‹ Théâtre de Clara Gazul: comédienne espagnole, suivi de La Jacquerie et de LaChapitre 12 sur 157 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

I«e bord dé la mer.

DON JUAN, WALLIS, matelots dans le fond occupés à préparer une barque ; UNE SENTINELLE se promène devant Taubei^ge. U fait nuit.

wALLis. Voyez ! le sloop s'est rapproché pom* nous, p élève un fanal à la hune.

DON JUAN. Je vois comme un ver luisant, à une lieue de nous.

wALLis. Vou3 n'avez pas encore l'œil d'un marin. Allé?» ils sont plus près de nous que vous ne pensez. Dans une heure je vous débarquerai ici, et tout sera fait. — Enfants, vos rames sont-elles bien entortillées de linge ?

UN MATELOT. Tout à l'heuro, lieutenant; elles ne feront pas plus de bniit que la patte d'un canard.

WALLIS. Quand nous passerons devant le môle et la batterie, couchez-vous sur vos rames, et, si l'on nous hèle^ que personne ne réponde.

DON JUAN. Sovez sans inquiétude. Toutes les nuits des

contrebandiers passent devant les forts de la côte sans qu'on s'en aperçoive.

Une fenêtre s'ouvre, madame de Coulanges paraît au balcon de rauberc^tt DON JUAN. Ah !

WALus bas. Quelqu'un nous observe. Au large ! DON JUAN bas. Ne Craignez rien. Qui nous reconnaîtrait? (a la sentinelle.) Tu seras encore de faction quand je reviendrai?

LA SENTINELLE. Oui^ mOU COloUCl.

MADAME DE COULANGES chantant, sans les voir, d Mëds je SUIS

Maui'e, et vous êtes chrétien. »

DON JUAN bas. Au diable le refrain !

WALLis bas aux matelots. Dépêchez-vous, au nom du diable ! il ne fait pas bon ici.

MADAME DE COULANGES. La fraîchcur du soir ne peut éteindre le feu qui me brûle. (Apercevant don Juan.) Ah ! qui sont ces hommes ?

WALLis. Colonel ! million de tonnerres ! que faites-vous sous ce balcon, planté comme une perche? Par le ciel ! voici venir quelqu'un de ce côté, on peut nous couper la retraite. Ne dites mot.

Madame de Tourville entre avec une femme de chambre. MADAME DE COULANGES bas à don Juan. ËloigneZ-VOUS, qui que vous soyez ! EUe rentre.

MADAME DE TOURVILLE. Ah ! mon Dicu ! des hommes de mauvaise mine devant Thôtel!... Heureusement voici la sentinelle pour nous protéger... et ma ûlle qui était au

balcon. Elle s'avance vers la barque.

WALLIS. Halte-là ! nous sommes des contrebandiers. Ne nous perdez pas, et vous aurez du tabac pour rien.

MADAME DE TOURVILLE s'approchant toujours. En amiCZ-VOUS^

messieurs ? je voudrais en acheter.

WALLIS. On vous en portera. Mais n'avancez pas. — Au large! à moi le gouvernail !

La barque s'éloigne.

MADAME DE TOURVILLE. Cette voix ne m'est pas inconnue. — Et cet autre enveloppé jusqu'aux yeux dans son man* teau; et la sentinelle qui ne crie pas à la garde... tout cela est fort singulier ; — mais je saurai ce i)ui en est. — Lki*

tl'OnSf Elles entient aans t'auoei'ge.

JOURNÉE II, SGËNE III. 4t

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