‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 86 sur 265 · MAURICE, LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

MAURICE, LA PRINCESSE

LA PRINCESSE^ après aToir attendn que toutes les portes ae fassent refermées, se rapproebant ^tement de Maurice.

Enfin donc, on vous revoit I Depuis deux mois, pas une seule ligne de vous ; c'est par la duchesse d'Aumont que j'ai appris votre retour, et j'ai cru que je ne recevrais pas. votre visite.

MAURICE

Ma première a été pour vous, princesse... arrivé cette nuit...

Vous n'avez vu, de la matinée, personne encore?...

MAURICE

Que le secrétaire d'État au département de la guerre... (Ayant r«jr de chercher.) Ic cardlnal-ministrc... et le premier commis, qui, tous, du reste, m'ont assez mal accueilli et m'ont donné peu d'espoir !

LA PRINCESSE

D'autres vous ont dédommagé !

MAURICE

Que voulea^-vous dire?

132 ADREENNE LBCOUVKEÏJR.

Là princesse^ qui, depuis le commencement de la scène, a ienn les yeux fixés sar an bouqaet que Maurice porte k la boutonnière de son habit.

Je ne m'imagine pas que ce soit le secrétaire d'Etat ou le cardinal-ministre qui vous ait donné ce bouquet de roses.

MAURICE^ avec embarras.

C'est vrai!... je n'y pensais plus! vous voyez touti

LA PRINCESSE

De qui vous viennent ces fleurs? #

MAURICE, riant.

De qui?... Eh! mais, d'une petite bouquetière... fort jolie, noa foi... que j'ai rencontrée presque aux portes de votre hôtel, et qui, m'a supplié si vivement de le lui acheter...

LA PRINCESSE

Que vous avez pensé à moi...

MAURICE

Oui, princesse !

LA PRINCESSE

Quel aimable souvenir!... j'accepte, monsieur le comte, j*accepte...

BIAURICE, avec embarras, le lui présentant.

Vous êtes trop bonne ! ...

LA PRINCESSE, à Toix haute, et feignant de l'admiror.

Il est charmant!.,. L'essentiel, en ce moment, quoique peutêtre vous méritiez peu qu'on s'occupe de vous... est de songer à vos intérêts... vous dites que le cardinal-ministre... vous a mal accueilli...

MAURICE

. voTi mal.

LA PRINCESSE

Je verrai à faire changer ses dispositions. On vous accordera vos deux régiments.

MAURICE

S'il était vrai!

LA PRINCESSE

J'irai à Versailles... et, pour vous tenir au courant de ce que j'aurai fait, de ce que j'aurai appris...

Je viendrai ici...

LA PRINCESSE

Ici... non! la foule des curieux et des importuns, sans compter mon mari, ne me laisse pas un instant de liberté. Mais, écoutez-moi : M. le prince de Bouillon a acheté pour la Duclos une

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