M. DU BRI AGE
Il me touche, aussi, moi.
Qui ne les aimerait ? cela n*est pas possible. .
MADAME EVRARD
Je me dis quelquefois : « Monsieur est bon, sensible :
S'il a tant d'amitié pour les enfans d'autrui,
Qu'il aurait donc d'amour pour des enfans à lui I »
M . D U B R I A G E , à demrvoix .
Hélas !
Cette petite est le portrait du père.
M. DUBRIAGE.
Oui, vraiment! et Julien, il ressemble à sa mère!...
MADAME EVRARD
A s'y tromper. Ces gens sont-ils assez heureux,
De voir ainsi courir et sauter autour d'eux
Leurs portraits, en un mot, comme d'autres eux-méme ?
M. DUBRIAGE.
J'y pensais : ce doit être une douceur extrême.
MADAME EVRARD
Je ressemblais aussi beaucoup, ie m'en souvien, A mon père... digne homme ! il était assez bien... Ayant moins de richesse, hélas I que de naissance... On le félicitait sur notre ressemblance : Aussi m'aimait-il plus que ses autres enfans...
(Finement.)
Et puis il m'avait eue à plus de soixante ans . Je flattais son orgueil autant que sa tendresse : 11 m'appelait souvent l'enfant de sa vieillesse.
M. DUBRIAGE.
A plus de soixante ans !
MADAME EVRARD
Oui, c'est qu'il était frais !
Et môme il a vécu vingt ans encore après. Allons ! vous retombez dans votre rêverie.
Il est vrai.
MADAME EVRARD
Je ne sais... excusez, je vous prie...
Mais vous semblez avoir quelque chose.