‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 29 sur 307 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

uites de ses blessures. « Mon neveu, mon ami , m'a-t-il dit, ; te laisse ma fortune... une fortune honorable, car je ne ai acquise qu'aux dépens des ennemis de l'État. »

CAMILLK.

C'était là un brave marin .

ALPHONSK.

« C'est peu de chose que la richesse, a-t-il continué; mais vec elle on se procure l'indépendance, et c'est beaucoup. Ne avise donc pas de vendre ta liberté , soit en courant la carière des places, soit en cherchant quelque mariage opulent; hoisisune bonne femme, vis de tes rentes, élève tes enfants, t parle-leur quelquefois de ton oncle. » 11 m'a serré la main, t il est mort.

CAMILLE, émue.

Quel honnête homme ! Moi, je l'aimais déjà.

ALPHONSE

C'est alors que j'ai acheté dans ce pays le château de Lusval qui était en vente ; mais quand je me suis vu seul dans B domaine, au lieu d'éprouver le bonheur de la propriété, j trouvais que mes appartements étaient immenses ; mon parc le semblait désert; je n'avais autour de moi que des doniesques, des gens indifférents; aucun sourhe n'accueillait mon privée, car personne n'attendait mon retour ou ne s'était inuiété de mon absence.

CAMILLK, rapprochant son fauteuil d'Alphonse.

Pauvre jeune homme!

ALPHONSE

Air lïAristippe.

Il faut, (lil-oii, dans la jeunesse.

Pour voir son destin embelli.

Faire le olioiv li'une maîtresse,

Et surtout le choix d'un ami.

Maîtresse, ami... je sens au fond de l'Ame Que par eux seuls, je pourrais être heureux;

Et je voulais prendre une femme

Afin de les avoir tous deux.

CAMILLE, avec un peu d'attendrissement.

C'est donc pour cela, Monsiem", que vous vouliez vous maier? ((ils se lèvent tous deux -aiemeni.) Maintenant, VOUS n'en avez lus besoin, puisque vous trouverez ici des pai'ents et des mis.

3i LA DEMOISELLE A MARIER.

ALPHONSE

Oui, votre parrain me l'a dit : je serai celui do la maiso mais le vôtre?

CAMILLE

Le mien aussi.

ALPHONSE

Bien vrai?

Je dis toujours vrai, vous le savez.

ALPHOJSSE.

Je ne vous déplais donc plus autant?

CAMILLE

Non, c'est fini. Et moi, Monsieur? car ce matin, j'en si sûre, j'ai dû vous paraître bien gauche, bien maussade...

ALPHONSE, souriant.

Mais... un peu.

CAMILLE

Ah ! Monsieur, ça n'est pas bien. . . c'est une revanche ; ma gi~âce au ciel, tout est fini, et d'ici à longtemps, j'espère, ne sera plus question de mariage.

ALPHONSE

Eh bien! c'est ce qui vous trompe; et, comme votre am je dois vous prévenii- qu'on attend ce soir un nouveau pi tendu.

CAMILLE

Ah! mon Dieu! que me dites -vous?... Voilà toute n frayem' qui me reprend... encore une entrevue!

ALPHONSE

Vraiment, oui... c'est un M. de Géronville.

CAMILLE

l.e fils de l'inspecteur! et c'est aujourd'hui intime? J'étais contente, si heureuse! Vous venez de troubler toute ma joi

Ce M. de Géronville vousdéplail donc beaucoup?

CAMILLE

Je le connais à peine.

ALPHONSE

Et son âge, sa tournm-e?

CAMILLE

A peu près comme vous... pas si bien... Mais ce soir faudra encore pai'aître en grande parure et en grandi! cén

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