ACTE IT, SCÈNE VIII. iA
MASHASt.
Eh bien! c'est à confondre!... c'était ma nomiiKition d'offlcier dans les gardes.
BOLINGBROKE
Est-il possible?
ABIGAÏL
Une pareille récompense!...
MASHAM.
Après ce que je venais de faire! Demain matin, continue mon jeune officier, vous remercierez la reine; mais aujourd'hui nous avons un repas de corps... tous nos camarades du régiment; ja me charge de vous pi'ésenter... venez... je vous emmène!... Que répondre? Je ne pouvais pas prendre la fuite... c'était donner des soupçons... me trahir... m'avouer coupable...
ABIGAÏL
El vous l'avez suivi?
MASHAM.
A ce repas, qui a duré une partie de la nuit.
i ABIGAÏL,
Malheureux!...
Et pourquoi cela?
MASHAM.
BOLINGBROKE
Nous n'avons pas le temps de vous l'expliquer. Qu'il vous suffise de savoir... que l'homme qui vous avait rallié et insulté était Richard Bolingbroke, mon parent.
MASHAM.
Que dites-vous?
BOLIISGBROKE.
Que votre premier coup d'épée m'a valu soixante mille livres sterling de revenu; je désire que le second vous en rapporte autant... Mais en attendant, c'est moi que l'on a chargé de vous arrêter.
MASHAM, lui présentant son épée.
Je suis à vos ordres.
BOLINGBROKE
Eh ! non... je n'ai pas un brevet d'officier à vous oUrir... ni de repas do corps...
Heureusement... car il vous suivrait.
iM LE VERRE d'eau.
BOLINGBROKE
Tout ce que je vous demande, c'est de ne pas vous trahir vous-même... Moi, d'abord, je vous chercherai très-peu, et si je vous trouve, ce sera votre faute et non la mienne.
ABIGAÏL
Jusqu'ici, grâce au ciel, on n'a encore aucun soupçon, aucun indice.
BOLINGBROKE
Évitez d'en faire naître; restez tranquille, restez chez vous, ne VOUS montrez pas.
MASHAM.
Ce matin il faut que j'aille cnez la reine.
BOLINGBROKE
Tant pis. »
MASHAM.
De plus voici une lettre qui m'ordonne justement tout le contraire de ce que vous me recommandez.
ABIGAÏL
Une lettre de qui ?
MASHAM.
De mon protecteur inconnu !... celui sans doute à qui je dois mon nouveau grade... On vient de remettre chez moi ce billet et celte boîte...
L HLUSSIER, paraissant à la porte dus apparten^enls de la reine.
Monsieur le capitaine Masham !
MASHAM.
La reine qui m'attt'Ud... (Remettant à Abigaîl la lettre et à Bolingbroke la
buiic) Tenez... et voyez... (ii soit)