‹ Théâtre de CampistronChapitre 247 sur 302 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Je vous trouve si juste en tout ce que vous faites , ( Vertu sublime et rare en la place où vous êtes ) Que pour vous faire voir quelle foi j'ai pour vous,. Je vous laisse le soin de choisir mon ëpoux. A ce que vous ferez je suis prête à souscrire. Après cette assurance , adieu ; je me retire. Songez à votre fable en faisant un tel choix.

ÉSOPE

Oui , madame ; et de plus à ce que je vous dois.

LAÏs , a Esope.

Comme il s'en faut beaucoup que je sois aussi beue^ Aussi ne suis-je pas si difficile qu'elle : En lui cherchant son fait si vous trouviez le mien , Vous n'obligeriez pas une ingrate.

ÉSOPE

Fort bien, SCÈNE V.

ÉSOPE , PLEXIPE.

PLEXI^E.

Ah! monsieur, que de joie après six mois d'absence

Dans les murs de Sardis cause votre présence !

Chacun, faisant des vœux pour votre heureux retour,

Avec impatience aspirait à ce jour,

Moi qui, de vos vertus adorateur sincère ,

Ne puis trop vous marquer combien je vous re'vère ,

Pour vous en assurer j'ai saisi ce moment.

ÉSOPE

Je suis bien redevable à votre empressement. A quoi dans vos desseins pnis-je vous être utile ?

PLEXIPE.

Que l'on est me'disant dans cette grande ville I Je n'aurais jamais cru qu'on en fût veau là!

ÉSOPE

Comment ! à quel propos me dites-vous cela ■*

PLEXIPE.

Étes-vous assure' qu'aucun ne sous entende ?

ÉSOPE

Que de précautions votre secret demande !

i-G ÉSOPE A LA COUR.

Le bonheur de Crësus lui fait-il des jaloux?

Quelqu'un...

PLEXIPE.

En votre absence on a rae'dit de vous,

ÉSOPE

De moi?

PLEXIPE.

De VOUS. Trois fois j'ai pense vous Tecrire. Ésope.

On peut dire de moi bien du mal sans médire j Je vous rapprends.

PLEXIPE.

Des gens que vous comblez de biens.

Blâment votre conduite en tous leurs entretiens ; Et comme apparemment aucun ne les soupçonne , Ce sont...

ÉSOPE

Gardez-vous bien de me nommer personne.

Peut-être, faible et prompt, chercherais-je un moyen De leur faire du mal quand ils me font du bien : Je ne veux point savoir qui sont ceux qui médisent 5 Mais je veux, si je puis, que leurs plaintes m'instruisent j Qu'ils me rendent service en croyant m'outrager , Et que leur médisance aide à me corriger. Dites-moi sur quels points ils blâmaient ma conduite.

PLEXIPE.

On tenait des discours et sans ordre et sans suite.... Soit qu'on eût de la haine ou qu'on fût en courroux.... Je sais confusément qu'on médisait de vous; Je ne sais rien de plus dont je vous puisse instruire.

ÉSOPE

Si vous ne savez rien , que me venez-vous dire? Pourquoi de mes amis me donner du soupçon ? Croyez-vous ne manquer que de mémoire ?

PLEXIPE.

Eh î non.

Je suis fait comme un autre , et je ne puis comprendre Ce qui me peut manquer.

Ésope.

Je m'en vais vous l'apprendi^

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