‹ Théâtre de campagneChapitre 63 sur 97 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LOUISETTE, seule, appuyée sur un balai, une broase «a pied.

Oufl... Je n'en puis plus! Quelle boîte 1 Quelle baraque... La maison n'est pas tenable, c'est un enfer depuis que Madame a renvoyé Firmin, le valet de chambré. Plus un moment de répit : toujours balayer, cirer, descendre, monter, coudre, repasser ! J'étais si tranquille auparavant! Firmin était... très bon pour moi. Je n'avais presque pas d'ouvrage, il disait que c'était encore trop... et m'aidait. A présent, impossible de trouver même le temps de s'habiller. Ne devrais-je pas, à cette heure, être coiffée, pomponnée, tirée à quatre épingles, tandis que je suis couverte de poussière {Elle s'approche de la glace.) et laide à faire peur ? Je

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maigris à vue d'œil, mes pauvres petites mains s'abîment. On me prendrait pour une cuisinière ! Oh ! Ces maîtres ! Ces danseuses surtout ! Sans les petits profits, comme je rendrais... comme je jetterais mon tablier!... Allons! continuons ! {Elle se remet à travailler.) Faire frotter une femme ! (Elle s'arrête,) C'est indigne de n'avoir pas plus pitié que ça d'une faible créature telle que moi 1 (Elle se remet à V ouvrage.) Dire qu'il existe une société protectrice des animaux... et rien pour les domestiques ! Décidément non! J'en ai assez... j'en ai assez!... (Elle repousse violemment le balai et la brosse; vacarme.)

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