‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 117 sur 409 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

AUGUSTE, CINNA, MAXIME, tuoupe de courtisans.

AUGUSTE

Que chacun se retire, et qu'aucun n'entre ici. Vous, Cinna, demeurez, et vous, Maxime, aussi.

(Tous se retirent, à la réserve de Cinna et de Maxime.)

Cet empire absolu sur la terre et sur Fonde, Ce pouvoir souverain que j'ai sur tout le monde, Cette grandeur sans borne et cet illustre rang, Oui m'a jadis coûté tant de peine et de sang. Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importune, N'est que de ces beautés dont l'éclat éblouit, Et qu'on cesse d'aimer sitôt qu'on en jouit. L'ambition déplaît quand elle est assouvie. D'une contraire ardeur son ardeur est suivie ; Et, comme notre esprit, jusqu'au dernier soupir, Toujours vers quelque objet pousse quelque désir, Il se ramène en soi, n'ayant plus où se prendre. Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre. J'ai souhaité l'empire, et j'y suis parvenu; Mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas connu: Dans sa possession j'ai trouvé pour tous charmes D'effroyables soucis, d'éternelles alarmes, Mille ennemis secrets, la mort à tous propos. Point de plaisirs sans trouble, et jamais de repos.

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