‹ Théâtre de CalderonChapitre 79 sur 96 · JOURNÉE UL SC&NK T · texte numérisé non relu

JOURNÉE UL SC&NK T

Arrivé detaiil Beija, j'ai Ciit sonner on afypel de ttompaUfli. À et lignai un drapeau blanc a été déployé; l'on m'a donné on mi^ conduit, et j'ai été mené devant le trône d'Aben-Homéja, je diraia mieux son ciel, puisque la diarmante Isabelle Tuiani, aujourd'hui reine sous le nom de Udora, j était assise arec lut {A part.) Cruel amour ! pourquoi donc avoir réveillé dans mon cœur des flammes que je croyais éteintes? {Haut,) Suiraot l'usage de sa nation, il m'a fait asseoir sur un carreau, et fait rendre tous les hun^ieurs qu'un ambassadeur peut obtenir d'un roi. Je bw suis acquitté de ma mission. A peine le bruit s'estril répandu dans la rille que votre altesse accordait un pardon général, que le peuple s'est précipité dans les mes et les places en donnant mille signes d'allégresse. Mais Aben- Huméya, plein d'un invincible orgueil, et, en outrc^'fiirieux de voir le contentement avec lequel la nouvelle d'un pardon général avait été reçue par le peuple, m'a donné cette réponse : « Je suis roi de l'Alpujarra. Si cet état est petit pour mon courage, bientôt j'aurai l'Espagne entière à mes pieds Si tu ne veux pas voir don Juan périr dans nos montagnes, conseille-lui d'abandonner son entreprise ; et s'il est parmi nous quelque lâche qui veuille accepter l'amnistie que tu annonces, tu peux l'emmener a\ec toi pour servir Philippe : ce ne sera qu'un ennemi de plus, et la victoire n'en sera pas plus diffîdie. » Sur ce, il m'a congédié; et j'ai quitté l'Alpujarra en y laissant le peuple partagé en deux factions , dont l'une a pour cri de ralliement: cr Espagne! » tandis que les autres invoquent le nom de l'AiHque ; de sorte que désormais la guerre la plus redoutable pour eux, la guerre civile est dans leurs murs.

DOX JUAN.

Jamais un usurpateur ne peut avoir plus de forée et de durée ; car les premiers qui l'ont aidé à parvenir au trône sont les premiers qui l'abandonnent , quelquefois baigné dans son sang. Et puisque tel est aujourd'hui l'état de l'Alpujarra, que l'on marche sur Berja avant que ses habitans se soient entre-déchirés les uns les autres. Ne leur laissons pas le temps de se détruire eux-mêmes, afin que la gloire du succès soit à nous tout entière.

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