‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 79 sur 449 · DE ROSELLE · texte numérisé non relu

DE ROSELLE

M. DE PLINVILLE à M. Belfort.

Bon ! vous vous retirez en me voyant ? pourquoi ? Eh mais, ne faites point d'attention à moi. Du matin jusqu^au soir, je viens, je me promène ; Vers ce lieu-ci, surtout, un penchant me ramène.

MADAME DE ROSELLE

J'y viens souvent aussi. C'est un joli berceau, Solitaire, et pourtant très voisin du château.

M. DE PLINVILLE.

Vous môme, cher Belfort, c'est ici, ce me semble. Que vous et votre élève étudiez ensemble?

M. BELFORT

Oui, monsieur très souvent.

M. DE PLINVILLE.

Et vous avez raison Voici, je crois, bientôt l'heure de la leçon.

(a madame de Roselle.)

Angébque est savante; elle lit les poètes.

(a m. Belfort.)

Moi, je l'ai toujours dit : jeune comme vous l'êtes, On enseigne bien mieux ; rien n'est plus naturel. Vous êtes, sans mentir, un bien heureux mortel ! Vous avez pour élève une jeune personne. J'ose le dire, aimable, aussi belle que bonne. Vous habitez, d'ailleurs, le plus charmant pays!... Je vous traite aussi bien qu on traiterait un fils. 11 est aisé de voir que ma femme vous aime; Chacun en fait autant; et ma fille elle-même,

Quand oa parle de vous...

M. BELFORT, très ému.

Elle me fait honneur, Monsieur... assurément... je sens tout mon bonheur. Je ne puis exprimer... Pardon, je me retire.

M. DE PLINYILLE.

Allez, j'entends fort bien ce que cela veut dire.

MADAME DE ROSELLE, à part.

Ah! mon cher oncle, moi, je Tentends mieux que vous.

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