ACTE I, SCÈNE III
hourra et victoire... je lis sauter en Tair les vainqueurs avec une moitié du palais.
ATHÉNAÎS.
Et VOUS?
MAURICE
Debout^ sur la brèche^ au milieu des décombres... appelant aux armes les citoyens de Mittau, que l'explosion avait réveillés... Les cloches sonnaient de toutes parts, et Menzicotf effrayé 88 retira en désordre sur son corps principal... Ah ! si j'avais pu les poursuivre, si j'avais eu deux régiments français... un seulement! C'est là.ce qui me manque et ce. que je viens chercher.
Tel est le but de votre voyage ?
MAURICE
Oui, Madame! Que le cardinal de Fleury m'accorde, à moi, officier du roi de France, quelques escadrons de hussards... le nombre ne me fait rien, la qualité me suffit, et, par Arminius, mon patron, j'espère, l'année prochaine. Mesdames, vous recevoir et vous traiter dans la royale demeure des ducs de Courlaude.
LA PRINCESSE
En attendant, vous nous permettrez de vous faire les honneurs de notre hôtel.
LE PRINCE
Je Tinvite pour demain à notre soirée, (i^aanee l'ineiine.)
ATHÉNAÏS
Vous me donnerez la main ; je serai fière d'avoir pour cavalier le vainqueur de Menzicofï. (Souriant.) Et puis, l'on vous réserve ici un plaisir de roi.
MAURICE
Je serai avec vous, duchesse.
ATHÉNAÏS
Vous entendrez mademoiselle Lecouvreur. (Moafement de Maurice.) La connaissez-vous, monsieur le comte?
MAURICE, aTee réserre.
Oui, un peu... lors de mon dernier voyage.
ATHÉTNAÏS.
C'est admirable ! Elle a amené toute une révolution dans la tragédie, elle y est simple et naturelle, elle parle.
LA PRINCESSE
Le beau mérite 1
130 ABEIENNE L£GOlTVB:feUE.
ATHÉNAIS^ i MauHce.
Je VOUS préyiens que madame de Bouillon ne partage pas mon enthousiasme^ elle est passionnée pour mademoiselle Duclos^ dont la déclamation emphatique n'est qu'un chant contiauel.
LA PRINCESSE
C'est la vraie tragédie, •
l'abbb.
Certainement! les poètes disent tous : Je chante.. « Je chante...
LK PRINCE
Arma virumque cano,..
LA PRINCESSK*
Ou'est-ce que c'est que cela ?
l'abbé.
C'est de l'Horace ou du Virgile.
ATHÉNAÏS
Ahl Tabbé, vous devenez pédant!
LA^ PRINCESSE
Donc, plus la tragédie est chantée..* mieux cela vaut^
Cest sans réplique.
ATHÉNAÏS
Eh bien! moi, je m'en rapporte à M. le comte.
LA PRINCESSE
Je ne demande pas mieux, qu'il prononce.
MAURICE
Moi, Mesdames! je serais un juge bien peu compétent. Un soldat qui ne sait que se battre... un étranger qui connaît à peine votre langue.
ATHÉNAÏS
Laissez donc! on prétend que vous vous formez... que vous faites des progrès étonnants, que vous étudiez nos bons auteurs. (A la priaces«e.) Oui, Vraiment, dans la dernière campagne. Florestan Ta surpris, sous sa tente, récitant seul des vers de Racine ou de Corneille.
LA PRINCESSE, rint.
C'est fabuleux.
ATHÉNAÏS, pooMant un cri.
Âh! mon Dieu! deux heures, et mon mari, M. k duc d'Aumont, qui m'attend pour aller à Versailles.
LE PRINCE
Depuis quelle heure?
▲QT£ îy SCENE lY, i31
▲THÉNAÏS.
Depuis midi.
U FBINGBSSB.
Ce n'est pas trop.
▲THÉNAÏS.
Venez-Youa avec aous^ Tabbé? Nous avons une place à vous offrir.
LE PRINCE^ ret«nint l'abbé ^ U nâia.
Non !... je le garde!... j'ai à lui lire ce matin la moitié du dernier volume de mon traité...
l'abbé^ U«, à la priMMM, d'«ft air nMnblt.
VousTentendea!..,
LB PRINCE
Impossible de remettre... Timprlmeur attend... et je l'emmène dans mon cabinet.
ATHÉNAÏS
Pauvre abbé!... Adieu, Messieurs! (Aiàprince«»e.) ^^^^"^ °^*
tonte belle^ à demain! (Athënali tort par le fond, l'abbé et te prince parla porte i droite.)