‹ Théâtre de Clara Gazul: comédienne espagnole, suivi de La Jacquerie et de LaChapitre 40 sur 157 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Intérieur de la prison de Monclar.

DON ESTEBAN, seul.

11 est assis devant une table, et lit d*un air pensif son arrêt de mort.

Voilà qui est fini ! (U jette l'arrôt sur la table.) Toutc réflexiou faite, je suis bien aise dé n'avoir pas vu Inès. Ses lannes auraient ébranlé mon courage.. Aujouid'liui j'en ai bon be-

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soin. Souvent j'ai entendu les balles ennemies siffler à mes oreilles... ^t je suis resté calme; mais le billot et la hachie ont quelque chose de plus effrayant. — Je voudrais bien dans ce moment trouver la fermeté de ce soldat que j'ai vu inarcher à la potence en sifflant, (il siffle.) Non, point de fai\faronnades. De la fermeté, de la résignation ; et puis.., poiit sa réputation, il serait désagréable de siffler une faussé note dans un pareil moment. — Mon Dieu ! accordez-moi de momir en gentilhomme, en soldat ! — Ah ! qui eiitre

ici ? * Entrent un notaire et deux témoins.'

LE NOTAIRE. Seigncur baron, je suis le notaire que vous avez demandé, et voici deux témoins possédant les qualités requises.

DON ESTEBAN. Fort bien, je vous remercie. Point de nouvelles de mon père ?

LE NOTAIRE. Nou, mouseigueur. Cependant j'espère qu'il pourra joindre le roi assez à temps. Sa Majesté ne doit pas être loin de Monclar.

DON ESTEBAN. AdvieHUc quo pourra ! — Préparez-vous, monsieur, à écrire mon testament. Il ne sera pas long.

LE NOTAIRE écrivant. J'espère quo ce sera une précaution inutile. Votre nom ?

DON ESTEBAN. Estcbau Saudoval, baron de Mendoza, capitaine aux gardes.

LE NOTAIRE AUX gardcs, donne et lègue mon âme à

Dieu.

DON ESTEBAN. G'est la forme ?

LE NOTAIRE. Oui ; c'est le protocole voulu par la loi.

DON ESTEBAN. Observcz la forme le plus exactement que vous pourrez ; je ne voudi'ais pas qu'un jour ce testament pût être cassé. .

LE NOTAIRE. Oh ! pour cela, vous n'avez rien à craindre avec un praticien comme moi. Ce n'est pas un homme qui exerce depuis trente ans la profession de notaire, qui laissera des nullités dans un acte authentique.

DON ESTEBAN. Tant mleux, poursuivons ; je lègue tous mes biens

LE NOTAIRE. Mcubles et immeubles ? .

PON ESTEBAN. Ouî ^... à Uiès Meudoza...

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