‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 394 sur 409 · ACTE rv, SGÈNK · texte numérisé non relu

ACTE rv, SGÈNK

Et de qui le secourS; depuis plus de dix ans, Nous a mieux soutenus que tous nos partisans?

PERPENNA

La trouvez- vous, seigneur, en état de vous nuire?

SERTORIUS

Non, elle ne peut pas tout à fait nous détruire; Mais, si vous m'enchaînez à ce que j'ai promis. Dès demain elle traite avec nos ennemis. Leur camp n'est que trop proche ; ici chacun m urmure ; Jugez ce qu'il faut craindre en cette conjoncture. Voyez quel prompt remède on y peut apporter. Et quel fruit nous aurons de la violenter.

PEP.PEiNNA.

C'est à moi de me vaincre, et la raison l'ordonne : Mais d'un si grand desseintout mon cœur qui frissonne...

SERTOP.IUS.

Ne vous contraignez point; dût m'en coûter le jour, Je tiendrai ma promesse en dépit de l'amour.

PERPENNA

Si vos promesses n'ont l'aveu de Viriate...

SERTORIUS

Je ne puis de sa part rien dire qui vous flatte.

PERPENNA

Je dois donc me contraindre et j'y suis résolu. Oui, sur tous mes désirs je me rends absolu ; J'en veux, à votre exemple, être aujourd'hui le maître. Et, malgré cet amour que j'ai laissé" trop croître, Vous direz à la reine...

SERTORIUS

Eh bien, je lui dirai?

PERPENNA

Rien, seigneur, rien encor ; demain j'y penserai. Toutefois la colère où s'emporte son âme Pourrait dès cette nuit commencer quelque trame. Vous lui direz, seigneur, tout ce que vous voudrez; Et je suivrai l'avis que pour moi vous prendrez.

SERTORIUS r

Je vous admire et plain.s.

488 SERTORIUS

PERPENNA

Que j'ai l'âme accablée!

SERTORIUS

Je partage les maux dont je la vois comblée. Adieu : j'entre un moment pour calmer son chagrin, Et me rendrai chez vous à 1 heure du festin.

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