SCÈNE II
OROIVTE, CÉCILE, LISETTE.
Oui.
LISETTE
( a Cécile. ) Bon !
Il est sorti , madame • avancez.
OROIVTE.
Ah ! madame , Je puis donc à la fin vous parler de ma flamme : Je puis , dans le transport dont je suis animé , ]\Te montrer sans contrainte aux yeux qui m'ont charmé, Mon aimable Cécile î
34 LE IMERCURE GALANT.
CECILE
Eh bien ! mon cher Oronte ?
CROATE
M'aimez-vous toujours?
CÉCILE
Oui, j'en fais l'aveu sans honte.
Si j'ai quelque chagrin dans cet heureux instant , C'est d'abuser mon père , et de lui devoir tant. Prévenu, comme il est, pour l'auteur du Mercure, IS'ous pardonnera-t-il cette douce imposture ? Je crains...
LISETTE
A cela près , hâtez le conjungo.
Tous deux , jeunes , bien faits , vous vivrez à §ogo. Qu'est-ce que votre père après tout pourra dire ? IN'étes-vous pas soumise à tout ce qu'il désire ? Etes-vous obligée à savoir si monsieur Est auteur^véï'itable , ou bien façon d'auteur ? Vous soupçonnera-t-il d'être d'intelligence?
CÉCILE
Oronte là-dessus ne dit pas ce qu'il pense.
ORONTE
Je pensais être aime plus que je ne le suis , ^ladame.
CÉCILE
Je vous aime autant que je le puis :
Vous n'en pouvez douter sans me faire un outrage ; Et comment ferait-on pour aiiper davantage ?
ORONTE
Eh bien î si vous m'aimez , n'appréhendez plus rien : Le reste me regarde , et j'en sortirai bien. Qui n'eût pas accepté, comme je viens de faire, L'inestimable bien que m'offre votre père ? Fallait-il renoncer à vos divins appas , Parce qu'il me croyait ce que je ne suis pas? Et lorsqu'il sera temps que je le désabuse, !N'êtes-vor,s pas , madame , une assez belle excuse ? Reposez-vous sur moi de tout l'événement.
LISETTE
J'entends monter quelqu'un : parlez plus doucement.