SCÈNE XL M. DUBRIAGE, LAURE
M. DUBRIAGE.
Oui, je vous le promets. Ne craignez rien, ma chère : Mais à madame Evrard tâchez pourtant de plaire... Je songe à ce parent: je voudrais voir aussi Cet ami de province avec lequel ici Vous êtes arrivée.
LAURE
Ah ! qu'il aiu^a de joie, Si vous daignez, monsieur, permettre qu'il vous voie.
M. DUBRIAGE.
J'en augure très-bien, puisque vous l'estimez. Est-il jeune?
424 LE VIEUX CELIBATAIRE.
LAURE
Oui, monsieur.
M. DUBRIAGE.
Ah ! jeune... Vous l'aimez?
LAURE, simplement.
Oui, monsieur, en l'aimant j'obéis à ma mère.
« Aime-la, lui dit-elle en mourant; sois son frère. »
Il le promit : depuis il a tenu sa foi ;
Père, ami, prolecteur, guide, il est tout pour moi.
M. DUBRIAGE.
Ce jeune homme à mes yeux est vraiment respectable; Et son cruel parent?...
LAURE
Peut-être est excusable ; Car il ne connaît point mon ami : mais enfin Il se fera connaître ; et ce n'est pas en vain Que nous serons venus du fond de notre Alsace...
M. DUBRIAGE.
D'Alsace? dites-vous... De quel endroit, de grâce?
LAURE
De Colmar.
M. DUBRIAGE.
De Colmar!
LAURE
Ouij monsieur.
M. DUBRIAGE.
Dites-moi, Vous avez à Colmar garnison, que je croi ?
LAURE
Oui, monsieur. .
M. DUBRIAGE.
Je connais quelqu'un dans cette ville, Un soldat : mais comment démêler entre mille ? Après tout, que sait-on...? Il se nommait Armand...
LAURE
Je le... connais.