‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 243 sur 307 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

PINCHON

Je ne demanderais pas mieux, mon ami; mais je ne peux pas, parce que madame Pinciion est au marché , où je dois l'aller reprendre ; et si j'y manquais, vois-tu, cela serait mal.

BKRTRA>D.

J'en suis fâché! alors... je voulais te dire... 11 me faudra de l'argent pour mon voyage; et comme je ne veux pas en demander à M. le comte, il faut que tu m'en prêtes.

PINCHOIS.

Pour ça, cousin, et avec plaisir. Mais auparavant, il faut que j'en parle à madame Pinchon , parce que si je faisais quelque chose sans la consulter...

BERTKANO.

Ah çà! quel diable d'homme es-tu donc? tu ne peux rien faire sans sa permission?

PINCHON

C'est là le bonheur du ménage, mon ami; c'est ce qu'il y a de plus doux, tu le verras.

UERTRAND.

A la bonne heure. Je n'ai plus qu'un service à to demander, si toutefois madame Pinchon, ma cousini;, ne s'y oppose pas. Éconto, je vais partir d'ici avec M. Edouard. Nous allons voir les Grecs.

PINCHON

Les Grecs!

BERTRAND

Oui. Je n'ai jamais servi dans ce régiment-là; mais les Grecs, vois-tu, ce sont de braves gens, des malins qui ne boudent pas. Il [uii ail qu'on se bat chez eux, et gaillardement; c'est même le seul endroit dans ce moment où il y ait des coups à gagner; et comme je connais M. Edouard, il ira en amateur.

PINCHON

Tu crois?

WKRTRAND.

Or, malgré ma jambe, tn sons bien que je ne le laisserai pas en route.

PINCHON

Quoi ! tu n'es pas content de ce que tu as déjà?

BERTRAND

Non; l'appétit vient en mangeant, comme on dit; et si le hasard voulait... tu m'entends bien, c'est dans les possibles,

280 l'E MARIAGE DE RAISON.

je te prie de remettre cette lettre et ces papiers à la personrK que tu sais bien. Ce n'est pas [)Our cela que je les avais pris mais enfin, c'est dans ces cas-là que l'on compte sur ses amis

PIKCHON.

Et tu peux compter sur moi à la vie et ù la mort. Dieux pom" un cousin, pour un ami, il n'y a rien que je ne puiss braver. Dis donc, je pourrai parler de cette commission-là madame Pinchon; ça ne te lâchera pas?

BERTRAND

Du tout; j'aurais voulu seulement l'embrasser avant mo dépai't.

PINCHOÎS.

Eh bien! sois tranquille, je vais la prendre au marché, c de là, tous les deux, nous reviendrons pai" chez toi. Que diabh d'ici à tantôt, tu ne seras pas parti; il n'est encore que, . (Regardant sa montre.) Ah ! mon Dicu, onze heures! et pendant qu je cause là, mes affaires ne se font pas. (Allant à la feuètrp, à gai che.) Jean, attelle toujours Grisette à la carriole.

BERTRAND

Mais écoute-moi donc.

PlNCHON.

Nous parlerons de cela en marchant , parce que ma femm va m'attendre.

Am de la valse dos Comédiens.

Deijuis c' malin je suis séparé d'elle; De mon absence ell' me gronde toujour?.

BERTKAND.

C'est un toni nient qu'un amour si fidèle.

l'INCIlON.

Ce lour:nent-lii, <"csl 1' honlienr do mus jours. Quand oir su Wclie , liélasl CUo est si bonne! C est pour mou cœur un jtlaisir loiijours neuf ; Ei qiiaiiil près d' moi j' n'entends t-'ronder personne, La puur me prend, il m' somlil' que je suis \uuf.

Depuis c' matin | Jl'g",'* \ séparé d'elle;

De { \ absence elle \ , j uronde toujours.

( son j Me ) '

C'est un tourment qu'un amnin- si lidélu;

Mais c' tourment- lit, r'est 1' bonheur de J ' { jours.

( Sus \

(lli sortent par !• fond.)

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