SCÈNE VI
LE COMTE, CUAVIGM.
LK COMTE
Maintenant que nous vuilà seuls , parlons franchement; car 3US savez que par état nous avons toujours deu.v vérités.
CHAVIGNI
Oui , l'une qui n'est pas vraie/
LK COMTE
C'est la première! Mais il s'agit ici de la seconde, et vous
entendez bien que je ne suis pas dupe du motif qui voui amène. .
CH.Wir.M.
Je vous ai pourtant dit ce qui en est; je vous l'atteste sui l'honneur, je viens pour un costume de bal. Après cela comme je ne veux pas jouer au fin avec vous qui êtes plui habile que moi, je conviendrai que je me suis chai-gé de cett alTaire, qui me donnait six semaines de congé, pour avoir l plaisir de suivre vos traces. 11 faut à peine quelques jours pou venir ici, et voilà plus d'un mois que je suis parti de Paris Mais j'ai pris, pour remplir ma mission, le chemin que choi sissait La Fontaine pour aller à l'Académie, j'ai pris le plu long. Vous étiez à Milan, cela m'a fait passer quelques jour en Italie. Vous êtes revenu à Genève par le Simplon,cela m' fait voir la Suisse. Vous avez traversé le Rhin , cela m'a fai connaître l'Allemagne, et, par parenthèse, cela m'a remi dans mon chemin , ce qui est fort heureux. C'est donc vous mon honorable maître, à qui je devrai tout, depuis les prt mières leçons qui ont commencé mon éducation diplomali que, jusqu'aux voyages qui l'ont perfectionnée.
LE COMTK , souriant.
Vraiment; écoutez, mon cher Chavigny, vous êtes un for aimable jeune homme, que j'aime beaucoup, fort gai, for spirituel.
CHAVIGNl.
Votre Excellence est bien bonne; est-ce sa première vé rite?
LE COMTE , souriant.
Non , c'est la seconde, nous sommes convenus entre nou de n'employer que celle-là; car il ne s'agit ici que d'alVaire de famille. Vous aimez bi'aucoup ma fille, et j'en suis fàcli pour vous, car je ne veux pas vous laisser concevoir de fausse espérances; et pour vous faire connaître ici tout le fond d ma perisée, je vous déclare que vous ne serez jamais mo gendre.
«:havigm.
Je vous remercie de votre franchise, c'est un extraordinair que vous faites pour moi et dont je suis bien reconnaissani Je sais que j'ai fort peu île f(utune, et que vous en avez un immense; mais je ne liens pas à vos richesses, je ne vous le demande pas.