SCÈNE U
Ub terrain an pied dTtoe oMBtagne.
Entrent DON BERNARD, DOftX LÉONOR et SYRBNE.
DON BKBIUIU).
Keposez-vous» belle Léonor,au pied de cette montagne couronnée
* « lo «M gviero ckblonfor Al al^ima igêtOÊ harecu Qiiê llaman mmIcim, y oy Simido cofo ton muUta*.,, ete. etc. »
JhlMu dgnifie béquilUi, On appelle multuts i Lisbonne (en espagnol muUtêi) Ae* Wtcaax de pécheurs, plats et Idgen, qni ont de chaque cM de iongoes rames à de- ■MTB. ■anriqne dit x le m*en Tais prendre les devans dans une de ces barqaes que !'•■ eppatte iiiysli», et ooorant avijonrd'hni eonme un boiteux sur des béquilles... etc.»
' n y «. M ue antre plaiMuierie qn il nous a été impoMïUa (teni\mà»^t«.^\« \»xv». ■rla triphâi^^USeÊtioa du nu>t/orçada ■ l^" contr^iai ^ ^||||^^^dMr da^ot^
àe fleurs, où le printemps a convoqué sa cour ; reposez-yoi ques instans en attendant l'arrlyée de don Lope, yotr épouiy^et chassez loin de vous cette affliction. Je la co d'ailleurs, la vue du Portugal vous fait ressouvenir que quitté la Castille.
L^ONOR
Illustre don Bernard d*A1meyda , mon affliction , soy< suadé, ne procède pas d'ingratitude... Je sens aussi vivero le dois l'honneur que mon sort m'a procuré... mais, vous il y a souvent des larmes qui viennent de la joie.
DON BERNARD
Vous vous excusez, madame, d'une manière si flatteus serait-ce que pour cette excuse, Je vous serais reconn. votre faute, si c'en est une de pleurer... Je vous laisse ui afin que vous soyez plus libre de vous distraire de cette n Asseyez-vous là, vous serez à Tabri de cet ardent soleil. • vous garde 1
Il s'en est allé, Syrène?
Oui, madame.
Personne ne nous écoute?
Nous sommes seules.
liiONOR.
STRiNB.
liiONOR.
STRÈNB.
LléONOR.
Alors que ma douleur s'échappe en liberté hors de i que mes peines cruelles s'exhalent de mon âme qu'elles que mes larmes éteignent, s'il est possible, le feu dévora consume.
STRÈNB.
Que dites-vous là, madame?
LiONOR.
Laisse-moi, Syrène.
STRÈNB.
Songez au péril, à l'honneur.
L^ONOR
Comment 1 toi qui connais mon chagrin, c'est toi qui mandes de la sorte, c'est toi qui me reproches mes pleun qui me conseilles de me taire!
SVRÈNB.
J'écoute votre inutile plainte, et...
LÉONOR
Àhl Syrène, quand donc une plainte est-elle inutile? oiseau timide, enlevé de son md pat wug uv^\w *\vu^\vvi>iî
JOUHNtiE I , SGËNE II. J69
Kofermë dans la cage qui doit lui senrir de prison, il se plaint en «tes chansons mélodieuses, et par là il allège l'ennui de sa captivité. De même ma plainte à moi me soulage.
fniifi.
Fort bien; mais qu'en espérez-vous? que prétendez-yous désormiit Don Louis est mort, et tous, vous voilà mariée!
LiONOR.
Ah! Sjrène, hélas! dis plutôt, dis que je suis morte avec don Louis; car si le destin m'a contrainte à ce mariage, tu m'y verras sans plaisir, sans joie, toujours triste, toujours sombre, et, pour ainsi dire, plutôt morte que mariée. Ce que j'ai aimé une fois, je puis le perdre; mais l'oublier, je ne puis. Eh quoi! l'oubli pourrait velirlà où l'on a vu l'amour! Non, non... une femme au cœur noble l'oubliera jamais, ce qu'elle a aimé, ou elle n'a pas aimé , si elle Mhlie. Rappelle-toi tout ce que j'éprouvai quand je reçus la nouveOe de sa mort. Si depuis je me suis mariée, tu sais à quelles conlidérations, à quels ordres j'ai cédé... — Mais il faut, ma fierté me le commande, il faut que je prenne ici congé de mon amour... mon amour! séparons-nous; vous m'avez accompagné un assez long espace, et vous ne pouvez me suivre jusqu'aux autels de Thonneor.
