ACTE I, SCÈNE III. i
(^"'elle dAt par vos soins devenir véritable. Loin de vous en bitumer, j'admire votre esprit. De trouver un manteau dans un rideau de 1 t ^ Et j'ai quelque chagrin de voir que cela vienne De votre invention plutôt que de la mienne. Jamais dans ses desseins on n'a mieux réussi ; ^'oiis êtes à la mode , et votre lit aussi. C'est un avantage
MADAME GUILLEMOT
Oui ; mais ce qui me courrouce.
On sait que mon habit est d'une vieille housse : Que ce soit par hasard ou par malignité' , '^^otre indiscret ]Mercure a dit la ve'rité. J'entends à chaque pas la basse bourgeoisie Qui me nomme , en raillant , la housse cramoisie ; Et par tout mon quartier la canaille se plaint Que je prends des couleurs qui font sortir le teint. Il est vrai, le gros rouge est une couleur sombre Qui détache le clair par le secours de l'ombre. Qu'on en ait un manteau sans ornemens dessus , Pour peu que Ton soit blanche , on le paraît bien plus: C'est un fard innocent , sans pommade , ni drogiie ; Et voilà la raison qui l'a tant mis en Vogue.
ORONTï.
Redites-moi , de grâce , un certain mot choisi Qui vous est échappé, pour dire cramoisi.
MADAME GUILLEMOT
Du gros rouge.
OROXTE.
A mon sens, il a beaucoup de grâce. Jamais le mot de gros ne fut mieux à sa place ; 11 charme.
MADAME GUILLEMOT
Il m'est venu sans affectation.
OPvONTE,
Votre esprit est fertile en belle invention. J"ai de votre mérite une idée assez haute Pour me faire un plaisir de réparer ma faute.,
{a Jasmin.) Le nom de madanïe est?
iG LE MERCURE GALANT.
MADAME GUILLEMOT, h JuSinin.
Parlez donc , petit sot.