‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 334 sur 409 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

Vouloir encor percer ce sein infortuné, Pour y chercher le cœur que tu m'avais donné, De la paix qu'elle rompt je ne suis plus le gage; Je brise avec honneur mon illustre esclavage; J'ose reprendre un cœur pour aimer et haïr. Et ce n'est plus qu'à toi que je veux obéir.

Le consentiras-tu, cet effort sur ma flamme, Toi, son vivant portrait, que j'adore dans l'âme, Cher prince, dont je n'ose en mes plus doux souhaits. Fier encor le nom aux murs de ce palais? Je sais quelles seront tes douleurs et tes craintes; Je vois déjà tes maux, j'entends déjà tes plaintes: *. Mais pardonne aux devoirs qu'exige enfin un roi A qui tu dois le jour qu'il a perdu pour moi. J'aurai mêmes douleurs, j'aurai mêmes alarmes; S'il t'en coûte un soupir, j'en verserai des larmes.

Mais, dieux! que je me trouble en les voyant tous deux! Amour, qui me confonds, cache du moins tes leux, Et, content de mon cœur dont je te fais le maître, Dans mes regards surpris garde-toi de paraître.

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