‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 409 sur 449 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

FLORIMEL, RAIMOND, LUBIN.

FLORIMEL .

Nous voilà seuls.

RAIMOND

Monsieur!...

FLORIMEL.

C'est qu'entre nous.

Je me trouve d'abord à mon aise avec vous : Vous m'avez tout de suite, il faut que je le dise, Intéressé par l'air de candeur, de iranchise.

RAIMOND

Tout le monde, en effet, me trouve cet air-là : Il faut que cela soit.

LUBIN

Oh ! oui, c'est bien vrai, ça.

Pour moi, je ne sers pas depuis longtemps mon maître; Mais je le connais bien : l'enfant qui vient de naître N'est pas plus innocent.

RAIMOND

Lubin, en vérité!...

Moi, j'aime son babil, son ingénuité.

RAIMOND

Oui, mais...

LUBIN

Puisque Monsieur est charmé quand je parle : Hier même à Moulins, à l'auberge Saint-Charle, Mon maître a pris... quelqu'un pour un prince étranger, L'appelait ilfons^gneMr, l'écoutait sans manger; Et ce prince, c'était de ces gens à prologues. Qui vendent à cheval des chansons et des drogues. Voilà quel est mon maître.

FLORIMEL.

Est-il bien vrai, mon cher?

RAIMOND

Très vrai. Que voulez-vous? cet homme avait grand air :

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