‹ Théâtre de CampistronChapitre 204 sur 302 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

AMITsTE, ÉSOPE.

AMINTE

Monsieur , vous voyez une mère A qui Ton fait souflrir une douleur amère. Je ne saurais parler , tant je suis hors de moi. De grâce, vengez-moi, mon cher monsieur.

ÉSOPE

De quoi?

Qu'est-ce qu'on vous a fait? expliquez-vous.

AMINTE

Je n'ose.

Ésope.

A-t-on pris votre bien ?

AMI>"TE

« Ce serait peu de chose.

Le bien n'est pas d'un prix à causer ma douleur.

Ésope.

A-t-on furtivement attaque' votre honneur ? Repondez.

AMI^TE

Je ne puis et cela doit suffire.

C'est vous en dire trop , que de n'oser rien dire.

ÉSOPE

J'ai l'esprit un peu dur , pariez-moi sans façon.

AMI-NTE.

Lorsque l'on se marie , à quoi s'amnse-t-on ? Je n'avai-; pour tout fruit de la foi conjugale, Qu'une fille, mais belle à n'avoir point d'égale : Elle était à quinze ans l'objet de mille vœux. Que c'est pour une filîe un âge dangereux ! La mienne , d'un jeune homme eYerdûment aimée , A l'aiîner à son tour s'e'lant accoutumée , Quelques soins qu'on eût pris de la bien élever , A consenti, sans peine , à se faire enlever ,

Page 1