‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 279 sur 449 · M. DU BRI AGE · texte numérisé non relu

M. DU BRI AGE

Il me touche, aussi, moi.

Qui ne les aimerait ? cela n*est pas possible. .

MADAME EVRARD

Je me dis quelquefois : « Monsieur est bon, sensible :

S'il a tant d'amitié pour les enfans d'autrui,

Qu'il aurait donc d'amour pour des enfans à lui I »

M . D U B R I A G E , à demrvoix .

Hélas !

Cette petite est le portrait du père.

M. DUBRIAGE.

Oui, vraiment! et Julien, il ressemble à sa mère!...

MADAME EVRARD

A s'y tromper. Ces gens sont-ils assez heureux,

De voir ainsi courir et sauter autour d'eux

Leurs portraits, en un mot, comme d'autres eux-méme ?

M. DUBRIAGE.

J'y pensais : ce doit être une douceur extrême.

MADAME EVRARD

Je ressemblais aussi beaucoup, ie m'en souvien, A mon père... digne homme ! il était assez bien... Ayant moins de richesse, hélas I que de naissance... On le félicitait sur notre ressemblance : Aussi m'aimait-il plus que ses autres enfans...

(Finement.)

Et puis il m'avait eue à plus de soixante ans . Je flattais son orgueil autant que sa tendresse : 11 m'appelait souvent l'enfant de sa vieillesse.

M. DUBRIAGE.

A plus de soixante ans !

MADAME EVRARD

Oui, c'est qu'il était frais !

Et môme il a vécu vingt ans encore après. Allons ! vous retombez dans votre rêverie.

Il est vrai.

MADAME EVRARD

Je ne sais... excusez, je vous prie...

Mais vous semblez avoir quelque chose.

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