‹ Théâtre de CalderonChapitre 68 sur 96 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

' Une lalle de l*AlhiAibn.

Entrent DON JUAN DE MENDOCÈ et 6ARCÊS.

MBNDOCK.

T^ colère a toujours tort.

GARCÈS.

Tous éted bien bon de vous justifier I vous avez très-biéki hit de lui mettre la main dessus. 11 serait plaisant qu'un nouveau chrétien, parce qu'il aurait des cheveux blants, ^eus^tv^Vic^Vc^^YspoK^T à un GonpaJèér je JKTefldoce/

MVNDOCK.

IL 7 a beaucoup d'hommes qu'une certaine fortune remplit d'o gueil, d'arrogance et de présomption.

GARCfts.

C'est pour ces hommes-là que le connétable don Inifo, dans oi préToyance admirable, portait toujours deux épées, l'une à sa eei ' ture, Tautre en guise de canne. Et comme on lui demandait un jo pourquoi ces deux épées : « Cest que, dit-il, il m'en faut une po ceux qui la ceignent également; et celle qui me sert debAton( pour châtier un malotru insolent. »

MRNDOCB.

Il montrait ainsi qu'un cavalier doit avoir deux sortes d'am pour deux sortes de querelles. Cependant moi, au milieu de teu mes affaires, je n'ai d'armes d'aucune espèce. Prète-moi ton ép afin qu'à tout événement je ne me trouve point dépourvu, même prison.

GARciES.

La voici. Je me réjouis de me trouver auprès de vous en un n ment où je puisse vous servir si vous avez des ennemis.

MENOOCB.

Dans quel état. Garces, reviens-tu de Lépante^T

GARcàs.

Comme un soldat fier du bonheur d'avoir, dans cette journée mortelle, combattu sous les ordres du rejeton de cet aigle d qui dans son vol sublime couvrait de ses ailes le monde entier

MENDOCB

Où en est le seigneur don Juan d'Autriche?

GARCftS

Satisfait du résultat de l'entreprise.

MKXDOCB.

Cette victoire est-elle en réalité aussi glorieuse qu'on le prête

GARCÀS.

Veuillez me prêter votre attention. Déjà la sainte ligue..»

MRNDOCB.

Arrête. Je vois entrer une femme voilée.

GARCÈS.

Je joue de malheur. J'avais le plus beau jeu pour placer mqp toire, et voilà qu'il retourne d'une figure qui me fera perdn partie.

Entre DOfÏA ISABELLE, voilée.

ISABELLE

Seigneur don Juan de Mendoce, permette! qu'une femme qui

' Il y a ici on anaehroninne que Calderon a reprodnit plnsieurs Toit dans le i de foo drame. Voyez U notice qui prëeède la pièee. ' Don Juan d'Autriche, le ^alnquewr &e L4v%tite^<UU^oomne on sait, 61t natur Charles'QuittU

JOUHNËE I, SCÈNE III. M»

Mt MTofr de vos nouYelles vienne vous demander à yont-méiM comment toos vous trouYei en prison.

MBNDOCB.

Trèi-volontiers. — Laisse-nous, Gareès.

GARCfts.

Cependant, seigneur, si c'était par hasard...

MBNDOCB. !

V^i ne crains rien ; j'ai reeonnu la voix.

6ARCÈS.

Alors je me retire.

Ilsori.

MENDOCB.

Adieu.— Mes yeux et mes oreilles, charmante dame, me tiennent diD8 un doute égal. Si j'en crois mes yeux , vous ne paraissez pat ttqae vous êtes; si j'en crois mes oreilles, vous n'êtes pas ce que TOUS paraissez. Veuillez, madame, détourner le léger voile qui coDTre Yotre visage, et une fois que cette espèce de nuage ne vous dérobera plus a mes yeux, je pourrai dire qu'aujourd'hui j'ai vu le loleil se lever deux fois.

ISABBLLB.

Pour que vous n'alliez point , seigneur don Juan , vous égarer dns de vaines suppositions, je me hète de me découvrir. Il en coûterait trop à ma jalousie si vous pensiez devoir cette attention à une autre. Maintenant regardez.

Bile M d^orre.

MENDOCB.

Quoi! c'est vous, Isabelle ?— Vous chez moil vous dehors dans ce eostamel... Vous avez daigné venir?... Je ne pourrais sans prélomption croire à un tel bonheur, et j'étais forcé d'en douter.

ISABELLB.

Depuis que j'ai appris ce qui s'était passé et votre arrestation, mon amour ne m'a pas accordé un moment de repos; et profitant de l'absence de mon frère, don Alvar Tuzani, je suis venue avec une leole femme que j'ai laissée ici à la porte. J'espère, don Juan, que TOUS ne douterez point de mon amour.

MENDOCB.

Non, adorable Isabelle, et en recevant une telle faveur, loin de ne plaindre de mes disgrâces, je m'en réjouis ; car je dois à ces dis' grâces mêmes...

Entre INÈS.

mis.

Ah! madame!

UABBLLI.

(^'e^trte donc, Inès?

mis.

Do^'i Aivar, mon mattre, vient d'entrer.

ISABELLE

M'aurait-il reconnue malgré mon dëipiisement?

MSNDOCS.

Encore une ayenture I

JSABBLLB.

S'il m'a suiYie, je suû perdue I

MBNDOCB.

Que craignez-Yous? n'ètes-vous pas près de m<â? Entrez là éiàns cette salle, et fermez la porte. S'il vient vous y chercher, soyez sûfe qu'il n'y pénétrera qu'après m'avoir donné mille pnorts.

ISABELLE

En quel péril je me trouve!*.. ciell protégez-moi , secourez-

moil

BUe iTenfenae avee Inès.

Entre DON ALYAR.

DON ALYAR. «

Seigneur don Juan de Mendoce, je voudrais vous parler en particulier.

MENDOCB.

Je suis seul.

ISABELLE, à part.

Comme il est pâle l

DON ALYAR.

Je puis donc fermer cette porte?

MENDOCB.

Gomme vous voudrez. (Â part,) L'affaire s'engage bien.

DON ALYAR.

Maintenant veuillez, je vous prie, m'ëcouter avec attenUon* J'«i appris tout-à-l'heure qu'on devait venir ici vous parler»

MENDOCB.

Il est vrai.

DON ALYAR.

Dans cette prison même.

MENDOCB.

L'on ne vous a pas trompé.

DON ALYAR.

Cette démarche est pour moi aussi pénible qu'offensante

ISABELLE, à part.

Peut^il parler plus clairement?

MENDOCB, à part. 11 sait tout.

DON ALYAR.

Aussi ai-je voulu précéder ici ces personnes, qui voulait tHDCM* un accommodement auquel ie ne saurais acquiescer, puisqu'il rah contre mon honneu*'

KWftMÉE I, SCaKNB m.

lo ne Too» compiiDdi pas.

DOIT AKflA.

^ \tii Bi'axpliquer phu ctaironieBl.

ISABBLLB, à part.

le vwpirei ce i&'eft pa§ moi qu'il cbelrhe.

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