‹ Théatre de Calderon, traduitChapitre 117 sur 156 · CF.LIA · texte numérisé non relu

CF.LIA

Ce ne serait pas grand dommage.

CAMACHO.

C'est que j"ai beaucoup d'honneur, moi aussi.

CELIA

Vous avez raison.

cam.vcho, se couvrant le risage de son mouchoii

Eh bien ! corps de Dieu ! c'est a présent une double mascarade!... Et que le diable vous emporte, amen, si jamais vous vous découvrez!... Et qu'il vous emmène en vous traînant par votre mante dans quelque coin diabolique!... Et puisse votre mante s'allonger de manière que vous soyez courtisée seulement par le géant Garamante!... Et ensuite en enfer puissiez-vous être parée d'une mante de soufre par les furies de Hhadamaute !... dox césar, à f.isarda.

Je suis convaincu, madame, par ce que vous m'avez dit; j'ai eu tort, mille fois tort, de soutenir contre vous une pareille thèse; mais puisqu'il n'y a pas d'amour véritable sans voir, il n'y aura pas d'impolitesse a moi ù ce que j'écarte un peu votre mante.

1 ISARD A

Songez a ce que vous allez faire.

DOX CESAR.

Vous me le pardonnerez; il faut que je vous yoie.

561 DK MAL l.N IMS.

Vous en avez le pouvoir; mais alors vous risquez de ne pas me voir après, une autre fois.

DON CÉSAR

En vuritr, c'esl l'aventure de l'Amour et de Psyché qui en ces lieux se renouvelle, mais au rebours; car autrefois, dit-on, l'Amour se déguisa pour aller voir Psyché , et aujourd'hui c'est Psyché qui se déguise pendant que mon amour se montre à découvert... De grâce, madame, je vous prie, déposez cette mante qui cache à mes yeux vos attraits comme un nuage obscur. Si la beauté est un ciel, à ce qu'on dit communément, souffrez que j'admire, que je contemple le ciel di\in de votre beauté. 0 la plus charmante des déessi - : soulevez ce voile importun qui vous dérobe a mes regards!

USARDA.

Puisque vous employez tant d'esprit à me persuader et que vous me comparez aux déesses, il est bon de vous rappeler qu'on les rente toujours comme entourées de légères vapeurs; et si vous rne pressez, je vous prouverai que je connais mes devoirs de déesse, car je me dissiperai en fumée et ne reviendrai plus.

DON CÉSAR

Ph bien! que vous reveniez ou non, il faut que je vous voie.

LISARDA.

Absolument ?

Absolument.

Voyez-moi donc.

Ah ! madame.

Vous m'avez vue?

DOS CÉSAR

Oui, madame, et mes yeux sont éblouis de tant d'éclat! Je sais maintenant pourquoi vous refusiez a un faible mortel... (// se fait un grand bruit derrière le théâtre.) Mais quel est ce bruit?

J'entends une foule de voix confuses.

Entre FABIO.

DON CESAR

Qu'est-ce donc, Pabio ?

FABIO

Seigneur, fuyez au plus tôt vers la mer... Ce bruit, c'est le gouverneur qui vous vient chercher.

don CÉSAR, à part.

Il aura été averti que-j'étaL» ici.

DON CESAR

lisarda, se découvrant.

DON CÉSAR

I 1- ARDA

DON CESAR

LISARDA.

lisarda, à part.

Mon pères... Que le ciel me protège!... Quand il me parlait ainsi iur l'honneur, ce matin, c'était un avertissement.

DON CÉSAR

Que décider? que faire ?

CAMACHO.

Rendez-vous sans délai à la rivière, et — en avant la rame et le bateau!

Adieu, belle dame.

Quoi! vous partez?

DON CÉSAR

Je ne puis, madame, attendre davantage. Il importe que je fuie un malheur.

LISARDA.

Le mien, seigneur, s'accomplira bientôt si vous vous en allez.

DON CÉSAR

Qu'ordonnez-vous?

LISARDA.

Si vous êtes cavalier, ainsi que tout en vous me l'annonce, n'abandonnez pas ainsi une femme qui risque de perdre la vie et l'honneur parce que seulement elle est venue vous voir... Je suis d'un rang plus élevé que vous ne le pensez... Si vous me laissez ici sans secours, je donnerai au monde par ma mort une éclatanteinstruction... Ce n'est pas vous, c'est moi qu'on cherche... Je suis la fille de... Je n'ai pas la force d'achever... On enfonce la porte... Hélas! hélas!...

don césar, à part.

Il y a du pire! et je n'imaginais pas qu'il y en pût avoir... Je n'ai plus à songer qu'à mourir... La môme faute ne doit pas se commettre deux fois... II ne faut pas que l'on dise de moi que j'abandonne toujours les dames dans le danger. (Haut, à Lis arda.) Madame!... je vous donne ma parole qu'on me tuera ici plutôt que votre vie et votre honneur soient compromis. Entrez donc vous cacher, entrez vite, tandis que je reste a vous garder... Vous n'avez rien à craindre, madame... quand on m'aura trouvé, soyez assurée qu'on ne tous cherchera pas; car c'est moi que l'on cherche. lisard\, fuyant.

Allons, Celia, suis-moi !

CELIA, fuyant.

0 mon Dieu ! madame, mes pantoufles !

Culia pml ses pantoufles ea fuyaût.

ÎHJS CÉSAR.

Ramasse ces pantoufles, O^-eko.

2(ir. de mai. i:\ pis.

c\m lrr.no.

Xous avons fait là de la belle besogne.

tibiMcto ramasse les pantoufles et court *e ;«cher. Enlrc LE GOUVERNEUR, accompagné d'alguazils el de domestique*.

LE GOUVERNEUR

Vètes-vous pas don César des Ursins?

DON CÉSAR

Jamais un cavalier n'a renié son nom.

LE GOUVEKNEUK.

Vous allez vous rendre en prison.

T)0\ CÉSAn.

J'obéis. — Je vous prie seulement de considérer que je suis noble.

LE GOUVEKNEUK.

Je sais qui vous êtes. Vous n'avez pas besoin de quitter votre épée ; vous pouvez remporter, quoique prisonnier. — 11 doit y avoir ici avec vous une dame. Veuillez faire en sorte qu'elle se présente promptement. On conservera les égards qui lui sont dus, mais il faut qu'elle soit arrêtée aussi.

DON CÉSAR

Une dame, dites-vous?

Oui, une dame.

DON CÉSAR

Une dame ici?

LE GOUVERNEUR

11 n'y a pas moyen de me le nier, car je suis bien informé, et je sais qu'elle est ici, ici même avec vous.

DON CÉSAR

Mais, seigneur...

le GOUVERNEUR, aux alguazils.

Cherchez dans la maison.

Plusieurs alguazils entrent dans la maison.

don césar, à part.

Quelle peut être cette femme qui m'a mis dans une telle si(ua-

i N ALGUAZIL rentre, amenant CAMACHQ.

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