‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 258 sur 340 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

M. DUBRIAGE, MADAME EVRARD, CHARLE

M. DUBRIAGE.

C'est VOUS? bonjour, madame!

MADAME EVRARD, trùs-tcndrcment.

Monsieur, je vous salue, et de toute mon âme.

CHARLE

Votre humble serviteur.

M. DUBRLVGE.

Vous voilà, mon ami ?

MADAME EVRARD

Vous paraissez rêveur... Auriez-vous mal dormi?

M. DUBRLVGE.

Moi? très-bien.

MADAME EVRARD

Je ne sais... mais je suis clairvoyante; Et vous aviez hier la mine plus riante.

M. DUBRLVGE.

Croyez-vous? Cependant j'ai toujours ri fort peu.

MADAME EVRARD

Je m'en vais parier que c'est votre neveu

3m LE VIEUX CÉLIBATAIRE.

Qui cause en ce moment votre sombre tristesse ; Avouez-le.

M. DUBRIAGE.

Il est vrai qu'il m'occupe sans cesse ; Et même cette nuit, mes amis, j'y songeais.

MADAME EVRARD

Il vous aura donné quelques nouveaux sujets?...

M. DUBRIAGE.

Non.

MADAME EVRARD

Pourquoi, dans ce cas, y songez-vous encore? Depuis plus de huit ans, Tingrat vous déshonore : Oubliez-le, monsieur^ sachez vous égayer.

Ah! je puis le haïr, mais jamais l'oublier.

MADAME EVRARD

Laissez, encore un coup, ces plaintes éternelles. Ne voyez plus que nous, vos serviteurs fidèles : Ambroise, Charle et moi, dévoués et soumis, Vous tiendrons lieu tous trois de parents et d'amis.

(Prenant la main de M. Dubriage.)

Mais de tous mes emplois il faut que je m'acquitte : C'est pour songer encore à vous que je vous quitte.

M. DUBRIAGE.

Fort bien.

MADAME EVRARD

Charle vous reste : il saura converser.

CHARLE

Heureux, si je pouvais jamais vous remplacer!

MADAME EVRARD, bas à Charle.

Songez à notre plan. ■

CHARLE, bas, à madame Evrard.

Oui, j'y songe, madame.

(Madame Evrard sort.)

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