ACTE I, SCÈÎVE I. g
L'autre , dans la musique ayant quelque science ^ Croit de celle du roi mériter l'intendance ^ Celui-ci, d'une énigme ayant trouvé le mot , Se croit un grand génie , et souvent n'est qu'un sot ^ Cet autre, d'un sonnet ayant donné les rimes , Croit tenir un haut rang chez les esprits sublimes i Enfin , pour être fou , j'entends fou confirmé , A l'envi l'un de l'autre on veut être imprimé. As -tu chez le libraire appris quelques nouvelles ?
MERLIjV.
Oui , monsieur.
ORO:VTE
Et de qui?
MERLIN
D'un commis des gabelles, Qui, n'ayant pas trouvé ses profits assez grands , A fait un petit vol de deux cent mille francs. Qui pouri'ait de sa route avoir un sûr mémoire. Aurait pour droit d'avis mille louis pour boire- Voyez.
OnONTE.
Mille louis? C'est un homme perdu!
MERLIN
Plût à Dieu les avoir, et qu'il fût bien pendu!
ORONTE
Cela, qu'est-ce?
MERLIN
Un portrait d'une jeune duchesse Qui se fait distinguer par sa délicatesse : Un pli qtii par hasard est resté dans ses draps, Lvii semble un guet-à-pens pour lui meurtrir les bras. Il n'est point de repas qui pour elle ait des charmes Si l'on met de travers l'écusson de ses armes : Qui lui porte un bouillon trop doux ou trop salé , D'auprès de sa personne est sûr d'être exilé ^ Et même elle refuse , étant fort enrhumée , De prendre un lavement lorsqu'il sent la fumée... Mais, chut I un gentilhomme entre ici.
lo LE merci: RE GALANT.
SCÈÎSE II.