‹ Théâtre de Collin d'Harleville (volume 2)Chapitre 65 sur 340 · MADAME DE ROSELLE, M. DE PLINVILLE, ROSE · texte numérisé non relu

MADAME DE ROSELLE, M. DE PLINVILLE, ROSE

Ah ! ma nièce, c'est toi ?

La rencontre vraiment est heureuse.

MADAME DE ROSELLE

Pour moi.

Mon cher oncle est toujours au comble de la joie.

M. DE PLIN VILLE

Pour en avoir, madame^ il suffit qu'on vous voie.

A Rose.

Bonjour, Rose.

ROSE

Monsieur...

M. DE PLINVILLE.

Mais comme elle embellit !

Du matin jusqu'au soir, elle chante, elle rit.

ROSE

Monsieur me dit toujours quelque chose d'honnête.

M. DE PLINVILLE.

Nous aurons du plaisir, j'espère, à notre fête.

J'ai dans l'idée ;... oh ! oui : j'ai fait, ma chère enfant,

Un rêve !... car je suis heureux, même en dormant.

MADAME DE ROSELLE

Oh ! je le crois.

Monsieur, contez-nous donc, de grâce...

M. DE PLINVILLE.

Il n'en reste au réveil qu'une légère trace,

Et j'aurais maintenant peine à le ressaisir :

Je me souviens du moins qu'il m'a fait grand plaisir,

Et cela me suffit : car, lorsque je me lève,

Je suis heureux encor, mais ce n'est plus un rêve.

MADAME DB ROSELLE

Vous rêvez bien encor, mais c'est tout éveillé.

M. DE PLINVILLE.

Il est vrai : que de fois je me suis oublié

Au bord d'une fontaine, ou bien dans la prairie !

Là, seul, dans une vague et douce rêverie,

Je suis... ce que je veux, grand roi, simple berger...

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