NI CF
Elle est sans doute à pleurer dans son lit, car elle passe toutes les nuits à se lamenter et à gémir.
LISARDA.
Ce sont ses larmes qui causent mon inquiétude. Ce cavalier peutêfrs... Et Celia, que fait elle?
1 Todas vuesas mercedes Sean testigos que huvo Un lacayo que se quede.
Outre »e compliment oblige qui termine toutes ses pièces, Çakleron s'adresse souvent au parterre, surtout dans sfcs comédies de cape et d'épée, par l'intermédiaire du grar ctoto. — Cela n'est arrivé, je crois, qu'une seule fois à Molière, dans fAiote.
#vS a* mal en vis.
MCE.
Elie guette en secret à la porte l'arrivée de ce galant.
LISARDA.
Quand il entrera, traitez-moi l'une et l'autre sans cérémonie. V ne veux pas qu'il sache qui je suis. Il faut qu'il pense, en me voyant en ce lieu, que je suis la dame qu'on y a mise en prison, et que c'est à cause de lui que le gouverneur m'a arrêtée.
MCE.
Nous nous conformerons à vos désirs.
LISAKDA.
Ne l'oubliez pas l'une et l'autre.
MCE.
J'er.tends marcher dans le corridor d'un pas craintif.
LISARDA.
Ce sera lui, sans doute.
Entrent CELIA et, derrière elle, DON CÉSAR.
don césar, à part.
Que le silence et les ténèbres de la nuit me soient favorables!
CELIA
Pas de bruit ; ma maîtresse Lisarda n'est pas encore au lit, et le gouverneur couche ici près.
don césar, à part.
Que l'amour me prête ses ailes !
lisarda.
Soyez le bienvenu.
DON' CÉSAR
Yos yeux ont guidé mes pas comme deux lumières resplendissantes.
LISARDA.
Ma chère Celia, placez-vous, je vous prie, à cette porte qui répond à l'appartement de votre maître, et soyez alerte.
N'ayez pas peur.
Elle s'eloiguo.
LISARDA.
Et vous, Nice, mon amie, tenez-vous du côté de la chambre de votre maîtresse.
NICE
Je tremble.
LISARDA .
Que craignez-vous, ma bonne?
NICE
Quand je songe que Lisarda, ma maîtresse, est là, il me prend su cœur un serrement ..
LISARDA.
Vous n'avez rien à redouter en gardant cette porto.
MCE.
Il îe faut bien. Ma maîtresse Lisarda est un démon... Elle serait femme à se porter à mille extrémités si elle apprenait ce qui se passa chez elle.
Elle s'éloigne.
DON CÉSAR
0 madame! combien mon âme soupirait après l'occasion de vous parler. Je vis dans un labyrinthe d'incertitudes où mon esprit sans cesse s'égare... J'ai beau m'ingénier, il m'est impossible de trouver et même d'entrevoir le motif de ma prison.
Cependant vous devriez comprendre aisément que l'on cherebait une femme que vous avez enlevée, et qu'on m'a arrêtée à sa place.
DON CÉSAR
une femme, dites-vous?
LISARDA.
Oui.
DON CÉSAR
Moi, j'ai enlevé une femme?
LISARDA.
Oui.
DON CÉSAR
J'avais avec moi une femme?
LISARDA.
Oui.
DON CÉSAR
Quelque esprit que vous ayez, madame, c'est une mauvaise défaite que vous avez imaginée là pour dissiper mes doutes... Quoi donc ! serais-je un homme assez vil ou assez peu digne d'amour pour ne devoir pas inspirer de jalousie?... et si j'avais eu avec moi une femme que j'aurais enlevée, comme vous dites, aurait-elle donc souffert si aisément que je pusse vous parler et vous voir?... Vous, madame, au contraire, pleine de trouble, vous m'avez donné à entendre qu'il importait que vous ne fussiez pas reconnue, et aussitôt après, vous avez montré une terreur comme je n'en ai jamais vu. Donc vous aviez sujet de vous tenir sur vos gardes; donc l'on ne vous a pas arrêtée pour une autre; donc si l'on vous retient encore prisonnière aujourd'hui que l'on doit être désabusé, je suis (onde a croire que c'est probablement quelque cavalier jaloux qui aura voulu par là se venger.
Quoi donc! vous dirai-je à mon tour, aurais-je eu, moi, un galant si méprisable et si vil qu'il eût été capable de venger aussi bassement son injure?... Je ne suis pas, moi non plus, une femme si peu digue d'amour que je ne puisse inspirer de la jalousie? Croyez-les
290 Dt£ MAL EN IMS.
je suis une dame principale de cette ville, et cela n'a pas empêche
qu'il ne m'arrivàl le malheur dont vous avez été témoin
DON CESAR
Je vous crois, madame, mais je voudrais savoir qui vous êtes.
LIS ARDA
Est-ce de votre part une vive curiosité?
DON CÉSAR
Oui, madame, vous n'en doutez pas.
LISARDA.
Tenez-vous beaucoup à avoir satisfaction sur ce point?
DON CÉSAR
un ne peut davantage.
LISARDA.
Eh bien !... asseyez-vous là.
An moment où don Cc'sar va pour s'asseoir, un mouvement fait parti! ie pint*9*« DON CÉSAR.
Dieu me soit en aide!
Pauvre de moi I
NICE
Je me meurs!
CfiUA,
Je suis perdue!
DON CÉSAK.
Maudit soit le pistolet qui pari tout seul!
LISARDA*
Hélas ! grand Dieu !
CELIA
Ah ! madame!
NICE
Madame!
LE GOUVERNEUR, (lu deflOTê
Qu'est ceci? qui va là?
LISARDA.
je n'ai pas la force de répondre.
MCE.
Ni moi.
CELIA
m moi.
Ah ! seigneur cavalier !
DON CÉSAR
», umment ne pas se désoler d'un malheur causé par le naw*»'
LISARDA.
Regarde un peu, Celia... mon père!
CELIÂ.
A la faible lumière qui est dans sa chambre, il me semble le voir debout qui s'habille.
LISARDA.
Ce sera la fin de ma vie.
DON CÉSAR
Que dois-je faire, madame?
LISARDA.
Sautez par cette fenêtre. — Elle donne sur la cour, et la cour mène au portique. — Puis vous ouvrirez. Mon infortune est telle que j'ai bien plus a craindre que vous ne présumez...
DON CÉSAR
Comment cela?
LISARDA.
Vous le saurez plus tard. Je vous donne ma parole que je vous apprendrai bientôt qui je suis.
don césar , s'approchant de la fenêtre. Au risque de me tuer, madame... Mais c'est pour vous.
Il saute par la fenêtre.
0 ciel ! sauvez-le!
Entre LE GOUVERNEUR.
LE GOUVERNEUR
Qui donc est sorti d'ici tout a l'heure ?
LISARDA.
Personne... seigneur.
LE GOUVERNEUR
Qu'avez-vous ? d'où vient votre trouble?
LISARDA.
C'est ce pistolet dont la détonation m'a effrayée.
Du bruit aa dehors.
LE GOUVERNEUR
Et quel est ce bruit ?
LISARDA.
Moi, seigneur... je ne sais rien.
LE GOUVERNEUR, à part.
Prenons toujours ce flambeau... bien que, si j'ai perdu l honneur, je n'espère pas que ce flambeau me serve à retrouver l'honneur.
li mit t.
LISARDA.
Retirons-nous d'ici.
NICE
Ah 1 madame l
Quelle imprudence!
Sri es rorteat.