PREMIER VALET
Il paraît tout surpris et tout triste.
DEUXIÈME VALET. m
Qui ne le serait à sa place?
CLAIRON
Moi.
deuxième valeTj bas, au premier.
Parle-lui donc, à présent.
1 Clarin que rompe el albor No suena mejor. * 29 ,
338 LA vik fcST UN 50N(ÎE.
PRBMlER v v i r.T , à S if! fe mond. Voulez-vous que l'on recommence à chanter?
5IGIS110XD.
Non, e*esl assez.
nnxihir. VALET.
1 mme vous paraissez loul pensif, nous avons voulu vous distraire.
SICISMOM).
Nés chagrins n'onl pas besoin de distraction, et la seule musique que j'aime, c'est la musique militaire.
CL oT.vi.no.
Que votre altesse, monseigneur, me permette de baiser sa main! Je tiens a honneur de lui témoigner ainsi le premier mon obéissance. SIGISttOXD, à part.
x st-ce pas Clotaldo?... Comment donc celui qui me traitait si mal dans nia prison, me paile-t-il avec tant derespect? Que m'est-il donc arrivé de nouveau?
CLOTALDO.
Au milieu du trouble où vous met votre nouvelle position, votre raison doit flotter incertaine : eh bien! je veux, s'il est possible, dissiper tous vos doutes. — Vous saurez donc, seigneur, que vous êtes prime héritier de la couronne de Pologne. Si l'on vous a tenu renfermé si long-temps, ça été pour obéir a un destin fatal qui menace cet empire de toute sorte «le périls pour l'époque où vous prendrez en main le sceptre royal. .Mais on a espéré que, par votre force morale, vous surmonteriez les étoiles, car un homme généreux doit les vaincre; et pendant que vous «lie/ plongé dans un profond sommeil, on vous a tiré de la tour <>ù vous étiez et l'on vous a porté au palais. Notre père et mon roi viendra vous voir, Sigismond, et c'est de lui que vous apprendrez le reste.
S1GISMOM).
Efa quoi! misérable, infâme, traître, qu'ai je encre a apprendre? et maintenant que je sais qui je suis, n'en est-cep mut mon-
trer dès ce moment et ma fierté et mon pouvoir? Comment a vous pu trahir votre pays jusqu'à m'emprisonner, jusqu'à m'enl contre tout droit et toute raison, le rang qui m'était dû?
CLOTALI • In foi luné que je -
S1GISM0XD.
Vous avez manqué à la justice, vous avez abusé le roi, vous m'avez traité avec une rigueur cruelle; et ainsi, la justice, le roi el moi , nous vous condamnons , pour vos crimes , a mourir de mes mains.
ciotvi : -
Seigneur...
JOURNÉE Iï, SCÈNE 1. 339
SIGISMONh.
Que personne ne cherche à m 'arrêter; ce serait une peine inutile. Et, vive Dieu ! si quelqu'un d'cnlre vous se met devant moi, je le jette par la fenêtre.
DEUXIÈME VALUT
Fuyez, Clotaldo!
CLOTALDO.
Hélas! malheureux, pourquoi montrez-vous tant d'orgueil, sans
sivoir que vous êtes au milieu d'un rêve?
Il so t.