‹ Théâtre de CalderonChapitre 35 sur 96 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Vm ehambre dani la maiion de Lidoro.

Entrent LIDORO et DOJÏA SERAFINA.

UDORC Vous êtes bien en colère.

DOJlA SBRAFINA.

N'ai-je point de motif pour cela?

UDORO.

D*accord ; mais pourquoi prendre les choses aussi Tivement?

DONA SBRAFINA.

Comment! mon père, lorsque sans me consulter, sans me prévenir, VOUS amenez un hôte dans la maison, et que vous établissez dans mon appartement une femme qui court les ayentures, vous ne voulez pas...

UDORO.

Attendez, ma fille ; je vais vous donner satisfaction sur ces deux points, afin que vous ne pensiez pas avoir le droit de vous plaindre de moi. — Ce cavalier, je vous l'ai déjà dit, est le fils de mon meilleur ami, à qui je ne dois rien moins que la vie. Je croyais qu'il n'était ici que pour un jour; et si le prince a exigé qu'il restât à Milan pour y voir les fêtes qui ont lieu à cette époque, ce n'est pas ma faute. Quant à la dame, avant de lui offrir ma protection, j'ai considéré qu'elle est de noble naissance; et quoique les accidens d'amour puissent ternir quelquefois le sang le plus pur, il serait mal à un gentilhomme de refuser son appui à celles qui l'implorent ; d'autant qu'en cette circonstance le cavalier c^ui vient avec cette dame est fort lié avec don César ; que j'étais chargé d'arrêter le couple fugitif, et qu'en le gardant chez moi, je m'acquitte tout À )a foie de mes doubles obligations d'Intendant de la justice et d'ami,., EdBd, s'il faut tout vous dire, V^^ d'huttes motifs encore

pour traiter de mon mieux don César; il est de la meilleure nalaunce, il possède une forUme considérable, 11 est fort avant dans la fiiYeiir du due de Parme, et comme j'étais déjà l'obligé de son père... Cela suffit, tous derei me comprendre... Bref, il pourrait bien se faire, ma fille» que l'hôte de cette maison en devint le seigneur.

lllOlt.

DotA snAvm A.

Qn'ai-je entendu, à del ! Réjouis-toi, mon âme, car c'est la pre* nière fois peut^tre que le mal se convertit en bien. Je craignais que mon père ne soupçonnât quelque chose, et c'est lui qui encourage mon amour! {Appelant,) Flora!

Entre DOJÏA TIOLAHTB.

DOtA TIOLAim.

Qaevoulei-TOUfy madame t

DOJ^A SKRAFIRA.

J'appelais une de mes suivantes.

DOtA VIOLAim.

Eh bien I ne suis-je pas là pour vous servir t

DOJlA 8KEAFINA.

Que le ciel tous garde. Violante; mais je ne souffirlrai pas que TOUS vous abaissiez jusque là. Vous êtes ici chez vous, et bien que je n'aie pas vu d'abord avec plaisir que mon père vous reçût dans la maison, je m'en réjouis maintenant; et touchée de vos malheurs, je TOUS regarde désormais eomme une amie à laquelle je suis fort redevable.

DOtA VIOLAim.

Que me devet-vouf, madame, à moi qui n'apporte ici qu'on mauvais exemple t

DOtA SBRAFINA.

Cet exemple n'est pas pour moi aussi mauvais que vous le dites; et vous ne soupçonnez pas combien vous êtes venue ici à propos.

DOftA VIOLANTS.

Kn quoi donc puis-je vous être utile?

DOftk SERAFIlf A.

Tous me l'avez été beaucoup.

OOtA VIOLAlfTB.

Eh bien! madam*e, puisque vous êtes si reconnaissante de je ne fais quel service que je vous aurais rendu par hasard, pourrai-je à non tour vous demander une faveur?

DONA SERAFINA

Dans les limites de mon pouvoir, je suis à votre disposition. Que désirei-yous?

DOtA VIOLANTS.

