SCÈNE III
Une salle gothique du château d*Apremont.
CONRAD, MAITRE BONNIN , son précepleur.
CONRAD. Conte-moi encore quelque belle histoire du temps des preux.
LE PRÉCEPTEUR. Mouscigneur, voule^-vouç entendre l'his-
SCÈNES FÉODALES. iW
loire du grand chevalier Hector le Troyen ou du iM)ble baron Théroistoclès *^ ?
coNBAD. J[e sais tout cela. C'est celui-là qui s'empoisQpna pai'ce que le roi de Perse voulait qu'il se fît Turc.
LE PRÉCEPTEUB. Précisément; et voule^-yous que ie vqv|S entretienne du bon roi Lycurgue de Laconie ?
CONBAD. Tu n'as jamais que la mêm^ chose à rae conter. Je sais Thistoire du roi Lycurgue aussi bleu que celle du roi Artus.
tE PRÉCEPTEUR. Et VOUS souvicut-il de la règle de Vordre de chevalerie qu'il institua ?
CONRAD. Sans doute ; Tordre de Sainte-Sparte.
LE PRÉCEPTEUR. Quelle mémoire pour un âge si tendra ! En vérité, monseigneur, vous en savez plus que mqi, et bientôt je serai obligé de prendre vos leçons. Voudriez-vous , être un chevalier de Sainte-Sparte ?
CONRAD. Oui dà. Ce qui me plaît dans cet ordre-là, c'est que, si les damoisels dérobaient un pâté ou des confitures n'importe où, on ne leur disait rien, et c'était pour eux ; et puis, comme ils s'amusaient avec leurs serfs î Commentles appelaient-ils déjà î