‹ Théâtre de CalderonChapitre 91 sur 96 · DEUXIÈME VILLAGEOIS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME VILLAGEOIS

Oui, il aura été mangé par quelque loup.

ANTONA.

Hélas I il n'y a pas à en douter... mon pauvre Benito était si appétissant! Mais dire qu'il a été la proie d'une bétel... n'est-ce pas bien triste^?

Elle sort aT6C les Tillageois.

■ Id, an liea de dire Federico de Sieiha, Benito dit fra^U rieo de Cteinaf ce qai signifie, moine riche. de Salaison.

* Il 7 a dans ce passage une plaisanterie qu'il nonta été impossible de repradnire. Les Yillageoit disent qu'une bêle féroce ^una f«cra\ % tB»Q%i'%«a\\A, lc&\n«».%9^\>9s^ ^!^ mot fiên epfend le mol /to, cjui signifie (aida

3flO LE GEOLIER DE SOi-MÊME.

Entrent HÉLÈNE eC FRÉDâRIG.

Comment fëtionnittratje jamais ùné i>ienVéiUiui6$ ({ai în'ck si glorieuse?

Vous mériteriez daTantage encore.

FRÉoéuc. . .

Noo, madame, je ne fuis pas même digM :de liaiser l'empi^iii^ de vos pas... Que suls-je pour tant de bouté?..* Jd n'^i plpi dipo^" mais à me plaindre du sort. Lorsque j'émis seul 4im« «ii hi^'^ j'accusais ma destinée, et je Tois maintenant qu^^m^i .de^tistf^ est la plus bette qu'uq mortel ait jamais ^e. Béni.soiti (ç ct^^ pour m'avoir envoyé des malheurs qui feraient envie aux plus heu"^ reui !

H^LfeNB, à part.

On dirait, à l'entendre, qu'il connaît ma folie et qu'U la partage«>^ Mais jusqu'À ce qu'il se déclare tout-à-fait, à mon cœur! dis^^ simulons. (Haut.) Â vous entendre exprimer tant de reconnais^^ sauce, on croirait. Espagnol, qtië je vous ai rendu maître du ciel etde la terré, le vous al tiffit^léiiient nomtné gOftvérneur du di&tëau, et il n'y a pas là de quoi exciter si fort totre gratitude.

FRéblÊRIC.

Je ne sais comment traiter avec vous, madame, et le suis dans une mortelle incertitude. Souvent, lorsque je vous remercie avec discrétion et froidement, voîis paraissez me soupçonner d'être ingrat; d'autres fois, lorsque je veux vous exprimer la recohhaissahce que j'éprouve, vous ayez l'air d'en être offensée. £n vérité, je ne vous comprends pas. Sans doute, madame, le monde étant peuple â'ingrats, on est tout surpris de trouver de la reconnaissance conime de quelque chose de nouveau et d'étrange. Eb bien 1 désormais, si cela peut vous faire plaisir, je ne vous parlerai plus de la mienne.

HÉLÈNE

Non pas! je ne dis pas cela.

Comment donc dois-je me conduire?

HÉLàNB.

Eh bien ! je voudrais des sentimens qui ne fussent ni de la reconnaissance ni de Tingratitude. Je voudrais je ne sais quoi également éloigné des deux extrêmes.

En vérité, je ne vous comprends pas.

En vérité, je ne me comprends pas raov-i

JOCRNÉE n» SCÈNE H. 3if

Entre LE CAPITAINE.

US GAPlTAIiak

e mets à tos pieds, madame. a-t-O, capitaine f

LB CAPITAINE

os apporte ane nouvelle dont tous serez conUnte. Qn sait on sait quel est celui qui a tué don Pèdre Sforze.

FaiD^Ric, à porf • (! je suis perdu I y

héiInb.

rous renouvelez ma douleur... Eh bien! parlei; qui eft le qui est le barbare ?

LB CAPITAINI.

le prince Frédéric de Sicile.

FR^D^Ric, à part, ie connaît sans doute. — Que faire ?

LE CAPITAINE

nit toujours par découvrir la vérité.

méDéRic, à part.

•il prendre la fuite ou me préparer à me défendre?

LE CAPITAINE

otre altesse a-trelle nommé pour gouverneur de ce château^

FRÉDÉRIC, à part, •rt en est jeté. {Haut,) Eh bien I c'est moi , oui , c'est moi î je n'ai renié mon nom. Et puisque vous me connaissez, que vous de moiT

LE CAPITAINE

udrais vous parler seul à seul.