J'ai commît une Aute que je ne chercherai pu k vkiXV^t vs!^^

lâO BONl^EUR ET MALHEUR DU NOM.

ié YOolL— ^ Apris âyo^- long-temps témoigné les disrnîiQn .mépris à îi cavali^ qpi me ren4dt ^es soins, je finis,, qooiqii^'ii eûit tué pfL dael unî de mes parens, je finis par conceroir pqai; loi Àes sent^ ment plus favorablep^.. Cç cayalier est. celui que, votre père retient, ainsi que moi, dans sa maison,,. Mais, hélas I les bontés que j'ai eues pour loi m'ont été bien funestes I... Pardonnez-moi de vous raconter aussi longuement ma triste histoire ; c'est que je Youdrais obtenir YOtre bienveillance et toucher votre ed^Ur. — Je lui écrivis dé Venir me parler une nuit dans notre jardin ; il me ré^ndit qu'il viendrait... J'ignorais et il ignorait comme moi qu'A devait partir la veille, envoyé par le duc en te pdjs... Mon père vit la lettre...

DONA SBRAFINA.

Arrêtez... Le duc» dite»-vous, l'envoyait en ce pays?

tbt(A TIOLANtfe.

Oui , madame. — Y aurait41 là quelquii btiose (jiii vous tfit déplu?

DOftA SBRAFmi.

Nullement; j'étais distraite... et je n'avais pas compris. Achevez.

WaiJL VIOLANTE.

, Mpn pfère vit la lettre; et bien que par prudence il ne voulut pas iîclatêr, son ressentiment l'emporta, et il m'enferma dans mon appartement.

doÀa srbafina.

Et ^ite^-moi, ce cavalier, est-ce celui qui est venu à Milan de la part du diic?

DONA VIOLANUt.

Opi, madame. — Je vpis, hélas ! que vous ne prêtez pas beaucoup d'attention à mes paroles.

DONA SBBAFINA.

C'est que je suis triste et préoccupée; ne vous en fftchez pas.

DOtA VIOLANTS.

J'en resterai là, si cela votis enUuie.

DOiÏA âBRAFUiA.

Non pas ; poursuivez, je vous t)rie.

DONA VIOLANTE

Je crains, madame... * -

DOf^A SERAFÎl^À.

Que craignez-vous i

DONA VIOLANTE

Que vous intéressant peu à mon infortune, vous ne vous inquiétiez pas beaucoup des moyens de la faire finir.

DONA SBRAFINA.

Vous êtes dam l'erreur : toutes ces questidns, c'est pour m'éoUàrer, Continuez, de grâce.

JOURNÉE m, SCÈNE I. IM

DOJ^A TIOLAimL

La Doit màlheaTeuse arrira, et je ne pus l'ayertir qius mon père, ^ U tête d'une troupe d'hommes armés, l'attendait.

JKHSfk SBUriNA.

Qui? . celui qui derait yenir à BlilanT

BOtA TIOLANTI.

Oni; ce fol là le malheur.

DOJÏA SBRAFINA, à part.

EDe ne le nommera pas I n se présenta en effet.

DOÎÏA SBRAFINA.

Qui se présenta?

DOfÏA TIOLAIfTB.

Doo César, que l'on croyait absent.

DOftA SBRAF1N^

DoQCéswrt

HOKk YIOLANn.

Oui.

DOJ^A SBRAFINA, à part ^

Elle n'achèyera pasi... C'était bien la peine de conmiencer! [Haut.) Et enfin...

DOAA TIOLAlfTB.

Ce qui se passa entre eux, je ne le sais pas au juste; je sais seulement qu'en entendant l'explosion d'une arme à feu et un cliquetis d'épëes, j'avais Tàme suspendue entre mon père et mon ama^t, lorsqu'un Tieux domestique , croyant faire pour le mieux, enfonçA U porte de mon appartement, et alors...

DOftA SBRAFINA.

Pardon ; fl est un point ^ue je ne comprends pa^ bien ; si c'était don César, pourquoi renez-Yous chercher ici don Félix t

doAa yiolantb.

