‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 197 sur 265 · ACTE IV, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XIII

Perfides...

MARGUERITE

Ah !...

ISABELLE^ «e réeruaU

MARGUERITE

Volages, manquant à la foi des traités, ni plus ni moins que s'ils étaient monarques, et que pas un seul ne vaut le repos, le bonheur, la réputation que Ton compromet pour eux... tous surtout, qui risquez plus que nous encore... tous, reine d'Espagne... Jugez donc!..

ISABELLE

Ah! Madame...

MARGUERITE

Rien n'est désespéré ; il est temps encore de tout rompre... Il Ya venir.

, ISABELLE

Et voilà justement ce qui m'effraie... Je préférerais maintenant ne pas le voir...

MARGUERITE

Très-bien !

ISABELLE

Ne plus le voir jamais!...

MARGUERITE

Encore mieux !

ISABELLE

Voulez-vous le recevoir à ma place?...

MARGUERITE

Moi!...

Reprendre mes lettres?...

MARGUERITE

Volontiers... (a part.) Je le connaîtrai, du moins.

ISABELLE. '

Ah ! que vous êtes bonne !

MARGUERITE

Mais un instant!.,. Vous devez avoir aussi de lui... des lettres... qu'il faut à votre tour lui rendre.

ISABELLE, les pranant t ur elle.

Oh ! certainement... Les voici... les voici... mais, écoutez... On vient... on monte par le petit escalier...

Slft LES CONTÉS !)« lA BEINE t)« NAVAKBE.

MAftGUenrrE, à part.

Ah ! c'est par là qu'il vient d'ordinaire...

ISABELLE

^ Dites-lui bien que tout est fini... que je renonce à lui... que je ne veux suivre que vos conseils...

MARGUEItltB.

Partet... prudence!*., discrétion!.*.

ISAIIBLLB.

Et dévouement à toute épreuve t«ii \t\\% «éri ^r u pori« du hnà,) SCÈNE XIV.

MARGUERITE^ puis 6UATTINARA4 eatnnt par U porte à droite. MARGUERITE^ avee impationeo «t euriotitë.

Qui donc... qui donc?... quel est cet Amadis, ce beau ténébreux, ce rival heureux de Tempereur Gharles-Quint !.».

GUATTINARA^ entrant le dos tourné.

Elle est seule... avançons...

MARGUERITE

Guaitinara!...

GnATTINABA.

Marguerite !... (Tooi lei deux restent an instant immobiles d'ëtomieBeiit.)

MARGUERTTE.

Ah !...

GUATTINARA, ekierchant & se remettre de ion troaUe.

Vous... ici... Madame... et comment?...

MARGUfiRITE.

Je vous attendais !

gDattinara.

Je ne comprends pas !

MARGUERrrE.

Je vais m'expliquer!... vous veniez à un galant rendez-vous!

guatdmara.

Moi!...

marguerite. ' Ah! vous y perdez, car on m'a priée de vous recevoir... ,

GUATTINARA, avec indignation.

Par tous les saints de l'Espagne !...

marguerite.

Vous aviez fait provision de serments, je le sais, niais pas Je

ACTB tv, sôèNb xnr. 319

dénégations, ni de détours diplomatiques; nous n'avons pas de temps à perdre en ptotocole^. C'est n)oi qui me suis chargée deft intérêts de la reine, pensant qoe ma pi^sence vous serait plus agréable qu'une autre. On attend de vous des lettres 1... [téidm Umtia.) il me les faut !

GUAmUARA.

Gomment... Madame?... que isîgtiifie f.U

MAAâUBltttB.

Que j'ai en échange vos lettres à vous !... mais je toê tous Iss

remetterai...

GUATTINARA, tremUanL

Madame !...

VARGUERITE.

Que quand la signature du ministre aura été vue et approuvée par Tempereuf .

GUATTIMAIIA, é)>oiiW«t^

Grâce ! grâce. Madame î . . .

MAR6UËtltTC> HkM.

Ah ! ah ! seigneur Guattinara, vouil toiià plus mort que Yif, vous qui, ce matin, immoliez si lestement les amoureux qui se portaient bien !... Les lettres de l'Infante... je les veUl I

GUATTINARA^ aprèt les iy«ir rendaes.

Je suig perdu !

KARàtJERlTBt

Non !... vous ne l'êtes point !...

GUATTINARA.

Je comprends... vous voulez, à votre tour, vous défaire d'une rivale...

MARGUERITE

NonI

GUATTINARA.

Vous voulez que je vous aide à remonter les marches du trône...

HARGtJERtTB.

Non... je ne veux déplacer personne... pas même vous... je veux qu'on puisse dire que Marguerite a tenu dans sa main tous les secrets de la cour d'Espagne, et tt*en a trahi aucun ! p(*u m'importe donc que vous restiez à Charles-Quint... pourvu qu'en même temps vous m'obéissiez.

GUATTINARA.

Moi, Madame... servir à la fois...

MARGUERITE

Deux pouvoirs? est-ce là ce qui vous effraie?

GUATT1NARA.

Mais...

Il faut pourtant vous persuader que vous appartenez maintenant à deux maîtres : Tun^ qui serait sans pitié...

GUATTINARA.

S'il savait!...

MARGUERITE

L'autre...

GUATTINARA.

Qui sait tout.

MARGUERITE. '

Et qui promet pardon et oubli... à une condition..;

GUATTINARA.

Laquelle?...

MARGUERITE

Je TOUS le dirai... votre bras?

GUATTINARA.

Gomment?

MARGUERITE

Votre bras... et maintenant, Monseigneur, marchons! (eii« m

dirig« vers la porta de gaueha, Guattiniira la suit en ae eoorbant. La toile tombe.)

Page 1