FRÉDÉRIC

pouvez parler ici. J'ai mon épée, et je suis prêt à vous ré-

LB CAPITAINE

! épée?... Pour qui? contre qui?

FRÉDÉRIC

siez-vous pas, capitaine, que vous veniez chercher le goudu château, et que le prince Frédéric est connu? Eh bien ! le vous cherchez est devant vos yeux.

LE CAPITAINE

vous réponds pas, parce que je ne puis vous comprendre, quoi vous troubler ainsi ?

FRÉDÉRIC

tes-Tous pat que vous me chercbei T

LE CAPITAIlfE*

seigneur, Je reu ^oiii remeUie

)1d LE GEOLIER DE SOI-MÊME.

Non, non, plntdt mourir mille fols.

Li CAPITAINE, à part.

Quelle conAiiioo I... Cet homme est vraiment singulier! [HanU.) Écoutez-moi, de grâee, et ensuite vous saurez ee que je veux.

FRÉDÉRIC

Parlez donc.

LE CAPrrAINB. ^

Eh bien ! j'ai arrêté dans la forêt le prince Frédéric, je vous l'aimène prisonnier, et je vais le confier k votre garde.

Fort bien !... Cest que, seigneur, comme je vous ai vu arriver dans une certaine agitation et demandant après moi, je ne savaii ce que vous pouviez me vouloir, et cela m'a ému.

HÉLÈNE

Qu'ai-je entendu?... Frédéric est pris!

LE CAPITAINE

Oui, madame; et le roi vous Tenvoie pour que vous le gardiex. On l'amène dans un carrosse fermé, afin que personne ne le voie; car le peuple, qui admire son courage, pourrait se portera quelque mouvement. — Suivez-moi donc, je vous prie, seigneur gouverneur; je vais vous le remettre, et vous vous engagerez sous serment à ne pas le laisser échapper.

FRÉDÉRIC

Ce serment, je puis le prêter ici même. Je jure sur l'honneur, je donne ma parole inviolable que je garderai le prince Frédéric avec le même soin, le même zèle, la même attention avec laquelle je me garde moi-même. Son salut est pour moi d'une telle importance, que, s'il m'est permis d'employer cette expression, je veux courir même fortune avec lui. Je vous promets donc, vive Dieu! que je ne le perdrai pas de vue un seul instant.

LE CAPITAINE

Je reçois votre serment. Maintenant, venez; hàtons-nous, afin, comme je vous l'ai dit, que personne ne le voie. Vous seule, madame, pouvez venir le voir; et votre regard seul sera l'arrêt du coupable.

HÉLÈNE

Oui, si le ressentiment qui remplit mon cœur pouvait passer dani , mes yeux et dans mon langage, j'irais le voir, j'irais lui parler, — parce que d'un regard je confondrais le traître, et d'un mot je le tuerais. Mais je n'y veux pas aller. Espagnol, c'est à vous que je confie cet homme; je compte sur votre loyauté; je remets en vos mains ma vengeance et mon honneur.

Soyez tranquille, madame, \t \e |^Rt^Qca\ tomasA m^VisAn&fo,

LE CAPITAINE

Venei.

FRi^DiiRic , à part.

Quelle fituatlon délicate I... Je plais k la même personne que j*ai offensée, et, de plus, je vais être le geôlier de moi-même I

FnUérie et le Capitaine aortent.

î Entrent LINFANTE et SÉRAPHINS.

l'infante.

î Vous ne tous attendiei pas, Hélène, à cette visite?

* HiLÈNB.

Non, belle princesse; et votre présence en ce lieu me comble de joie et d'honneur^ — Oh dooe allei-vous ainsi?

l'infante.

Eb faisant ce voyage Je n'avais qu'un seul but ; je voulais vous voir.

H^LàNE.

Je ne pourrai jamais reconnaître tant de bonté.

l'infante.

On dit que votre château est si agréablement situé, que le séjour en doit être eicellent pour la mélancolie ; et voilà pourquoi on m'y envoie; car je suis bien triste. Vous verrez si j'en ai sujet, ma cousine, quand je vous dirai mes ennuis.

BÉLftNB.

léserai trop flattée. Seraient-ce par hasard des chagrins d'amour?

l'infante.

Oui, l'amour y flit pour quelque chose.

Hl^NE.

Et à présent?

l'infante.

À prient je ne sais plus à quoi les attribuer. Ils tiennent à des causes diverses. — Vous les devinerez à ma douleur.

