‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 4)Chapitre 130 sur 330 · ACTE TI, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE TI, SCÈNE IX

« moniont où je me ferai connaître... D'ici là. silence et obéis- « sance à mes ordres, sinon, malheur à vous!... »

ABIGAÏI..

Et quels ordres, je vous le demande!

BOUNGBROKE.

Celui de ne pas se marier.

ABIGAÏf,.

Une protection à ce prix-là, c'est terrible.

BOLINGBROKE

Plus que vous ne croyez peut-être!

ABIGAÏL

Et pourquoi?

BOLIINGBROKE, sourîanl.

C'est que ce protecteur mystérieux...

ABIGXÏL.

Un ami de son père!... un lord !...

BOLIINGBROKE, de même.

Je parierais plutôt pour une larly.

ABIGAÏL

Allons donc! lui! Arthur! un jeune homme si rangé, et surtout si fidèle !

BOLINGBROKE

Ce n'est passa faute, si on le protège malgré lui et incognito.

ABIGAÏL

Ah ! ce n'est pas possible, et ce post-scriptum nous dira peutêtre...

BOLINGBROKE, gaiement.

Ah! il y a un post-scriptum?

ABIGAÏL, lisant avec émotim.

« J'envoie à M. le capitaine Masham les insignes de son nouveau grade. »

BOLINGBROKE, ouvrant la boite qu'il tient.

Des fi rrels en diamants d'un goût et d'une magnificence... c'est bien cela.

ABlGAIL, les regardant.

0 fiil !... je sais qui ! Ces diamants, je les reconnais! ils ont été achetés dans les magasins de maître Tomwood et vendus par moi, la semaine dernière...

BOLINGBROKE

A qui? iiarlez?...

iiG LE VERRE d'eau.

ABIGAÏL

Oh! je ne le puis!... je n'ose... A une bien grande dame, et je suis perdue si Arthur en est aimé.

BOLIKGBROKE.

Que vous importe? s'il ne l'aime point, s^il ne s'en doute même pas !

ABIGAÏL

11 le saura... je vais tout hù dire...

BOLINGBROKE, la tenant par la main.

Non... si vous m'en croyez... il l'ignorera toujours!

ABIGAÏL

Pourquoi donc ?

Ma pauvre enfant!... vous ne connaissez pas les hommes! Le plus modeste et le moins fat a tant de vanité! Il est si flatteur de se savoir aimé d'une grande dame! et s'il est vrai que cellelà soit si redoutable...

ABIGAÏL

Plus que je ne peux vous le dire.

BOLIKGBROKE.

Et quelle est-elle donc?

ÂBIGAlLj montrant la ducliosse qui entre par la jalerie à droite,

La voici!

BOLINGBROKEj vivement, et lui prenait la Litre qu'elle tient,

La duchesse! (A Abijj.vii qu-ii renvoie.) Laissez-nous .. laissez-nous..,

ABIGAÏL

Elle m'avait dit de l'attendre...

BOLLNGEROKE, ia poussant par la porte à gauche.

Eh bien! c'est moi qu'elle trouvera!... (a part.) 0 fortune! tu nie devais cette revanche...

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