‹ Théâtre de CalderonChapitre 33 sur 96 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

Là oonr d'une hfttellèrftf Enifcnt bd^k tMÀMtÉ e^ NICE, qui sont en hibiiê de voyage.

DO^X VIOLANTS.

OÙ estalléFabîo?

, NICE

^ I^ sera allé^ piadanie; je pense, dans toutes les hôtelleries et dans toutes les auberges s'informer de don César.

;.».,. L f; .. . DONA VIOLANTE. ,

mes peines, donî le nombre est si grand désormais que je ne puis plus vous compter, quand, donc cesserez-vous de vous ajouter les une^ au:i^ autres?,.. Q^i m'eût dit que je quitterais un jour de la sorte la maison paternelle, après avoir per4u ma position , ma renon^nt^ei^ mon h9nneur, et abandomiée de tout le monde?... Plût à î>}fu, P{içe, que mon coçur n'eût jamais pa^isé de la haine à Tamoorî... Plût a p^éi| que je n'eusse jamais donné rendez-vous dans le jârain k don César,' et que mou père l'eût ignoré, ou, qu'ayant tout appri^, il m'eût donné la mortl... Malheureuse nuit, où, après son départ supposé, j'attendais don César; où Fabio, plein de pitié, vint m'ouvrir la porte après un déplorable tumulte, et où je quittai la maison pour me soustraire à la colère de mon père et pour aller demander protection à don César ! —Je voudrais qu'on ne m'eût pas dit qu'il était venu à Milan, et je crains qu'à compter de ce jour l'hôtellerie de TÉtoile ne devienne une habitation funeste, puisque j'y suis venue demeurer.

NICE

A qui donc, madame» dites-vous vos ennuis ? Ne les connais-je pas?

V DOÎ^A yiOLANTB.

C'est à moi-même, Nice, que je les dis ; et n'en sois pas étonnée, car la douleur ne trouve qu'en elle-même sa consolation.

Eiitre TRIËTAN , qui porte deux valises.

TRISTAN

trirAcef à Dieu, j'ai retrouvé ma valise ; et pour celle de mon mattre, ce sera à lui d'en rendre grâces à Dieu... Voyons, arrangeonsnous le mieux possible pour emporter cela de mon mieux.

NICE

£hl madame, n'est-ce point là le valet de don Félix?

pOi^A VIOLANTE^

Oui; 6'ëlt lui, éi je cbiiiinence à espëèër. Il est heureux pour moi (|ue adh i^élii soit veHii à Milan, car il est l'ami intime de don Céssr, et par lui je «aurai de ses nouvelles... Appellë-le... Mais non, arrête^

JOUBNÉ^ n, SC&NE n. 119

NICB.

Pourquoi hésiter?

DOKJi YIOLÀlfTB.

Que sais-je? je crains de faire une démarche inutile... j'ai peur que don Félix ne s'inquiète pas de ma demande, ou que s*il vient me voir, il ne se défende de me servir ; car un homme est bien peu empressé pour une femme qui en aime un autre.

TRISTAN

Cette scène ressemble à Tlntermède de la Ronde ^

DOfÏA YIOLANTB.

n serait donc mieux qu'il n'apprit ma présence en cette ville qu'en me voyant.

NICE

Gela est fiicile; je suivrai le valet, je reviendrai vous dire où il loge, et vous irei.

DOÎ^A YIOLANTB.

Fort bien, Nice; mais comment pourras-tu le suiyre sans lui inspirer des soupçons ?

NICE

Bien de plus simple que de se déguiser avec une mante ; et les ISipagnoles qui sont dans Thôtellerie ne refuseront pas de nous en prêter une.

DOftA TIOLANTB.

Tiens donc! essayons de lutter contre ma destinée.

Elles sortent.

TRISTAN

II &ut pourtant bien qu'elles aillent, ces valises , de manière ou d'autre, car, sans être Asturien ni Galicien 2, je sais mon métier^.. Comme la valise de mon mettre est pesante I non pas peut-être qu'elle contienne plus d'effets que la mienne, mais parce que le valet le plus honnête trouve toujours que ce qui est à son maître pèse plus que ee qiu est à lui.

Sntre NICE, voilée, qui se met à suivre Tristan. NICE, à part.

Je ne quitterai pas son ombre de toute la journée.

TRISTAN

U y a déjà quelques momens, ma reine, que je m'aperçois que je traîné derrière moi une troisième valise en sus dos deux que je porte. Que désirez-vous? en quoi pourrais-je vous être agréable? Que pensez-vous que contiennent mes deux valises ?

' Llntennède de la Ronde^ que nous airouons ne pas connaître, ëuit probablemcu fort oâèbre da temps de Calderon.

* Sin ur eorito ganapan me llatno,

Gtrito est un snmom donné aux Asturiens et nliis tard aux Galiciens, qui sont en Espagne oe qne sont en France les Aavergnats. G est comme si trislan disait : ' « Sans èbe 'àofOgMutfJie §ui§ boa fiort^ùùx. »

lâD BONHEUR ET MALHEUR DU NOM.

NICE

Passeï votre chemin.

TRISTAN

Taime beaucoup le ion de votre voix.

NICE, à part.

Continuons à le suivre.

TRISTAN

Écoutez , ma princesse. Si, parce que je suis étranger, vous voui figurez qu'il y a de l'argent dans mes valises, et qu'à cause de cela vous me suiviez à la piste, vive Dieu 1 désabusez- vous. l\ n'y a dans mes valises que des effets, du linge ; et tout ce que je pourrais faire pour vous, ce serait de vous donner une de mes chemises... pour la laver. Si vous désirez autre chose, vous n'avez qu'à m'écrire; voilà ma maison.

NICB.

Je me réjouis de la savoir. Au revoir, mon ami l {Â part,) Allons avertir ma maîtresse*

TRISTAN, «Iparf*

Elle ne me suivait que pour savoir ma maison, et peut-être s'amusait-elle de me voir porter une ausû lourde charge.

Il pose lei valises à terre.

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