SCÈNE n
Là oonr d'une hfttellèrftf Enifcnt bd^k tMÀMtÉ e^ NICE, qui sont en hibiiê de voyage.
DO^X VIOLANTS.
OÙ estalléFabîo?
, NICE
^ I^ sera allé^ piadanie; je pense, dans toutes les hôtelleries et dans toutes les auberges s'informer de don César.
;.».,. L f; .. . DONA VIOLANTE. ,
mes peines, donî le nombre est si grand désormais que je ne puis plus vous compter, quand, donc cesserez-vous de vous ajouter les une^ au:i^ autres?,.. Q^i m'eût dit que je quitterais un jour de la sorte la maison paternelle, après avoir per4u ma position , ma renon^nt^ei^ mon h9nneur, et abandomiée de tout le monde?... Plût à î>}fu, P{içe, que mon coçur n'eût jamais pa^isé de la haine à Tamoorî... Plût a p^éi| que je n'eusse jamais donné rendez-vous dans le jârain k don César,' et que mou père l'eût ignoré, ou, qu'ayant tout appri^, il m'eût donné la mortl... Malheureuse nuit, où, après son départ supposé, j'attendais don César; où Fabio, plein de pitié, vint m'ouvrir la porte après un déplorable tumulte, et où je quittai la maison pour me soustraire à la colère de mon père et pour aller demander protection à don César ! —Je voudrais qu'on ne m'eût pas dit qu'il était venu à Milan, et je crains qu'à compter de ce jour l'hôtellerie de TÉtoile ne devienne une habitation funeste, puisque j'y suis venue demeurer.
NICE
A qui donc, madame» dites-vous vos ennuis ? Ne les connais-je pas?
V DOÎ^A yiOLANTB.
C'est à moi-même, Nice, que je les dis ; et n'en sois pas étonnée, car la douleur ne trouve qu'en elle-même sa consolation.
Eiitre TRIËTAN , qui porte deux valises.
TRISTAN
trirAcef à Dieu, j'ai retrouvé ma valise ; et pour celle de mon mattre, ce sera à lui d'en rendre grâces à Dieu... Voyons, arrangeonsnous le mieux possible pour emporter cela de mon mieux.
NICE
£hl madame, n'est-ce point là le valet de don Félix?
pOi^A VIOLANTE^
Oui; 6'ëlt lui, éi je cbiiiinence à espëèër. Il est heureux pour moi (|ue adh i^élii soit veHii à Milan, car il est l'ami intime de don Céssr, et par lui je «aurai de ses nouvelles... Appellë-le... Mais non, arrête^
JOUBNÉ^ n, SC&NE n. 119
NICB.
Pourquoi hésiter?
DOKJi YIOLÀlfTB.
Que sais-je? je crains de faire une démarche inutile... j'ai peur que don Félix ne s'inquiète pas de ma demande, ou que s*il vient me voir, il ne se défende de me servir ; car un homme est bien peu empressé pour une femme qui en aime un autre.
TRISTAN
Cette scène ressemble à Tlntermède de la Ronde ^
DOfÏA YIOLANTB.
n serait donc mieux qu'il n'apprit ma présence en cette ville qu'en me voyant.
NICE
Gela est fiicile; je suivrai le valet, je reviendrai vous dire où il loge, et vous irei.
DOÎ^A YIOLANTB.
Fort bien, Nice; mais comment pourras-tu le suiyre sans lui inspirer des soupçons ?
NICE
Bien de plus simple que de se déguiser avec une mante ; et les ISipagnoles qui sont dans Thôtellerie ne refuseront pas de nous en prêter une.
DOftA TIOLANTB.
Tiens donc! essayons de lutter contre ma destinée.
Elles sortent.
TRISTAN
II &ut pourtant bien qu'elles aillent, ces valises , de manière ou d'autre, car, sans être Asturien ni Galicien 2, je sais mon métier^.. Comme la valise de mon mettre est pesante I non pas peut-être qu'elle contienne plus d'effets que la mienne, mais parce que le valet le plus honnête trouve toujours que ce qui est à son maître pèse plus que ee qiu est à lui.
Sntre NICE, voilée, qui se met à suivre Tristan. NICE, à part.
Je ne quitterai pas son ombre de toute la journée.
TRISTAN
U y a déjà quelques momens, ma reine, que je m'aperçois que je traîné derrière moi une troisième valise en sus dos deux que je porte. Que désirez-vous? en quoi pourrais-je vous être agréable? Que pensez-vous que contiennent mes deux valises ?
' Llntennède de la Ronde^ que nous airouons ne pas connaître, ëuit probablemcu fort oâèbre da temps de Calderon.
* Sin ur eorito ganapan me llatno,
Gtrito est un snmom donné aux Asturiens et nliis tard aux Galiciens, qui sont en Espagne oe qne sont en France les Aavergnats. G est comme si trislan disait : ' « Sans èbe 'àofOgMutfJie §ui§ boa fiort^ùùx. »
lâD BONHEUR ET MALHEUR DU NOM.
NICE
Passeï votre chemin.
TRISTAN
Taime beaucoup le ion de votre voix.
NICE, à part.
Continuons à le suivre.
TRISTAN
Écoutez , ma princesse. Si, parce que je suis étranger, vous voui figurez qu'il y a de l'argent dans mes valises, et qu'à cause de cela vous me suiviez à la piste, vive Dieu 1 désabusez- vous. l\ n'y a dans mes valises que des effets, du linge ; et tout ce que je pourrais faire pour vous, ce serait de vous donner une de mes chemises... pour la laver. Si vous désirez autre chose, vous n'avez qu'à m'écrire; voilà ma maison.
NICB.
Je me réjouis de la savoir. Au revoir, mon ami l {Â part,) Allons avertir ma maîtresse*
TRISTAN, «Iparf*
Elle ne me suivait que pour savoir ma maison, et peut-être s'amusait-elle de me voir porter une ausû lourde charge.
Il pose lei valises à terre.