Parce que don Félix est un de ses anus qui, ^.n» doutç, amxn Toalu l'accompagner.

DO^k SBRAFINA.

Fort bien. Rerenez à votre rédt.

DOtA YIOLANTB.

Moi alors, me royant tout-à-eoup dans une position si difficile et si affreuse, ne sachant plus ce que je faisais, et n'écoutant que les inspirations de la crainte qui conseille si mal, je pris un porti ex-* trème : au lieu d'aller demander asile à quelqu'une de mes amies ou à ma famille, je courus chez son ami, dans la persuasion que nul ne me secourrait aussi bien dans ma peine, cas mil ta d«^^U la uotirploâ rif^mmt; mais, hélas t je ne le tiowi^ ^a^

DOVA 8BRAF1NA.

Mais, — bien que eefIktsoD ami, pourquoi tous étes-YOus adreMél à lui plutôt qu'à celui que tous venex chercher ici?

»ONA yiOLÀNTB.

Parce que je rencontrai en chemin un de ses yalets.

DOÂA SKRAFINA.

Après, je tous prie t

DOJÏA YIOLANTB.

Je ne le trouvai pas; on me dit chez lui qu'il venait au momenl même de partir pour Milan. Désespérée, effrayée» comprenant toul ce que ma conduite avait de blAmable, et ne me voyant d'autre ret source que de me précipiter entièrement dans ma faute, j'obtins do valet dont je tous al parlé qu'il me procurât une voiture» el bientôt...

DOftA SBRATUf A.

Mais pourquoi donc les ordres que l'on envoie de i|à-bas pour qu'on vous cherche disent-ils que vous êtes avec don Félixj au lieu de dire avec don Césart

DOtA VIOLAKTK.

Qui vous l'a dit t

DOJlA SBRAFINA.

C'est moi; et la preuve, c'est que le prisonnier de mon père est don Félix et non pas don César.

DOJlA TIOLANTB.

Je vois, madame, que vous êtes fort préoccupée de vos chagrins. — Aussi pour abréger, et quoi qu'il en soit, je me jette à vos pieds, en espérant votre protection, non pas seulement parce que je suis une femme malheureuse, mais parce que vous êtes celle que vous êtes; et je vous conjure d'intercéder pour moi auprès de votre père, afin qu'il daigne parler au mien , qui sans doute ne tardera pas à Tenir ici ; veuillez arranger les choses de manière qu'à son arrivée il me trouve déjà mariée avec don César... Maintenant, madame, je me retire pour pleurer en liberté, et pour ne pas vous attrister davantage par le récit des chagrins d'une femme infortunée.

Elle sort.

DOftA SBRAFINA.

Hélas! ses peines ne sont pas plus grandes que les miennes, et je ne sais, aTec cette confusion continuelle des noms de César et de Félix, laquelle de nous deux est le plus à plaindre... Mon père me disait tout à l'heure que don César, l'hôte de la maison, pourrait bien en devenir le maître, et j'étais heureuse, je me Yéjouissais, lorsque soudain ce bonheur s'est évanoui, et ma joie s'est changée en douleur... Mais réfléchissons.—- Comment cette femme, puisque don Félix est son amant et qu'on la recherche avec lui, vient-elle pré-

teDdre que celui qu'elle aime est don Cé&M*t... «\jgj||||^'%&tdQa

CéMêr, pourquoi ne le déclare-t-eUe pas Yon^v^*

JOCMEE nL sce>e: I. lU

dNRke éom Féfift?^. Oè est donc U mitf ?... Ak ! aa bUm dt Mlle emelle ineertitBde, qmt mt do— craii je pas pour ■'av^ir pa» IomM la wh de b iceMBatanaee fid ■ a poe«Éa dans ane inirigae périDeoie!... Et aa p ^ y i aû jt pas avoir de la reeoaaabMnce caras ce canralier poiv sa Bable caBdoile sast vralr lai parler mus ■dégoiseMeDtT^. Meadite aaU sa wfnaibiiafcfe qui ■*« perdue. Iflnqo'à la plupart des Ummm es ae repracke que leur inpaUtadal... Q«B wt dyiietaii-je pas ansri pour o'avoir pas soulevé mon vsilel... faarais dlssiaBBlé aaes seplimeai. faurais cadié sou$ uoe glaee aeotMHe la valcaB qal eabrase non ftme... Mais à préseni faeja Me aolB dtovtcrta à Inî, je ae le fbiiai poini pour cela, ce mil OM lÉfhiH; at fl ast kaa ^«a les hoaiBMs sadMot que nous

