‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 242 sur 307 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

À BERTRAND, puis PINCHON.

BERTRAND , seul, essuyant une larme.

Ah! le brave homme! Mais c'est toujours bien désagréable de partir ainsi, au moment...

PlNCHON, entrant par la porte du fond.

Eh bien! tu as vu le général?

27S Lï MARIAGE DE RAISON.

BERTKAND.

Oui; il sort d'ici.

PINCHON

El tu lui as parlé?

BERTRAND

Sans doute.

PINCHON

Eh bien! tant mieux, cousin. Tout ce que je demandais, e1 ma femme aussi , c'était do, te voir marié 11 est si doux d'être en ménage! Moi, avec madame Pinohon, qui fait tout ce qiu je veux, je suis le plus lieiuvui des hommes; je suis là commt im roi.

BERTRAND

Morbleu ! c't autre qui vient me parler d' ça au moment oi je pars!

PINCHON

11 se pourrait!

BERTRAND

Air de Marianne.

Mon général me le demande; Pouvais-je refuser, hélas!

PINCHON

Oui, la complaisance est trop grande.

Et je dirais : « Je ne veux pus. »

BERTRAND

Sur des soldats, Tu ne sais pas C qu'un général et 1' devoir Ont d" pouvoir :

Qu'il dis' seul'mont :

Marche... en avant! Fût-ce au trépas, On y va l'arme au bras.

Quand d'obéir on a l'usage, Lors(|ue la discipline est It'i, Ça ne coûte rien.

PINCHON

J' connais ça :

C'eut comm' dans mon ménage.

lU RTRAND.

Du reste, je te conterai tout cela pendant notre dinor, cai nous allons dîner ensemble avant mon départ.

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