CÉSAR
Si l'un de nous ici est offensé par l'autre, c'est moi, don Juan, moi que vous accusez de trahison, de perfidie, moi qui considère l'amitié comme un autel sacré sur lequel je sacrifie en ce moment les ressentimens de mon âme. Je n'ai pas offensé votre honneur. Si j'ai osé pénétrer dans cette maison, c'est qu'il y demeure une dame qui a été arrêtée récemment avec moi; cela devait suffire pour que j'y vinsse la voir quand elle m'appelait. Quant à l'amitié, c'a été par délicatesse que je me suis caché de vous; plein de ménagement pour celle qui devait être votre épouse, je n'ai point voulu vous dire qu'il habitât chez elle une femme à laquelle je rendais des soins. Et pour la confiance, j'en ai en vous une telle, que j'ai eu peur de vous déplaire si je vous avouais seulement mon dessein. Et c'est pourquoi soyez satisfait, car c'est vous qui m'accusez à tort.
DON JUAN
Ces explications ne me suffisent pas ; donnez-moi jusqu'à demain pour vous répondre.
DON CÉSAR
Volontiers. Vous me retrouverez là-bas dans ma prison.
DON JUAN
Veuilles m'y attendre.
DON CÉSAR
Donc à iemain; adieu.
Adieu donc; à demain.
JOURNEE TROISIEME