‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 82 sur 265 · ACTE I, SCÈNE H. 42i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE H. 42i

conduit à la mort... c'est^ du reste, ce qui sera oemontré^ car j'analyserai, j'expérimenterai et je ferai mon rapport...

LA PRINCESSE

Très-bien ! mais cette analyse scientifique m'apprendra-t-clle. Monsieur, ce que tous êtes devenu hier toute la journée?...

LE PRINCE, bai, à l'abbé.

Une scène de jalousie affreuse...

l'abbé, de mêms.

Qui se prépare...

LE PRINCE, de mêma.

Sois tranquille... (Hant, i la prmeesie.) Ce que je faisais, Madame?... je surveillais moi-même une surprise... que je vous réservais

pour aujourd'hui. (Il lai présente an éerin.)

LA PRINCESSE, TiTemenU

Qu'est-ce donc?... ^

LE PRINCE, i rabbtf, i voix baiie.

Voilà comme on s'y prend ! cela les étourdit, les éblouit, les empêche de voir...

LA PRINCESSE,^ ani Went d'ooTrir rëern.

Des diamants superbes!...

LE PRINCE, tenant toujonri TabM.

Et quant à l'analyse de cette poudre diabolique... voici mon raisonnement... vois-tu bien, l'abbé...

L ABBÉ, i part, avec un loupir

Encore une dissertation chimique !... (ii «conte le pnnce, qni ini

perte bu et avec ebaleur.)

LA PRINCESSE

Regardez donc, ma charmante, comme ce bracelet est distingué !

ATHÉNAÎS.

Et monté d'une façon si remarquable... c'est exquis!

LA PRINCESSE

Venez donc, l'abbé... venez admirer comme nous.

l'abbé.

Moi!,., admirer!... je ne peux pas, j'écoute.

Oui, je lui explique... et il ne comprend pas... mais je vais

lui montrer... (ll fait <{uel<{uei pas du côlé du meable.) L'^ABBÉ, le retenant.

Non pas... non pas... une poudre pareille, qu'il suffît do respirer...' pour qu'à l'instant... j'aime mieux ne pas comprendre...

111 ADRtisNNR LEcotnnisim.

Allez toujours! (L« pHam «oatimiê k pKtht Ut à )*aUbi. Tom lêi dêni «oui prit de la table, à droite ; pendant ce tempi, Jklhénals «t la princfliie ont été l'uMoir i«r le

canapé, i gauche, près de la loilelle.)

LA PRINCESSE^ aa«'se.

Et nous, très-cbère^ pendant que ces Messieurs parlent science, parlons du motif de voire visite, et du service que vous attendez de moi.

ATHÉNAÎS, iMiie.

Je VOUS confierai, princesse, qu'il y a un talent... que j'admire, aue j'adore... celui de mademoiselle Adrienne Lecouvreur.

LA PRINCESSE

Eh bien?

ATHÉNAÎS.

Eh bien ! est-il vrai (comme M. le prince s'en est vanté tout à l'heure chez mon oncle le cardinal] que mademoiselle Lecouvreur vienne demain soir chez vous, et y récite des vers?

LE PRINCE, s'aTancant vera les deui dimea.

Nous l'avons invitée. (LV)bé a aum le prince, et les aeteuri sont dana Pordrd tnivant: Athénali*, sur la eanapéf i gaudiai Tabbé, dtrrière la oftnapé ; la princesse, ulise près d'Athénals ; le prince, debout, près de sa femme.)

Oui, quoique je ne partage pas votre enthousiasme, ma mignonne, et que mademoiselle Duclos, chacun le sait, me semble bien supérieure à sa rivale; mais c'est une fureur! un engouement! tous les salons du grand monde se disputent mademoiselle Lecouvreur...

L*ABBÉ

Elle est à la mode !

LA PRINCESSE

Cela tient lieu de tout... et comme madame de Noailles, que je ne peux souffrir, avait compté demain sur elle pour sa grande soirée, je me suis empressée, depuis huit jours, de l'inviter, et j'ai là sa réponse.

ATHÉNAlS, TÎTemeat.

Une lettre d'elle !... Ah 1 donnez, que je voie son écriture.

LE PRINCE

Vous disiez vrai : c'est une passion réelle!

ATHÉNAÏS

Je ne manque pas une de ses représentations... mais je ne l'ai Ljamais vue de près... On assure qu'elle apporte dans le choix de

Page 1