Cnlre MANRIQUE.
MANRIQUB.
Trois fois heureux, moi qui arrive! vingt fois heureux, moi qui Attoun ! cent fois heureux, moi qui débarque le premier pour être le premier à baiser l'empreinte de ce pied sous lequel naissent des fleurs, comme s'il était le printemps de l'été. Et puisque me voilà, je baise de nouveau tout ce qu'il m'est permis de baiser sans offenser mon Dieu.
liONOR.
Quiètes-vous?
MANRIQUB.
Le moindre des valets de mon maître, le seigneur don Lope, mais Don pas le moindre parleur ; et je l'ai devancé pour vous annoncer qu'il venait.
lioNon.
Il ne montre guère d'empressement.*. {Elle lui donne quelquee piéeet de monnaie.) Yoilà pour votre peine... El en quelle qualité Krrez-vous don Lope?
MANRIQUB.
^\r-ee qu'un homme qui a un caractère aussi gentil pourrait être antre chose que gentilhomme?
uiONOR.
Vous, gentilhomme/
(70 A OUTRAGE 8ECEET VENGEANCE SECRETB.
MÂNRIQIIB.
Oui, midame,— de la gaieté. -~I« mis le TaletiMr excellenoe, lo prototype dei vilett, propre i tovt,,boD à tout' : quand je garde la maiaoD de mon [njiUre, ton maiaràome: qu^and j'atlcndg de lui quelque habit, ion chambellan ; Bon maître (i'hâtcl. quaoïi je preads pour mol le meilleur morceau ; son BCRrëlaire peu discret, quand je confie Ml lecreti à dos Toisins; son écujcr inlré{iide, lorsque, pour ne pas aller i pied, je sors Bur ie cheval sous pr^tèité de le mener promener; Bon intendant, quand je lui compte qudqgc chose; son caiMJer, en mime temps, quand je compté aui autres Quelque chose de sa'pert^i «od chef d'oflicé, quand je iltlournc p&i hasard une . pièce d'argenterie ; son pourvoyeur, qiia\iA Je mi ddtiser l'itsc dil panier ; et enfin son cocher, quand je le conduis 3 ses dmôurs, El après, madame, pcrmeiiei que je vous aise que je remplis toulea cet diarges lane me plaindre, et que je me contenta de mnrmufer pour chacnne lépardmenl. ,
LiàiioÀ.
C'eât bien.
Bu os g«M d« UsuM, iinniiM l'éloiBO t. — LfôliAt cl SJrciiè àutcnt bb k T JbAt. Entrent DON BERNARD, DON LOUIS et cËLlO.
DON LODis, à don Bamard.
Je mb marchand, et lèi diamans sont ma partie... On dit que let cUamani aout dea grajui bruta que le lolqil Aurdi^i perfectionna et embellit de sel rajons au. fond, delà minq ^bra^â&.. f^ p^w de LitbonDe eu Caidlle. l'ai aperçu dan* le vil^ge voi^it \^ mer:] Tdlle du ciel ^ns les iraiU d'une dame que Tpus fcctupp^pc^. L; bruit public m'a apprii auBsiUkt que c'eat vue japuTeU? nuc^ ou qu'elle va pour te marier. Comme ma marchandise n'est jim^îii^ venue dea dames, et qne tooi les mariages commencent par des préieni de parures et de jejaui, je voudrais vous moptifir qneVlue*uns des miens, qui sont en vérité aussi briilana qne des étoiles... pour voir ai l'Aeeaiiini Mie désir me proctuercHit quelque bénéfice, chemin fklsant.
Voui aver eu lit uns bonne Idée et voni îles Tenu a propos. Cette dameetlfort trWei.j'aJiwvleAqllùpi&iln.iin.JHJ.q^pfUTeiiajer de regaiei un peu. Attradei-mo] lit 1« vau d'abard la pr^ venir.
' I ...rmdofijaitiarMU
., 1,., ,SNh>rf<f^l*tMflM«1lh*,. . , ,.. ., ,,,,, ..:.,.,. ,^,.