HÉLÈNE

Déclarez-vous, je vous prie. Moi de mon cêté je vous confierai un amour qui est tout l'opposé du vôtre ; car si le vôtre a été et n'est plus, le mien, comme vous verrez, n'est pas encore et sera bientôt. — Btais asseyez-vous sur ce gazon. Ces arbres vous protégeront contre les rayons du soleil, et ces fleurs vous seront comme un tapis parfumé. — Vraiment ce lieu-ci est on ne peut plus propice aux véciu é'amour.

l'infante.

NoD pas encore ; plus tard. — {A part,) Gonunençons. {Haut,) rai un service à vous demander.

HÉLÈNE

leMttis eatàèremetkt k votre diai)08ition.

L'rafAim.

J'épronTe le plu fif dédr de TOir le prinoe que Fcm a amené pii* sonnier.

Estrce qae jm$ vm iMioiii de moB eD^fffniie mipf çflaf— tuai qui TOUS écei, voiu ayei toiil droit icL

Je défire le TOir pour dee inotifi que Tout sanrei plus tard.

Asseï, ne m'en dites pu dayantage. 8f- telle estTOtre Tolonté, j'ordonnerai qu'on laisse ouTerte la pbî^du diàteau, et qu'on laioe entrer la première personne qui se préMtéi^. '

Afin qu'on ne se doute de rien, je ¥als parcourir la forêt et chasser jusqu'à la nuit. t)e là bdrtè on croira qûeçTa ëtë là le motif de nioB voyage. — Ah ! ma cousine, déjà près de tous mes chagrins ont disparu, et mes larmes se sont arrêtées. Je tous dois la yie. Adieu.

niftiort.

Dieu me sott en aide I... Pourquoi donc me ftit-elle de si tifoiimereleBienst... Mais }'aufai bientôt pénétré ce mysfàn.

Entre FBÉDâRIC FRÉDÉRIC.

Madame, |e prince est enfermé dans la tour.

Écoutai. J*ai deux mots importans à tous dire, et j'attends de TOUS un serrice.

FRÉDÉRIC

Parlez, madame; quoi que ce soit, tous êtes obéie.

HÉLÈNE

Sous prétexte de chasser dans la forêt, l'inlhnte Marguerite est Tenue, et elle désire aToIr un moment d'entretien avec le prince. Il y a là-dessous quelque amour, j'imagine, et je youdrais m'en assu-i rer. C'est une folle curiosité ; mais enfin je suis fenune... Eh bien !e Toici ce que je vous demande : c'est que vous tous placiez en uni lieu d'où TOUS puissiez tout entendre, et» ne l'aubUez pas , — vo^f me rapporterez leurs paroles mêmes.

FRÉDÉRIG*

J'y fierai tous mes efforts.

HÉLÈNB.

je veux savoir d'où viennent ses relations aTce un traître, et si, du moins, l'amour la justifie. — Il y Ta de ma vie et de mon konneaïr.

BReiort. ^ÉDÉRIG.

Oaelle situation est la mienne t... Quelles sont done^ ddell toulsi

JOURNÉE n. SCÈNE IL SIS

ces étranges ayenturef 7 II est des momeos oè il me semble que ce sont autant de rères. — Mats qui croira qu'il se soit trouvé une femme aussi constante que la princesse Marguerite ? N'est-ce pas à tort que l'on accuse les femmes d'inconstance?... Médisans yains et légers, dont la langue maudite parie mai 4es femmes. Tenez, Tenez ici, soyez témoin d'un tel amour!... Pour moi, je suis curieux de Toir jusqu'où va le déTOuement d'une tendresse si noble et si généreuse. £ile pense que je suis le prisonnier; il frat donc qu'elle me trouve dans la prison. Faisons cette épreuTe, ei voyons quel est son projet. — Voici la tour. {Appelant.) RobertoT

Sotre ROBERTO.

aoBKETO.

Ah ! aeigneur, est-il possible enfin que je TOOf voie» que je tous parle?

FRÉDÉRIC

Oui, la fortune Ta permis. — Que faisais-tu là?

&OBBRTO.

J'étais là avec ce grossier animal que Ton a renfermé dans la tour en votre lieu et place. Jamais je n'ai rien vu de plus slupide. 11 dit que tout ce qu'il voit ce sont des rêves.

FRioÉRlC.

Et il n'a pas tort.

ROBBIITO.

Et en même temps il se figure qu'il est un prince, liii îin inîUî^t» un rustre 1

Qu'importe, Roberto? qu'importe ce qu'il est effectivement, pour qu'il ait de la vanité de ce qu'il croit être? Pour les hommes, les honneurs, les grandeurs ne consistent pas dans la réalité du titre, mais dans l'opinion des autres.

