‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 85 sur 265 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

hourra et victoire... je lis sauter en Tair les vainqueurs avec une moitié du palais.

ATHÉNAÎS.

Et VOUS?

MAURICE

Debout^ sur la brèche^ au milieu des décombres... appelant aux armes les citoyens de Mittau, que l'explosion avait réveillés... Les cloches sonnaient de toutes parts, et Menzicotf effrayé 88 retira en désordre sur son corps principal... Ah ! si j'avais pu les poursuivre, si j'avais eu deux régiments français... un seulement! C'est là.ce qui me manque et ce. que je viens chercher.

Tel est le but de votre voyage ?

MAURICE

Oui, Madame! Que le cardinal de Fleury m'accorde, à moi, officier du roi de France, quelques escadrons de hussards... le nombre ne me fait rien, la qualité me suffit, et, par Arminius, mon patron, j'espère, l'année prochaine. Mesdames, vous recevoir et vous traiter dans la royale demeure des ducs de Courlaude.

LA PRINCESSE

En attendant, vous nous permettrez de vous faire les honneurs de notre hôtel.

LE PRINCE

Je Tinvite pour demain à notre soirée, (i^aanee l'ineiine.)

ATHÉNAÏS

Vous me donnerez la main ; je serai fière d'avoir pour cavalier le vainqueur de Menzicofï. (Souriant.) Et puis, l'on vous réserve ici un plaisir de roi.

MAURICE

Je serai avec vous, duchesse.

ATHÉNAÏS

Vous entendrez mademoiselle Lecouvreur. (Moafement de Maurice.) La connaissez-vous, monsieur le comte?

MAURICE, aTee réserre.

Oui, un peu... lors de mon dernier voyage.

ATHÉTNAÏS.

C'est admirable ! Elle a amené toute une révolution dans la tragédie, elle y est simple et naturelle, elle parle.

LA PRINCESSE

Le beau mérite 1

130 ABEIENNE L£GOlTVB:feUE.

ATHÉNAIS^ i MauHce.

Je VOUS préyiens que madame de Bouillon ne partage pas mon enthousiasme^ elle est passionnée pour mademoiselle Duclos^ dont la déclamation emphatique n'est qu'un chant contiauel.

LA PRINCESSE

C'est la vraie tragédie, •

l'abbb.

Certainement! les poètes disent tous : Je chante.. « Je chante...

LK PRINCE

Arma virumque cano,..

LA PRINCESSK*

Ou'est-ce que c'est que cela ?

l'abbé.

C'est de l'Horace ou du Virgile.

ATHÉNAÏS

Ahl Tabbé, vous devenez pédant!

LA^ PRINCESSE

Donc, plus la tragédie est chantée..* mieux cela vaut^

Cest sans réplique.

ATHÉNAÏS

Eh bien! moi, je m'en rapporte à M. le comte.

LA PRINCESSE

Je ne demande pas mieux, qu'il prononce.

MAURICE

Moi, Mesdames! je serais un juge bien peu compétent. Un soldat qui ne sait que se battre... un étranger qui connaît à peine votre langue.

ATHÉNAÏS

Laissez donc! on prétend que vous vous formez... que vous faites des progrès étonnants, que vous étudiez nos bons auteurs. (A la priaces«e.) Oui, Vraiment, dans la dernière campagne. Florestan Ta surpris, sous sa tente, récitant seul des vers de Racine ou de Corneille.

LA PRINCESSE, rint.

C'est fabuleux.

ATHÉNAÏS, pooMant un cri.

Âh! mon Dieu! deux heures, et mon mari, M. k duc d'Aumont, qui m'attend pour aller à Versailles.

LE PRINCE

Depuis quelle heure?

▲QT£ îy SCENE lY, i31

▲THÉNAÏS.

Depuis midi.

U FBINGBSSB.

Ce n'est pas trop.

▲THÉNAÏS.

Venez-Youa avec aous^ Tabbé? Nous avons une place à vous offrir.

LE PRINCE^ ret«nint l'abbé ^ U nâia.

Non !... je le garde!... j'ai à lui lire ce matin la moitié du dernier volume de mon traité...

l'abbé^ U«, à la priMMM, d'«ft air nMnblt.

VousTentendea!..,

LB PRINCE

Impossible de remettre... Timprlmeur attend... et je l'emmène dans mon cabinet.

ATHÉNAÏS

Pauvre abbé!... Adieu, Messieurs! (Aiàprince«»e.) ^^^^"^ °^*

tonte belle^ à demain! (Athënali tort par le fond, l'abbé et te prince parla porte i droite.)

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