que j'estime le plus.

LIDORO.

le n'oublierai jamais notre liaison dans les guerres de Bourgogne. Sans lui un jour, dans une affaire, je serais demeuré sur le eaireau... C'est le plus doux souvenir de ma jeunesse... Et qu'est deveoa votre oncle t

TRISTAN, à part

Cest par ici qu'il va le prendre*

DON Fiux, à part.

Que répondre? que faire?... J'ai beau être l'ami de don César» je Miaiinen de ces détails. {Haut,) Duquel parlez-vous?

LiDoao.

De don Alexandre Famèse.

TRISTAN, bas, à dan Félix.

Attention 1

DON FJ^LIX.

Uettmort.*...

TRISTAN, à part.

Bon! voilà le pauvre homme expédié.

« DON vaux,

lia guerre.

UDORO.

le ne comprends pas qu'il y soit allé. Don Alexandre a'étalt pas nûiitaire; il était de mon temps lettré à Parme.

DON FÉLIX

H avait été envoyé en Piémont comme auditeur.

TRISTAN, baSf à don Félix, Bravo ! vous vous en êtes bien tiré !

^ LIDORO.

Et conunent va madame dona Laura, sa femme?

£Ue est abbesse,

UDOBO.

De^oelcMfaut ADcléfA.

Je yom demande pardon, mon seigneur; ee drôle-là a toujours i la bouche quelque mauvaise plaisanterie. Ha tante dofia Laura ett à Panne, où elle jouit d'une bonne santé.

TRISTAN

Ceet qa*auasi je perds patience de yoir que yous causiez de toutei bi^fatellei» lorsque tous devriez vous occuper de faire retrouvei nos chevaux; d'autant que vous êtes habillé pour aller chez le pcinco.

UDoao.

Je ferai labre les recfaerdies nécessaires. Dites-moi auparavant...

Bntie UN VALET.

LK vAurr, à lÀdoro.

Le gouverneur m'envoie vous dire que vous vous rendiez chez la sur-le-champ. L'affaire est pressée; il s'agit d'un délinquant qu'l Ciudrait arrêter aujourd'hui même.

UDORO, à don Féliœ.

Tous ne sauriez croire combien mes fonctions sont assujéttssahtes — Pardonnea-moi si je ne vous laisse pas ma voiture ; et, comme i est de grand matin, ne sortez pas, je vous prie, avant mon retour.

Iltott.

TRISTAN

SI c'est encore pour nous interroger, qu'il ne revienne jamais.

DON f^lh. Le pis est que cet ennui peut se reproduire à chaque instant.

TRISTAN

Et mille fois de suite. — Mais revenons à nptfe aventure. Ou nous a donc laissé ce beau masque t *

DON fÈUX.

Voyons d'abord ce que dit le billet. — Il ne contient que deu lignes. {Lisant,) « Vous trouverez ici de quoi vous aider dans vc » dépenses, en attendant qu'on ait retrouvé vos chevaui. » {Parlant J'avais bien raison dédire que c'était une mystification. Regarde u peu ce qu'il y a dans le panier.

TRISTAN, soulevant le mouchoir qui recouvre le panier. Des gants, des pastillest des mouchoirs de poche et du linge.

* Udès est an village de la prorince de Guença, dans lequel ëuit , au <iix-«eptièn riècle, un couvent de chevaliers de SainUlacques. Noos n'avona paa Imoin de aïootti fttt leeieur ce ()a*U y a de pUvani daosU lépome de TriMio.

DON FJÉUX.

Un moment 1 Yoici encore une botte... et dedani* an bQoa entouré de diamans.

TRISTAN

] Des diamans!... ma foi» à présent que nos chevaux t'envoient s'ils veulent!... Eh bien! qu'estr-ce que je Yooa disais : qu'il n'est rien tel que d'être un autre? Don César se mordra les doigts de n'être pas venu.

DON FÉLIX

Don César n'a rien à regretter, il est heureux dans ses amours I... Mais qui peut nous envoyer cela ?

Qui voulez-vous que ce soit, mon seigneur, si ce n'est quelque aoge qui, manqué et déguisé , veut aux approches du carême enseigner aux femmes les trois plus belles vertus s se taire, donner e| ne pas prendre.

DON riux.

Sais-tu, Tristan T ce sera sans doute cette femme à qui j'ai porté secours, et qui veut m'en témoigner sa reconnaissance.

TRISTAN

Conunent, dans le trouble où elle était, aurait-elle pu apprendre et Yotie nom et votre demeure?

DONF^UX.

Que sals-jeî

h ne le sais pas phu que vous. Mais toe vous en inquiètes pas ; l'avenir nous dira ce qui en est.

naavÈLBL.

Cache un peu ce ptnier, afin que personne éc la maison ne le

voie.

TRISTAN

Auparavant, seigneur, je voudrais que vous eussiez la bonté de me dire ce «{ùi me d^iehi (tour tna part.

DON FÉiix.

A toi?

TRISTAN

Certainement. ^'ai-je pas, moi aussi, perdu mon cheval?... Ne suis-je pas, inoi hussi, logé dans la maison?

DON FEUX

Que dit ton billet ?

Un instant, je vais le lire. {Lisant.) a Si vous n'entendez et ne » Toyez tout sans parler, la récompenie ^e vous donnera ioirc » maître sera cent coups de bâton. »

DON FEUX

YoUà ta part bien indiquée I

101 Wmi£UR ET MALUfiliA DO NOM.

Thre Diea! celle cequiae, cette drdlenct qui mut ici fom k leeqoe, si elle l'anie eoeore...

Ùm eatead ém b WMiqM.

wmvÉuJu Tû-Im; fmAtmJÊ et b musique.

TmiSTAH.

Eb Térilé, coBMM je le disais, oous sommes logés dus une forêt

OHiTOiX, c Aonf mi f .

« Sî per hasvd ma fi»lie arriT#t jusqu'à tous, aye»«D |ntié comme d'un malliear, et ne la repoussa pas comme Tenant de moi. »

DOlf FEUX.

Ces paroles me plaisent.

TRISTAH.

11 n'y a pas de quoi.

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