ROBERTO

C'est qu'encore il s'avise de me commander ! Fort bien ; je lui obéirai tant que nous serons devant dû mofade; mais une fois ùous deux seuls, c'est moi qui commanderai à mon tour!

FllÉDÉAlC.

Laissons là ces folies.

ROBBRTO.

Oh I quand nous serons seuls, je pirendrai ma revanche.

FRÉOÉaiC.

Qilë fiiit-il*en ce moment?

ROBBRTO.

., Il rqiille comme quatre. Il voulait se ft>Ujciiér| Ut si riche at si élégant i il a été laiBi d*UR« s'm auM i donair par terre.

FR^DliRIC.

Et pourquoi donc oe lui as-tu pas dit qu'il se couchât dans le litr

ROBERTO

J'ai fait mieux.

Comment?

ROBBRTO.

Je m*y suis couché moi-même.

FRÉDÉRIC

Puisque cet homme me donne par son sommeil l'occasion que je désire, maintenant, Roberto, écoute. L'infante Marguerite va venir au château à mon intention. Elle s'imagine que c'est moi qui suis le prisonnier, et je tiens à ne pas la détromper en ce moment. Nous verrons ce que cela va devenir, et plus tard je me découvrirai, s'il le faut. — N'a-t-on pas frappé?

ROBERTO

Oui.

FRÉDÉRIC

Eh bien! va ouvrir^.

Frédërie t'aMied daM «n faatmiil.

Entre L*INFANTE.

ROBERTO

Qvi demandéi-voiis, madame?

l'infante.

La princesse Hélène m'a permis d entrer.

ROBERTO

Le gouverneur m'a ordonné, en effet, de laisser entrer la personne qui se présenterait au nom de la princesse.

l'infante.

Quoil c'est toi, Roberto?

• ROBERTO

Quoi ! c'est vous, madame? — Et comment votre altesse a-l-ella osé pénétrer jusqu'ici ?

l'infante.

Je suis entraînée par des sentimens plus forts que moi. — Et ton maître?

ROBERTO

Le voilà assis, et il se tient toujours de même dans ce coin; jamais on n'a vu pareille tristesse. Aussi je crains qu'il ne meure de

' Nauê étionê tout à Thenre daot le parc, et toot-à-eoap nous voilà tran^ortés diM tialériear da cbéteau. Comme Vréddnc eV tk.oVtexVotiîotiV'^M^uUië le thëâtre, il oona e»t impotêible d'indiqner un chanf^emeuX à^« «cÀt^e.'VLvA «&^^\«\«eutMa n|tvw<^

JOORNËE 11, SCENE II. M?

néUDeoUe, à moins qa\ue aussi aimable Tisite ne lui mette» eommi de raiera, k joie au eœur.

l'uvfantb.

FiMérie!

Quelle est cette douée Toix qui m'appelle et qui charme tout mon être?— Mais que vois-je? est-ce mon imagination qui m'abuse? Sans doute ma fin s'approche, et l'heure de ma mort est venue, puisque je Tois dans l'air ces images confuses, fugitives réalisations ^e ma pensée!... Peut-être aussi estp-ce quelque astre charmant détaché du ciel qui est venu illuminer de son éclat les ténèbres de ma prison I Mais enfin , que ce soit un astre divin ou une trompeuse image, jamais la vue d'aucun objet ne fut plus douce à mes yeux, plus douce À mon cœur; et s'il devait être l'annonce certaine de ma morty je serais encore heureux de le voir.

l'infantk.

Frédéric, ce n'est pas une vaine apparence que tu Tois devant tes jeux; et alors même que ce ne serait que mon ombre , par cela seul qu'elle serait à moi, elle ne le tromperait pas.— Je suis l'infante Marguerite ; ne me sache aucun gré de ma démarche, car les femmes de mon rang, les femmes qui me ressemblent n'aiment pas une fois pour oublier ensuite. Avant de t'aimer, j'aurais pu considérer les inconvéniens, les dangers, les périls; mais à présent que je t'ai engagé ma foi, je ne resterai pas en arrière, et je te suivrai jusqu'à la mort. Je sais que tu as perdu ton cheval, je sais que Ton t'a trouvé parmi les rochers, je sais enfin que tu es prisonnier. De ton côté, tu sauras que mon père médite une vengeance, et que ta vie est menacée. Mais non, je m'exprime mal, c'est la mienne que l'on menace... Toi, si tu veux, tu es sauvé; par mon ordre un cheval est à la porte, qui t'attend ; dans l'arçon de la selle tu trouveras, avec les armes nécessaires, une bourse remplie de joyaux. Sors donc au plus tôt de cette forteresse. Moi je demeure résolue à souffrir seule, et je serai heureuse étant assurée que tu n'as rien à craindre.

