ACTE I, SCÈNE HT
chopse Ta promis .. aussi tout code ;i son iufluoncc. Surinlend;iMtc (le la veine, elle ordonne, règle, décide, nomme à tous les emplois, et un choix fait sans son aveu excitera sa défiance, sa jalousie, son refus peut-être. Voilà pourquoi, mes amis, la reine me paraît aujourd'hui bien hardie, et la nomination d'Abigaïl bien douteuse encore !
Ah! s'il en est ainsi... si cela dépend seulement de la duchesse, rassurez-vous, j'ai quelque espoir 1
MASHAM.
Et lequel?
ABIGAÏL
Je snis un peu sa parente.
BOLl^GBROKE.
Vous, Abigaïl?
ABIGAÏL
Eb! oiïi \Taiment... par mésalliance! un cousin à elle, un Churchill s'était brouillé avec .sa noble famille en épousant ma mère!
MASHAM.
Est-il possible?... parente de la duchesse!
ABIGAÏL
Parente bien éloignée... et jamais je ne m'étais présentée devant elle parce qu'elle avait refusé autrefois de recevoir et de reconnaître ma mère... mais moi... pauvre fille, qui ne lui demanderai rien, que de ne pas me nuire... que de ne pas s'opposer aux bontés de la reine...
BOLINGBROKE
Ce n'est pas une raison... vous ne la connaissez pas... Mais cette fois du moins je puis vous servir, et je le ferai... dussé-je m'atlirer sa haine !
ABIGAÏL
Ah! que de bontés!
Comment les reconnaître jamais?
BOLINGBROKE
Par votre amitié.
ABIGAÏL
C'est bi(?n peu !
BOLINGBROKE
C'est beaucoup!... pour moi .homme d'État... qui n'y ci-ois
d20 LE VERBE D'EArr.
guère... (Vivement.) JC CFOis à la vôtre et j'y compte!... (Lenr premnt
la main.) Entre nous désormais, alliance offensive et défensivel
ABIGÂIL, souriant.
Alliance redoutable!
BOLINGBROKE
Plus que vous ne croyez peut-être, et grâce au ciel la journée sera bonne! deux succès à emporter : la place d'Abigaïl... et une autre affaire qui me tient au cœur... une lettre que je voudrais à tout prix faire arriver ce matin entre les mains de la reine... j'en attends et cherche les moyens... Ah! si Abigaïl était nommée! si elle était reçue par les femmes de Sa Majesté, tous mes messages parviendraient en dépit de la duchesse.
MÂSHAM, vivement.
N'est-ce que cela?... je puis vous rendre ce service,
BOLINGBROKK.
Tous les matins à dix heures, et les voici bientôt, je porte à
Sa Majesté, pendant son déjeuner, (Prenant le joumal sur la table à droite.)
la Gazette du monde élégant et des gens à la mode, qu'elle parcourt en prenant son thé; elle regarde les gravures, et parfois me dit de lui lire les articles de bals et de raouts.
BOLINGBROKE
A merveille ! quel bonheur que la royauté lise le journal des
modes... c'est le .seul qu'on lui permette. (OUssant une lettre sous la couverture du journal.) La lettre du marquis au milieu des vertugadins et des falbalas. Et pendant que nous y sommes... (Tirant un joumai
de sa poche.)
ABIGAÏL
Que faites-vous?
BOLINGBROKE
Un numéro du journal V Examinateur que je glisse sous la couverture. Sa Majesté verra comment l'on traite le duc et la duchesse de Marlborough... elle et toute sa cour en seront indignées... mais ça lui donnera quelques instants de plaisir... et elle en a si peu!... Voilà dix heures, allez, Mashani;, allez!
MASHAMj sortani par la porte à droite.
Comptez sur moi !