Vol iiiM : t Le fvndsngs lia Til<ti,hitdn boU dii*r«TMt.> On inùlb «•• dungi, lu i« dt quifuilai, 1. nlci de aiMu. Os iab U»Mb k iMaàHA iftoAm- !«■, DDAdediaqHcoulBiir, Bt «loi qui KÏipinda poEpti^gigiH. Lartlel da mi—
DON BERNARD
L^ONOR, à part.
DON LOUIS
IlibienI teignear, en ee 'cas, yeuillei, je tous prie, lui porter, eonne une preuve de ma sincérité, ce diamant. Dès qu'elle l'aura T8,jsie doute pas, seigneur, qu'elle ne vous permette de m'amener iM pieds.
DON BERNARD
Ceitune pierre rare... quelle belle eaul quel éclat! quels feuxl -Ittendex, je reTiens... {H i'approehê de Léonor.) Il arrive ici, èm Léonor, un marchand entre les mains duquel'yous Terrez des l^ijoDx de prix et fort beaux. Je voudrais, si cela peut tous être igréible, tous en offrir quelques-uns, à TOtre choix. Yoici un dia- Bnt qu'il m'a demandé de mettre sous tos yeux conune échantiflon. Tenez, regardez-le.
Il lai donne le diuMnt.
utoNOR, à part.
Que Yois-je? Ciel!
Ehbien!
'e n'ose le croire.
DON BERNARD
^irez-Tous que je tous l'amène?
LÉONÔR, à part, Hâasl ce diamant est le même que... (À Syrène,) Dis-lui de Te-
Dfr,$jréDe. ' ^ . ^. ' ..
DON BERNARD
Ceit moi qui irai, madame.
Il s'éloigne.
LÉONOR
Oh! (jne r amour me déliTre de ce charme ! Ce diamant que tu ^^ Syrène, est le même que je donnai autrefois à don Louis de ^Tidès. Oui , ou mes larmes m'aveuglent, ou c'est le même. Il &Qt qae je sache aujourd'hui par quelle suite d'accidcns il est revno m mes mains.
STRiNE.
Prenez garde, madame; calmez-Tous... les Toici qui arrivent.
Don Lonit devance don Bernard.
DON BERNARD, à part.
Ce marchand est bien pressé de vendre. Ils sont tous les mêmes.
DON LOUIS, à Léonar, Cest moi, madame...
L^ONOR
^e de ma douleur! réalisation de mes rêves!
SYRÈNE
P^nez garde, madame, et taisez-vous. JevoVftinavKiV.^î^^^^^^^SkA'- ^fde votre surprise.
j'aid
*■ éùmt Tou
fB*clle (en Od cdni-dd Al pas COI U B'ja ^oe l'on ode < . ci l'on
1 iii rsodi: 9.
éescs iMJo
1 jb»
^fo» y 91» .nmiK ?^ ^^K w ftqim ar saieat aussi ^«tt ^cms. le vâtek vin» ^His$ jEzt«« ■«{ à ft«f>i« pour me h ;n!r. . rtuntu^ ^n in siatsir a ks ««ir. je Fa^vve, si tous éti
^ifts^ ;xii : aMMè^ hics^ <Hk$ ««ua tnto civii ^>k peascrait-on
^ jucd«|taK ^ sofi^ uvm <i «^w f attohis bmi uoble époui o ^ip o t i«w 9«« p«^ aift tnsacsse» mmèi bhb «sfrit, à conten <>mr^ OK êm m mr ec <s«fi&tf <w»tft— «?-. Je ue reui pas 1 |Mf%ir «iul U «tf «niavmc ii» «^u* f ak faîr 4e dépi ê c i er tos j «;iiu:^ «{iiiir «<Mi^ iB« tus a««s BUMiiani^ «a mu BMurais mome f ^ f tiu<4 ^MKM (tMHMC < | u » iè |a ig > jir u« r%»9ffe pas, son écl tKig<t^<>i(|itiimtr»rf>fcHfay<itc»^ wfcil . Xe ■'accosci p uhmr «m «àr «u^ckir: u^^etnfestn fu» TwtsHatee, qui tous è
LéoNOR, à part, lort funeste I... que ne puis-je me soustraire à une entrevue tuisi cruelle!
MANRIQUK.
Mon mattre s'approche.
DON BERNAR^
le vais à sa rencontre.
MANRIQOB.
