‹ Théâtre de CampistronChapitre 136 sur 302 · ACTE III, SCENE IV. Bq · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV. Bq

OROîVTE.

Elle a raison; parlez : que voulez-vous qu'on pense?

M. DE LAMOTTE

Mais je vais l'offenser si je romps le silence : Pour n'en pas venir là je fais ce que je puis. Rendez-moi seulement mes deux mille louis; Et bonjour.

CLAIRE

Pour cela , c'est un antre chapitre :

Je les pre'tends à moi par un assez bon titre ; En m'en faisant un don vous en fîtes mon bien. Mais vidons l'autre affaire et ne confondons rien : Dussiez-vous m' offenser , expliquez-vous.

OROXTE.

Sans doute.

Je saurai de monsieur quel affront il redoute : Il ne sortira point qu'il ne m'ait convaincu.^.

M. DE LAMOTTE

Puisqu'il faut m'expliquer, je crains d'être «ocu.

CLAIRE

Impudent !

OROKTE.

Supprimez ces discours te'me'raires.

M. DE LAMOTTE

Monpre'tendu cousin, chacun sait ses affaires: Pouvez-vous m'emi)ccher d'avoir peur ?

CÉCILE

C'est à toft; Madamoiselle est sage , a de l'honneur.

M. DE LAMOTTE

D'accord.

ORO>TE

Ses manières, son air, sa pudeur naturelle , Ce sont des cautions qui vous répondent d'elle.

M. DE LAMOTTE

Elle a plus de vertus encore que d'appas ; C'est , je crois , dire assez qu'elle n'en manque pas. De quelque autre que moi qu'elle soit la conquête. Des dangers de l'hymen je garantis sa tête ;

4o LE MERCURE GALANT.

INÏais tout ce que j'entends et tout ce que je vois, Pour m'appeler cocu semble prendre une voix. Ecoutez quatre mots, sans aucune incartade, Et traitez-moi de fou si j'ai Tesprit malade. Ce fut jeudi dernier que Tenfer en courroux Du plaisir que j'aurais si j'étais votre e'poux , Déchaîna contre moi tout ce qu'il crut capable De pouvoir me contraindre à me donner au diable. Ce jour-là , que depuis j'ai maudit mille fois , Ayant beaucoup marché sans dessein et sans choix . Je fus me reposer vers les bornes de pierre Qui d'un jaloux voisin ont séparé ma teri'e , Pour rêver à mon aise au moment bienheureux Où l'amour dans vos bras remplirait tous mes vœux. A peine étais-je assis sur une de ces bornes , Que deux gros limaçons me présentent les cornes : Plus je donnai de coups pour les faire rentrer , Plus ils prirent de peine à me les mieux montrer, Et de leur insolence ayant pris quelque ombrage , Je me levai sur l'heure et les tuai de rage , Etant persuadé qu'à moins d'un prompt trépas, Les aflronts à Thonneur ne se réparent pas. Je venais en héros de venger mon injure , Quand par méchanceté, pour confirmer l'augure, Un misérable oiseau pensa me rendre fou A force de crier : Coucou ! coucou ! coucou ! Enragé contre lui , mon fusil sur l'cpaule, J'entre dans la foret et je cherche le drôle , Fortement résolu , pour venger mes soupçons , De lui faire éprouver le sort des limaçons ^ Mais, zeste.' le coquin, de branchage en branchage De son maudit coucou redoubla le ramage 5 Et quatre coups en l'air , loin de l'épouvanter, Lui servirent d'appât pour le faire chanter. Limaçons et coucou , mon âge et votre sexe , Tout rendait à l'envi ma pauvre ame perplexe, Lorsque dans mon chemin , et presque sous mes pas Je trouve un bois de cerf fraîchement mis à bas , Et vois un peu plus loin cette maligne bète

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