SCÈNE III
M. DUBRIAGE, LAURE.
M. DUBRIAGE, seul.
Ce garçon soulage mes ennuis ; C'est un besoin pour moi dans l'état où je suis.
^i« LE VIEUX CÉLIBATAIHE.
LAURE^ de loin, à part, amenée par Charle qui se retire.
Je tremble à son aspect... Dieu ! fais que je lui plaise.
Haut, en s'avançant.
Monsieur...
Ah ! mon enfant, c'est vous? j'en suis bien aise., Je ne suis pas lâché de causer avec vous.
L\URE
Moi-même j'épiais un moment aussi doux.
Il est bien naturel que Ton cherche son maître,
Pour le voir, lui parler, se faire enfin connaître.
M. DUBRIAGE.
Vous ne pouvez, je crois, qu'y gagner.
LAURE
Ah! monsieur..
M. DUBRIAGE.
Non, c'est que vous avez le ton de la candeur, L'air sage...
LAURE
Ce n'est pas vertu chez une femme :
C'est devoir.
M. DUBRIAGE.
Il est vrai : j'aime à vous voir dans l'âme Ces principes d'honneur, cette élévation.
LAURE
C'est J'heureux fruit, monsieur, de l'éducation : Je le garde avec soin ; c'est mon seul héritage.
M. DUBRIAGE.
Oui, c'est un vrai trésor qu'un pareil avantage ; Vous devez donc le jour à d'honnêtes parents?
LAURE
Honnêtes, oui, monsieur; mais non pas dans le sens Que lui donnait l'orgueil; dans le sens véritable. Mes père et mère étaient un couple respectable, Placé dans cette classe où l'homme dédaigné Mange à peine un pain noir de ses sueurs baigné;