Qoe chacun ici se taise. Je Teui écouter de mes deui oreilles la première sottise qu'il dira ; car un prétendu à qui sa dame plaît et quilaYoitface à face ne doit pas manquer de lui dire des sottises*.
Il sort.
DON LOUIS, à Lëonor, femme légère, oublieuse et changeante! 6 femme la plus femme ^femmes! que me répondrez-vous qui puisse justifier votre changeoeotet votre oubli?
LÉONOR
Que j'ai cru à votre mort, que j'ai pleuré sur vous, et qu'on m'a livr^ à un autre. Mais je ne vous ai pas oublié pour cela. Et à présent que je vous retrouve, si je n'étais mariée, s'il m'était permis de disposer encore de moi, vous verriez si je suis si légère et si chan- 9^tel... je ne le connais pas, cet homme; je l'ai épousé par proeuradon.
DON LOUIS
A merveille!..^ mais ce n'est pas par procuration que vous avez désolé mon avenir, que vous m'avez enlevé l'âme, que vous m'avez donné la mort... Vous aviez raison de dire que vous m'avez cru mort; j'étais absent, cela revient au même! Bien souvent, lorsqu'un amant n'est plus là, près de la femme qu'il aime, c'est comme s'il it'était plus de ce monde.
LÉONOR
Je ne puis, je ne puis, hélas! vous répondre. Voici mon époux, , mon ennemi. Puisque vous m'accusez d'inûdélilé, en parlant à lui. c ^t à vous que je parlerai.
Don Louis se retire y ers rexliemilë de la scène. Entrent DONLOP£>DON BERNARD elMANRIQUE.
DON LOPE, à Lëonor.
^rgque la renommée vantait chez nous votre rare beauté, d Léo QûrI je vous aimais de confiance, je vous consacrais sur sa foi toute
- Porqut un noivo à quien le place La damOf y d verla llegay Como necedades juega^ Es tahur qut dite y haxe. )»
lederoier de ces vers présente deux sens; mol à mol ■. «Car u» iftaùéiiC^VLVïA.dwsk^ f'^i et qui arrive à lu voir, comme il joiic un ]on dv solVi'iCS, c csV. wu \ovi(iUt v^\ ^\\. *V fufaii: » 0a bien « qui en dit ou r/ui C4i û|^^g|^^^^
ridolAtrîe de mon cœur. Lorsque ce cœur qui vous aimait et vous adorait ainsi, vous contemple avec ravissement, il dédaigne la vaine image qu'il s'était formée de vous; car la réalité dépasse mille fois ce qu'il imaginait. Vous seule pouviez faire dignement votre éloge. Heureux celui qui parvient à vous obtenir, et plus heureux encore s'il réussit à vous apprécier 1 Mais comment pourrait-il être coupable d'un oubli? comment celu) qui vous aimait avant de vous avoir vue pourrai^il vous oublier ?
lioNoa.
J'ai eontlaeté cet engagement avant que de vous voir; vivant ou mort, j'appartenais à vous seul... je n'aimais que votre ombre; mais c'était votre ombre, et cela me suffisait... Heureuse mille fois si je pouvais vous aimer ainsi que mon cœur s'en était flatté 1 ma vie eût acquitté par là notre dette commune, malgré tous les périls... Mais lorsque, craintive et tremblante, je vous regarde'^ si je ne récompense pas un amour si généreux , voici mon excuse : ^ Il faut vous plaindre de vous et non de moi; car, bien que je vous aie choisi depuis long-temps pour époux, il est impossible que je vous aime autant que je le dois ^.
DON LOFE, à don Bernard,
A cette heure , mon oncle et seigne^r , p^rm^t^^j^ ç^r^e j^ y^us presse dans mes bras. ' '
DON BERNARD, emhrcusant don Lope,
Ce seront des liens éternels de parenté et d'amitié. — Ne tardons pas davantage. J'ai h&tepour vous d'arriver à Lisbonfne ; allons nous embarquer.
DON LOFE, à Léonor, La mer va être orgueilleuse aujourd'hui de porter sur ses flots une seconde Vénus.
MANRIQUE, au parterre.
Et puisque voilà le galant et la dame glorieusement mariés, pardonnez, noble assemblée; l'histoire flnit ici^-
Don Lope, don Bernard, dona Lëonor et Manrique sortent.*— Don LovU ot Celio
demeurent seuls.