‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 182 sur 340 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MADEMOISELLE D'ORFEUIL, M. D'ORLANGE.

M. d'oRLANGE.

Au tait, je n'ai rien vu de tout cela : qu'importe ?

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

Pourquoi donc, en ce cas, feignez- vous de la sorte !

M. d'orlange.

J'ai si peu de moments à passer près de vpusl Et j'irai perdre, moi, des instants aussi doux!...

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

Eh mais ! la tiction vous paraît familière, Monsieur.

M. d'oRLANGE.

Ah! pardonnez : ce sera la dernière. J'ai bien vu des châteaux pareils à celui-ci, Mais rien de comparable à ce qu'on voit ici.

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

Je croyais que monsieur aimait la promenade.

M. d'orlange.

D'accord ; mais tel plaisir est insipide et fade Près d'un plaisir plus grand. Je l'aime, j'en convien; Mais j'aime encore mieux un touchant entretien... Non pas celui d'hier : oubliez-le, de grâce, Tel qu'un songe léger que le réveil efface : Car je suis bien changé depuis hier.

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

Sitôt?

Je ne le croyais pas.

M. d'orlange.

Ah! souvent, il ne faut Qu'un instant, qu'un coup d'œil. Une seule étincelle Cause un grand incendie. Hier, mademoiselle, J'étais un voyageur, distrait, toujours errant,

A'Mi: III, sr.KNr: vi. ii'A

Qui jamais ne se fixe, eL voit loiil n\ courant. Mais ce matin...

MADEMOISELLE d'obFEUIL.

Eh bien?

M. d'orlangk.

Quelle métamorphose Vient de se taire en moi ! Je suis... hélas ! je n'ose Dire ce que je suis. Si vous pouvie/ !

mademoiselle D\)RFEriL.

Pardon :

De deviner, monsieur, je n'eus jamais le don.

M. d'orlange.

Mon secret est pourtant bien facile à comprendre.

MADEMOISELLE d'ORFEUIL.

En ce cas, ce nVst pas à moi qu'il faut l'apprendre ; Et puisque vous voulez enfin vous déclarer. Faites-le: jusque-là. je dois tout ignorer.

(Elle soi'l.)

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