‹ Théâtre de CalderonChapitre 49 sur 96 · SCÈNE L · texte numérisé non relu

SCÈNE L

One ehambi» dans It mtiton de don Lope.

Entrent MANRIQUE et SYRÈNB.

MANRIQUB.

Syrène de mes entrailles, qui es , pour mon malliear, ime traie syrène, puisque tu chann<4 et tu abuses, reviens enfin de cette rigueur avec laquelle tu traites mes liommages ; car un modeste valet n'fiist pas à l'abri des flèches de l'amour. Accorde-moi de ta main une faveur.

SVRÈNB.

Que puis-je te donner?

MANRIQOB.

Tu pourrais me donner bien des choses, si tu voulais ; mab je demande seulement de ta bonté, cette faveur de couleur verte qui fait de toi la dame de la Rosette ou Técureuse de la Toison^.

SYRÈNB.

Tu demandes un ruban ?

MANRIQOB.

Oui.

SYRÈNE

Mais le temps est passé où un galant se contentait d'un ruban.

MANRIQUE

11 est vrai; mais si j'obtenais celui que j'implore, tu verrais comme je serais par lui inspiré ; les bons mots, les reparties, les plaisanteries couleraient de mon esprit comme de source, et je composerais aujourd'hui même mille cent et un sonnets en ton honneur.

STRÈNB.

Pour me voir à ce point ensonnettée je te le donne ^. — Mais va-t'en, voici ma maîtresse.

Manrique sort.

* Por Dafnadelahuaia fregona del Tusan.

La plaisanterie de Hanrique porte d'abord sur dama, dame, et /ragfona, écareose de vaisselle ; — ensuite sur le triple sens du mot (asada, qui signifie : 1 > rosette, 2 > pi^e, embûche, 3 'entrelacement formé par les danseurs ; — ensuite sur le mot twson. qn signifie à la fois la laine des moulons et un jeune poulain. Mais nous avouons ingenuninii que nous n'avons pu réussir à comprendre la malice cachée sous ce dernier mot.

' Le traducteur a forgé le mol ensonn«i(^e pour rendre celui de soM^ada, fabrique jiar Calàerou.

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