ACTE rv, SGÈNK
Et de qui le secourS; depuis plus de dix ans, Nous a mieux soutenus que tous nos partisans?
PERPENNA
La trouvez- vous, seigneur, en état de vous nuire?
SERTORIUS
Non, elle ne peut pas tout à fait nous détruire; Mais, si vous m'enchaînez à ce que j'ai promis. Dès demain elle traite avec nos ennemis. Leur camp n'est que trop proche ; ici chacun m urmure ; Jugez ce qu'il faut craindre en cette conjoncture. Voyez quel prompt remède on y peut apporter. Et quel fruit nous aurons de la violenter.
PEP.PEiNNA.
C'est à moi de me vaincre, et la raison l'ordonne : Mais d'un si grand desseintout mon cœur qui frissonne...
SERTOP.IUS.
Ne vous contraignez point; dût m'en coûter le jour, Je tiendrai ma promesse en dépit de l'amour.
PERPENNA
Si vos promesses n'ont l'aveu de Viriate...
SERTORIUS
Je ne puis de sa part rien dire qui vous flatte.
PERPENNA
Je dois donc me contraindre et j'y suis résolu. Oui, sur tous mes désirs je me rends absolu ; J'en veux, à votre exemple, être aujourd'hui le maître. Et, malgré cet amour que j'ai laissé" trop croître, Vous direz à la reine...
SERTORIUS
Eh bien, je lui dirai?
PERPENNA
Rien, seigneur, rien encor ; demain j'y penserai. Toutefois la colère où s'emporte son âme Pourrait dès cette nuit commencer quelque trame. Vous lui direz, seigneur, tout ce que vous voudrez; Et je suivrai l'avis que pour moi vous prendrez.
SERTORIUS r
Je vous admire et plain.s.
488 SERTORIUS
PERPENNA
Que j'ai l'âme accablée!
SERTORIUS
Je partage les maux dont je la vois comblée. Adieu : j'entre un moment pour calmer son chagrin, Et me rendrai chez vous à 1 heure du festin.