‹ Théâtre de CampistronChapitre 192 sur 302 · ACTE II, SCENE VI. io · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI. io

f.SOPE.

Vous clcrmez sans trouble et sans eflVoi , Tant qu'il vous plaît?

PIERHOT.

Mordié , je dors comme je boi :

Tout mon soûl.

ÉSOPE

Vous avez quelques amis sincères ?

PIERROT

Je le sommes tretous, je vivons corama frères : Quand l'un peutsarvir l'autre , il n'y manque jamais; Et si j'avons du bien je le mangeons en paix. Les ft-tes, sous Tormiau , j'allons jouer aux quilles , Ou bien j'ailons sur Tharbe avec les jeunes filles , Et je batifolons tant que dure le jour,

ÉSOPE

Et tu veux acheter une charge à la cour?

Où peux-tu rencontrer une plus douce vie?

Tu manges, bois, et dors quand il t'en pi'end envie :

Et je sais force gens de grande qualité

Qui n'ont pas à la cour la même liberté.

Il n'est poiut là d'ami don t on ne se déûe ;

On n\v boit point de vin que Ton ne falsifie ;

Quelque pressant besoin qu'on ait d'être repu,

On n'y saurait manger sans être interrompu j

Et quand de lassitude en soi-même on sommeille ,

Quelque peine qu'on souffre, ilfaut souvent qu'on veille.

Pre'fère ton repos à tout cet embarras,

Et sois sage du moins comme un de ces deux rats.

Ecoute.

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