ACTE III, SCENE IV. nr
Et pour toutes vertus , par la suite des ans , Il chasse , il boit , il joue et bat des paysans. Ce noble , enseveli dans un fond de province, A charge à sa patrie, inutile à son prince. Sans l'état malheureux où les flatteui's Vont mis , Ferait grâce aux perdreaux , et peur aux ennemis. Par une indignité, qu'on peut nommer atroce , Vous m'avez flatté , moi , jusqu'à louer ma bosse : Il faut être corbeau pour donner là-dedans.
M. DOrCET.
J'ai cru que vous aviez la faiblesse des grands. J'en sais de contrefaits bien plus que vous ne l'êtes , Que je vois applaudir sur leurs tailles bien faites. Vingt petits près d'un grand sont vingt approbateurs.
Ésope.
Moi qui ne flatte point , et qui hait les flatteurs , J'ai , pour vous obliger , un service à vous rendre.
M. DOrCET.
Oh!...
ÉSOPE
Je vous avertis que vous vous ferez pendre.
M. DOUCET
Moi, monsieur?
ÉSOPE
Oui , vous-même , en propre original.
M. DOUCET
J'oblige tout le monde , et ne fais point de mal.
ÉSOPE
Ces blasons frauduleux , ajoutés à des vitres. Contre les droits du roi sont autaut de faux titres j Et l'intervalle est bref de faussaire à pendu.
M. DOUCET
Monsieur , peut-être ailleurs êtes-vous attendu : Je ne vous retiens point, c'est assez que j'obtienne.,.
ÉSOPE
Non, mais vous craignez, tous, que je ne vous r estienne.
M. DOUCET
Si vous saviez, monsieur , jusqu'à quel point je suis...
lao LES FABLES D'ESOPE.
ÉSOPE
Allez , je fais du mal le plus tard que je puis. Retirez-vous.