FRÉDÉRIC

Marguerite, ce n'est pas moi qui pourrai plus long-temps vous celer la vérité lorsque vous me pariez avec cette noble franchise. Je ne suis point prisonnier, je suis libre ; et afin que vous sachiez l'aventure la plus curieuse que l'on ait jamais vue dans les comédies espagnoles', apprenez que l'on vous trompe. Mon cheval est tombé, il est vrai, du haut de ces rochers; mats j'ai dépouillé mon armure afin qu'elle ne me trahit point ; je suis arrivé a Miraflor, où dona Hélène elle-même me protège; quelque passant aura pris met armes; les soldats, trompés par cette vue, l'auront sans doute ar-

' Mot à mot : Et aGo qae rouM Mchiei raveiilure U ^\\\% cumvitA <\^« V«i9^\V«^ plegf trtoe et met •gt^blemeoi en «ctioo 4»iift \ei omoM^m «t«|AoV«^ tM^^ «M^.

Si# LE OEOUER J>K SOI-MÊME.

fêlé; «i «Dfin dofia HAène «'ayant nomai^rg^tiniaiir 4^ .M cMr taaa, on m'a confié la garde de cet homme qpie l'en oroit é^ F^ dérie. Voilà la yérité. Et ti déionnaif je poli tous voir et tooi parier librement tous lei jours, eonmient iroulei-TOui «lœ j^ wv aiseï lâche pour m'éloigner? Youi parlai de pérUi ; mais pour in tmant le péril le plus grand, le plus grand de tonalei main» n'eike purabeenee?

l'infanti.

Un Jonroa l'antie on flairait par tont déeoofilr, el aloii je n* doute la Tengeanee de mon père.

noanTO.

n 7 aotail on moyen de fortir d'emhaftai.

L'nrAHTi.

Elleqnaif

Gonfiei TOtie amour à une personne que tons diaigerei dé le din an roi; l'il prend bien la chose et qu'il consepte à rotre mjpriase, alori on pourra tout lui ayouer; que s'il se f&che et yeiit se yengor, eh bien! sa Tengeanee tombera sur un vilain lourdaud^ et moa ■Battre demeurera en sûreté. Ainsi quel que sbît le résultat, fh yorable ou non, pour tous est l'aTantage et lé danger poiir an autre.

L'iNFlim.

Cela est fort bien imaginé.

Ainsi, Toilà qui est conTenu : tous m'aimerez, ou, pour liiieux dire, tous feindrez d'aimer mon représentant en public, et tous donnerez des marques de ce sentiment.

l'infantb.

Oui, et ce sera un bonheur pour moi, et je tous suis reconnaissante de m'y autoriser. C'est un horrible supplice que de cacher ainsi l'amour que Ton éprouTe. Donc j'aimerai en public le prisonnier; mais je l'aimerai parce qu'il portera le nom de Frédéric; autrement ni je ne l'aimerais ni je ne pourrais le feindre.

FRÉDÉJUC.

Ainsi, pour lui?...

Un amour feint.

Pour moi ?•••

Un amour véritable.

FUtniniG.

Voua m'aimerez, dites-^ous ?

/e n'ain^ariu qfM veipa.

L'UirANTI.

FRÉDiaiG*

l'infanti.

JOURNÉE TROISIÈME

JOURNÉE m, SCËNB 1. ê»

long-temps?

L'OffAHTS.

Toujours !

Yous me le promettei?

l'infantb.

Sur ma yie et sur mon àme.

FRÉDÉRIC

Mais pourquoi feindre un autre amour ?

l'infantb.

Pour Yous sauter.

FRl^DÉRIC.

Songez-y, s'il devenait véritable, j'en moumis.

l'infantb.

Vous ne le craignei pas?

FRliOÉRlG.

J'espère que je n'éprouverai pas ce malheur.

l'infantb.

Non I je TOUS aime. Adieu !

FRÉDÉRIC

Adieu 1

l'infantb.

Le de! yous protège I

FRÉDÉRIC

Qu'il Yeille sur tous I

l'infantb.

Je Yais feindre l'amour.

FRÉDÉRIC

Et moi je reste pour me garder.

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