‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 108 sur 265 · ACTE m, SCÈNE IL i6î · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IL i6î

MAURICE^ vÎT^mant.

Qui ne vous vaut pas, peut-être?

LA PRINCESSE, en cherchant à se modérer.

£t quelle est-elle?... (Avec explosion.) Quelle est-elle?... Répondez. .. ear vous ne savei pas ce dont Je suis capable.

MAURICE

C'est justement pour cela que je ne veux pas vous la nommer. (D'un ton cMtiiiiint.) Maîs au Ifeu d'emportemcnt et de menaces, pouniuoi ne pas se parler de franche amitié, pourquoi surtout ne pas se dire loyalement la vérité? Jamais je n'ai vu de femme plus aimable quQ vous, plus séduisante, plus irrésistible^ et pourquoi? Cest que vos chaînes ne semblaient tressées que de fleurs, c'est que, gracieuses et légères, elles retenaient un heureux et non pas un captif... c'est que toujours prêle à les briser, votre main coquette na eraignaii pas d'en détacher parfois qiielque» feuUlesfi

LA PRINCESSE

Maurice!

MAURICB.

rai juré de tout dire. Cest 60U8 l'empire d'un pareil traité, que le plaisir, un jour, nous a souri, car ni vous ni moi, n'avions pris au sérieux un semblable sentiment, et nos liens volontaires ont eu d'autant plus de durée qu^ chacun de nous s'était réservé le droit de les roqipre; le reproche est donc injuste, où il n'y eut point de serment, il n'v a point de parjure. (Avec ehaear.) 11 y en aurait, si je manquais a Tamitié et à la reconnaisaance que je vous ai vouées. De ce côté-là, j'en jure par l'honneur^ je me crois engagé. Pour le reste je suis libre.

Pas de me trahir^ perfide î

MAURICE

Ah ! prenez garde, princesse, je finis toujours par conquérir les libertés que l'on me eonteste.

LA PRINCESSE

Cest ce que nous verrons, et dussé-je vous perdre vous et celle que vous me préférez; dussé-je, pour la connaître, tout sacrifier...

MAURICE

Écoutez donc... ce bruit dans la cour..,

LA PRINCESSE

Uu^bioil de voiture!

168 AJ)ai£NNE LEGOUVRETTR.

MAURICE

Est-ce que ycTus attendez que]qu*ua?

LA PRINCESSE

Eh! non, vraiment... Mademoiselle Duclos^ qui^ seule^ peut Tenir ici, ne s'en aviserait pas, sachant que nous devions nous y trouver.

MAURICE^ à la prineecM, qai t'approcha de la eroitée« à droite»

Voyez donc... par la fenêtre du jardin^ vous qui connaissez cette maison...

LÀ PRINCESSE, redeieendant vivemeat»

ciel ! c*est mon mari !

MAURICE

Que dites-vous?

LA PRINCESSE

Le prince de Bouillon '*en suis sûre... je Tai vu, descendait de voiture

MAURICE

Qu'est-ce que cela signifie?

LA PRINCESSE

Je rignore... Mais il n'est pas seul^ d'autres personnes l'accompagnent, que la nuit ne m'a pas permis de distinguer.*

MAURICE

Je les entends!... elles montent cet escalierl

LA PRINCESSE

(Test fait de moi!

MAURICE, remontant vers le fond.

•Non, tant que je serai près de vous.

LA PRINCESSE

Il ne s'agit pas de me défendre, mais d'empècber que je sois vue dans cette maison!... Si le prince, si quelqu'un au monde se doute que j'y ai mis les pieds... 'je suis perdue de repu tation!...

MAURICE. -

C'est vrai!

Ils viennent... (Moatnirt la porte à droite.) Ah! de cs côté..« MAURICE.

Où cela conduit-il?

LA PRINCESSE, travenaot le théltre et a'élaofaDt.diiu le eakÎMt à dnill.

A un petit boudoir!

^ ACTE m, SCÈNE TU. 109

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