(» nom coniage ei Botra polnl )Flon!

iMiePLOlA.

Qw iaiilfl»^eQa» Madaiaet

BOi SBBAFDCA.

Ta DM ferais plaisir d'aller diei don César et de lui dire, comme Tnaat de toi, que je sois en bas dans le jardin. [A fart,) Incertitadest craintcBt périls, chagrins, je tous défie et vous attends. Si iSBs ne TOUS préaenlei pas au combat, je dirai que tous avei peur, ctn Toos apprenei que la jalousie me dévore, sans doute vous n'oiBRi paralHev car qae ne redouterait une femme jalouse ?

Elleiort.

FLORA

Qa'eil-ee qoe tant eela signifie?. .. On a'a tant donné à réfléchir éepiis deux joan que j'en ai vieilli. {ElU appéiU,) TrisUn I

Snlre TVISTAN.

TAISTIN.

Flora I belle Flora d'iulie , qui êtes une FloresU espagnole > , que voolcv-yoïis de moit Est-ce que votire maîtresse n'est pas à ia ■aisont

Non. Adien.

TRISTAN

Arrètei ; tous ne tou en irei pas que nous n'ayons fiiit ensemble on petit arrangement.

FLORA

De qnoi s'agit-ilt

TRISTAN

Il s'agit de me dire, adorable Flora, combien vous voulei pour perdre la raison pour moi une demi-heure seulement, et, l'autre demie, mol Je mourrai d'amour pour vous.

* TrtaUijMMff«r Ja remoiabkaeé de» doux moU J^lora M F(orM«Q^ <\tti dériveni wémuémmtêÊ M mot êtqulûutU même lignifloUon :VVoc«,

FLORA

Le bel irnngement!

TEISTAN.

n n'est pu nonrean.

• " - ■■ ■•' nxnuu

Oui-dà!

nUSTAN.

Un Jour un pau?re diable se mdul^U,...

Je derine; c^est l'histoire de celui qui flt appeler le sacrist

vient et enterrez-moi pour dix-sept; aùtremelitV)B vous è viens, s'il m'en coûte un ma^iédiî de plus ^ » je ne meurs p. De même tous, tous roulez savoir ce qu'il vous en coùteri mourir pour mol d'amour... Eh bien ! puisque c'est là TOtro vous saurei qu'un jour une guenon et ses amies...

TRISTAir.

Pour cela, non, fe^une, un moment! car m'enleverrun e donn'eir un aà'tfe, è'elt trop. ^ Une dîiègne "èrevàît Une' naine...

FLORA

J'ai commencé avant vous. "

TRISTAlf.

Bien que vous ayei oommeocé, je continue la nleon^b

TOUS IIBIUL.

Un jour...

La dnègiie-M La guenon

Tunàju

Bntre DON EtUX.

Ttisfiir.

C'est une histoire de conte.

FUMUU

C'est un conte de noix'.

* UYAdani letçoemi «Mflo. Le miarfs «4t one nonnaie «to la moindn En ^ant^'àn Kb^^^klî^.'.'Ê^tSiBWrleiO^

conniM noai riisoni en France, ^ f^ajièt Ib fo«. "* ' -'

* ifons avons tradoit lUtëralement, Àea §t im cmnfo di mnwt. Il ne faut pa À ^lw%/e #JS^jii(rcâkfon do in4>t CMàiilô, fiiiUîttis cl «^

JOURNÉE ni, scéme ï. m •

TRISTAN

Le diable soit de ma duègne!

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