SCÈNE n
Une me.
Katre SYRiNS, le visage recouvert de sa mante ; MANRIQDE la suiu
STR^NE, à part, k a'ai pu m^échapper de Manrique pour entrer dans la maison. 11 m'a suivie tout le chemin... Que faire?
MANRIQUE
Holàl femme voilée, femme de malheur, qui cheminez en regardant et vous taisant, qui déroutez si bien l'ennemi par vos manœu ^ves; la femme à robe de soie blanche et noire *, qui volez le vent en poupe avec la mante bien conditionnée et des pantoufles de serge d'escot l — Allons, parlez ou découvrez vous, que je sache enfin à Quoi m'en tenir sur votre compte; car votre silence et votre voile me
'i0 A gnMÊOMO pieot0, Entreeano se dit de U bai^, Aet cVvtcws. «^Vt^ ^ti«t«k et de h penoaae qai le» a tel». Le picote esl une totlc tf 4xoC%A*««^*^»^*^^'»*^^*^
182 À OUTRAGE SECRET VENGEiJ^CE SECRÈTE.
donnent mauvaise opinion de voiis, et je suis tenté de croire TOUS êtes fotte et laide.
sndbnt.
Eh bien t tooi en restei là?... Continuel donc
MANRIQIJB.
Je n*» nis pu darantage.
STR&NB.
Et à combiAn de femmes ayez-vous dit cela f
HANRIQDE.
C'est qu'au contraire je suis fort sage et me suis amendé; j parlé, sur ma foi l dans toute la journée d'aujourd'hui qu'à femmes.
Grâces au dd, je trouve enfin un homme constant et fidèl fois de même, moi; je n'd en tout et pour tout que neuf §a]
MANRIQUB.
te Vous crois ; et afin que vous m'en croyiez pareillement, 1 que je vous montre de chacune d'elles une faveur, gage de s: dresse. {H tire de $a poche une natte en ckeveiuB,] Teiiez, voit bord une natte. Cette natte a joué son rôle autrefois ; et bien c fût postiche, elle n'en a pas moins attrapé bien dés cœurs. Ë à présent un peu vieille et roussie, mais c'est égal... — {ïl n un 5tiS6 de haleine,) Cette petite baguette que vous voyez, € de la barbe de là baleine. On Tûta d'un corps de jupe pour donner, avec autant de peine que si l'on se fût ùié une côte une baguette d'une rare vertu ; elle redresse les poitrines et s les épaules les plus rebelles ; car aujourd'hui toutes les taille tent... parla barbe de la baleine. — {Il montre un soulier,) L soulier que vous voyez en mes mains à cette heure, — vous qu'il a été jadis une maison en miniature dans laquelle deu] ont vécu alternativement, un jour l'un et un jour l'autre, ss mais se rencontrer... — {Il montre un gant,) ^uant à ceci, c gant qui a été long-temps en mue comme un rossignol ; car hde encore une légère odeur de graisse de chevreau... — {Il i un ruban vert,) Pour ce ruban, il me vient d'une dame d parage...
STRÈNS, à part.
Le menteur !• .. c'est le mien.
MANRIQint.
Mais je ne l'dme pas.
Pourquoi donc?
STRÈlfB.
MANRIQinL
Parce que je sais qu'elle raffole de mol. N'est-ce cas un jufSsaat?
-jT'
STRÈNS.
n est vrai.
MÀNRIQDB.
La ^mme qui youdra que je lui rende ifmour pour amour, il faut qu'elle me mente, qu'elle pie trompe, qu'elle se moque de moi. qu'elle excite ma jalousie, qu'elle me maltraite, me chasse, et qu'en somme elle me désire; car je suis très-sensible à tout cela; et puisque tel est l'usage des femmes, je veux, nbol, me fiiirè un plaisir de ee dont les autres se font un chagrin.
STRÈNE.
Et ^csi^e belle, cette dame ?
HANRIQUE.
Mon Dieu! non; elle est si malpropre!
SYAÀNE, à part.
Le misérable I (Haut,) A-t-el|e de l'esprit au moins ?
HANRIQUE.
Mon Dieu I non ; elle est si sotte |
SYRÈNE, à part.
L'in£&me! {Haut,) Estrce qu'au moins elle n'a pas de beaux yeux*
MANRIQtJE.
Mon Dieu I non ; quand elle pleure, au lieu de larmes il en sort
STRÀNB, à part.
Oh! le mopstrel {Haut.) Pour vous prouver que je suis toute dispoiée à vous aimer à votre gré, je ne vous demande que ce ruban.
IfAimiQUB.
Bien volontiers; le voilà.
Il lui donne le raban.
Ah I seigneur! hélas 1...
Qa'avez-vQus?
STRÈNS.
Cest mon mari qui vient!... Éloignez-vous au plus t^t 1 Mon mari est un Niable ! Tournez vite cette rue. Tandis qu'il passera je vous at|enari^ 44ns cette maison.
HANRIQUE.
Vous ne pouviez choisir un meilleur asile : j'y demeure et je reviens vous y chercher*
Manriqne s'en fait. Syrène entre dan* la maifbn.